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vendredi, 26 juin 2009

SINGE EN HIVER

SACREES NANAS : ELLES PREFERENT LE ROUQIN
Par Ricardo Uztarroz


Tout ça, ça a commencé mine de rien. Au temps de nos pères ou grands-pères, ça avait été les cheveux qu’elles s’étaient fait couper et, les jupes, raccourcir à mi-mollet.
Puis, au temps de notre jeunesse, ça a été notre chemise blanche, en belle et fine popeline de coton que nous mettions qu’aux grandes occasions (rares), qu’elles ont chouravées pour s’en servir en été comme robe de chambre sur leur lingerie blanche Petit-Bateau ; puis, ça a été le tour de nos caleçons qui remplaçaient à la maison le short (on parlait pas encore de bermuda – d’ailleurs les Bermudes, on savait même pas où que c’était et son triangle, aujourd’hui oublié, on avait encore moins idée de ce que c’était)) ; puis, l’hiver, le gros pull en laine ramené d’une expédition Guiness en Irlande était taxé parce qu’il tenait bien au chaud, qu’il était douillet comme un gros matou, suivi des chaussettes montantes de rugby ou foot que nous ne mettions plus depuis longtemps, la pratique du sport, hormis à la télé, n’étant plus notre fort.
Puis, de fil en aiguille, ce sont nos métiers, soldats, pompiers, flics, marins, coureurs cyclistes, savants, boxeurs, chômeurs (oui le chômage peut être un métier, pas plus honteux que les autres, comme par exemple, pris tout à fait au hasard, vraiment au hasard, inspecteur du fisc), qu’elles se sont mises à pratiquer. Bon, là, à propos de boulot, pas de problème, on est prêt à tout leur céder vu que le taf n’a jamais été pour nous une passion : faut être honnête et l’avouer. Si on a bossé c’est un peu, même beaucoup, contraint et forcé. Si l’évolution de la société renverse les rôles, à ce sujet, on n’y est vraiment pas contre, mais pas contre du tout. Ca, vous pouvez nous croire !... Question boulot, on est très, très, mais très partageux.



Des marques de nostalgie

Puis, voilà, ça ne pouvait s’arrêter là, comme ça. Maintenant, c’est-y pas, que les nanas, qu’on qualifie toujours de sacrées sans savoir vraiment pour quoi, elles préfèrent le rouquin. Qu’il n’y ait pas de malentendu, le rouquin en question, c’est pas le facétieux symbole de Mai-68 mais qui, en réalité, lui, le roux de roux, n’a fait que les contempler, depuis son exil outre-Rhin ayant été expulsé juste peu après le début de ce beau mois, ce qu’on a appelé par pudeur, parce que finalement on ne savait pas comment les nommer, « les événements ». La guerre d’Algérie avait été aussi en son temps surnommée « les événements ». Un mot fichtrement commode, événement. Mais, bon ne nous égarons pas et revenons à nos bouteilles. Oui, à nos bouteilles, car le rouquin en question, c’est le rouge, le gros rouge qui tache, le pinard quoi, le jaja.
Père Julien, Gévéor, Kiravi, Préfontaine, Le Vin des Postillons, Cramoisay, Gravillon, tous ces noms doivent dire quelque chose à tous les plus que quinquagénaires. C’étaient nos rouquins, des picrates qui faisaient leur 11°5 ou 12°. C’étaient les noms des marques des kils de rouquin, bouteille d’un litre étoilée, trois étoiles exactement au pied du goulot, capsule de plastique recouverte par un capuchon d’alu, sauf trahison de la mémoire. C’est avec elles qu’on s’est initié à la consommation du pinard. C’était rituel, n’est-ce pas ? Rituel comme l’amour le soir du mariage (enfin bon, c’est discutable, on en convient).

Comme la seule énumération de ces noms constitue aujourd’hui auprès de nos esgourdes un peu fatiguées une douce chanson que nous chante la nostalgie !
Et pour la dégustation, nous avons été éduqués par de grands crus qu’on laissait vieillir, les chapelures, les pelures d’oignons, les cuisses de bergère.

Ca c’était des vins, putain de gonze. Il y avait même une marque, peut-être le Postillon ou le Gévéor, qui avait pour réclame : « le velours de l’estomac. » Que des esprits perfides mutèrent en « taffetas du duodénum. » Pourtant d’aucuns conseillaient le lendemain d’abondantes libations de bien écarter les jambes quand on pissait pour ne pas faire de trous aux godasses, qui n’étaient pas anglaises et ni en cuir tout cousu main.

