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lundi, 29 juin 2009

VINEXPO, quel succès

Tout d’abord merci à tous les fidèles supporters de Vins Du Monde d’être venus aussi nombreux partager quelques verres - de nombreux verres - avec nous !!!

Vous êtes plus de 400 particuliers à avoir assisté à notre soirée dégustation dans les magasins de notre partenaire Cash Vins, et plus de 400 professionnels à avoir ripaillé avec nous au café maritime !

Les commentaires et conseils d’Olivier Poussier et de nos producteurs furent appréciés de tous.
Pour ceux qui étaient présents, cliquez sur l’album photo Vinexpo (à gauche) pour vous remémorez ces bons moments ; pour ceux qui n’ont pas pu y assister, ces photos vous feront à coup sûr le regretter, mais nous vous attendons sans faute dans deux ans !


A bientôt.

vendredi, 26 juin 2009

SINGE EN HIVER

SACREES NANAS : ELLES PREFERENT LE ROUQIN
Par Ricardo Uztarroz


Tout ça, ça a commencé mine de rien. Au temps de nos pères ou grands-pères, ça avait été les cheveux qu