Pour en revenir à l’objet de notre perplexité, une enquête réalisée par les organisateurs de Vinexpo dans cinq pays, cinq pays riches, Allemagne, Etats-Unis, France, Japon Royaume Uni, révèle qu’elles, les sacrées nanas, préfèrent le vin rouquin, le rouge quoi, alors qu’on les croyait plutôt accros au blanc, plutôt doux, au liquoreux , bien sucré. Le rouge n’est plus notre apanage. Bon faut s’y faire. Bien sûr, si on est de mauvaise foi et qu’on veut se rassurer, on peut dire que les sondages… On connaît la chanson contre les enquêtes… mais, que ça déplaise ou pas, elles disent la vérité et la vérité est la suivante :
Sur les cinq pays concernés, une majorité écrasante (60,1%) préfère le rouge. Aux Etats-Unis, elles sont 78,6% ce qui les place largement en tête, loin devant la Française (66%) et la Japonaise 63,9%, et surtout l’Allemande qui arrive bonne dernière (50,2%), pourtant leur pays aux Allemandes, c’est un grand producteur et consommateur de blanc. Voilà, ce détail au sujet des Allemandes, qui prouvent que c’est une tendance lourde, le rouge et les nanas, pas une aventure passagère. C’est à ne plus rien y comprendre : au pays du blanc, la femme préfère le rouge !!!
Et pourquoi elles préfèrent, les copines, le rouge ? Parce que c’est chic ? Par féminisme, pour faire comme leurs mecs ? Pas du tout, parce que, oui, tenez vous bien, parce qu’elle aime ça. Elles ont répondu aux enquêteurs à 79,3% sur l’ensemble des cinq pays qu’elle buvait du vin rouge parce qu’elles aiment le goût. C’est vrai que 30% des Françaises n’hésitent à dépenser plus de 8 euros pour une bouteille ; 89,5% plus de 4 euros. A ces prix-là, on trouve des pinards pas dégueu ; c’est pas des très grands crus mais ils tiennent bougrement la route ; ce qu’on pouvait pas dire, entre parenthèses, de certains buveurs quand ils franchissaient le mur des deux boutanches. Eux c’est dans le fossé qu’on les retrouvait à l’époque des Kiravi et des Préfontaines, la tête dans le cadre du vélo, les pieds dans les rayons et la casquette de travers ou carrément à l’envers comme les rappeurs d’aujourd’hui.



Un coup de fatigue, fiston

- Papa qu’est-ce que tu fais là, qu’est-ce qui t‘est arrivé ? demandait le gamin de 12 ans qu’on avait envoyé voir « ce que foutait le paternel qui n’était pas encore rentré à la maison à l’heure de la soupe alors que c’était jour de paye… Des fois qu’il aurait eu une connaissance… »
- Un coup de fatigue, oui coup de fatigue… la fafatiguee, fiston, avec toutes ces heures sups qu’on doit faire. Ca me crève, une chute de tension et plouf dans le fossé. Rassure la mère, j’arrive tout de suite.
Deux heures après, le paternel apparaissait zigzaguant. Le vélo sur l’épaule. La fatigue, quoi… Le boulot, ça crevait son homme à l’époque du vin des Rochers, un qu’on avait oublié dans l’énumération antérieure ci-dessus. On se faisait ses 52 heures par semaines chez le taulier. La télé, on se la faisait, elle, dans sa tête au bistrot avec les copains et avec la Paulette qui servait et qu’on lui voyait un petit bout du soutif rose pâle par le décolleté du corsage. Ah, si elle avait voulu la Paulette elle en aurait eu des princes à ses pieds en bleu de chauffe. Mais elle était mariée à un costaud, ancien champion, se disait-on à l’oreille, pro de boxe, poids moyen, une droite qui explosait les foies… et le foie, c’était sacré. Cependant les femmes du quartier avaient parfois des sous-entendus…
- C’est-y malheureux de voir ça, s’exclamait la mater en le voyant depuis la fenêtre de la cuisine, le pater. La mater s’était envoyée un dé à coudre de banyuls pour patienter, ou, si elle se sentait très faible elle aussi à cause du souci que lui donnaient les enfants, surtout l’aînée autour de laquelle ça commençait à tourner, un petit blanc à la quintonine qui faisait, lui, ses 25°. Sûr... ça donnait de l’énergie, un coup de fouet.
Au jour d’aujourd’hui, avec toutes ces lois, ces règlements, ces avertissements qui veulent nous faire mourir en bonne santé, on voit plus ça, d’ailleurs, en-dehors des bobos, qui va marner à vélo ? Le vélo, c’est maintenant pour les loisirs et les bobos ; pour les bobos, faut que soye un vélo, bien haut, bien lourd, hollandais, volé à Amsterdam et refourgué clando du côté de la Bastille à Paris.



Lois inutiles

Détail piquant, la loi Evin sur la pub pour (en fait contre) les pinards qu’ils fussent rouge, blanc, rosé, interdit de vanter la saveur. On en rigole. Malgré cette interdiction, les copines se sont mises au rouge, faut le rappeler, pour son goût. Voilà que pour une loi inutile, c’en est une. Faudrait qu’un jour, les parlementaires éliminent toutes les lois inutiles au lieu d’en voter à tour de bras d’autres guère plus utiles.

Y a en tout cas un terrain où nous tenons la corde par rapport aux nanas, c’est la fréquence de consommation. Les Américaines à 92% avouent se siffler un ballon une fois par semaine, les Allemandes 66%, les Anglaises 61%, et surprise, les Françaises arrivent avant-dernière : seules 52% d’entre elles s’en jettent un ou plus une fois hebdomadaire. Elles font juste à peine mieux que les Nippones (ouais, d’accord, pas de jeu de mot avec nippone, c’est un peu vu venir de loin, ça). Pour une très grande majorité d’entre nous, les mecs, faut le dire, la fréquence mini c’est une fois la journée et pas qu’un canon.

Bon, enfin, dans les cinq pays, les femmes à 85% estiment qu’écluser du rouge est compatible avec un régime. C’est pas de la sagesse, ça !
Bon, encore un détail technique pointu, si on avait fait le même sondage en incluant des pays musulmans, il aurait été très probable que les moyennes auraient été beaucoup plus basses. Puis, on peut se demander pourquoi on n’a pas inclus les Espagnoles, les Italiennes et les Portugaises. Avec elles peut-être la moyenne aurait été rehaussée. Parce que les jeunes femmes de ces trois pays, elles ne refusent pas un petit gorgeon.





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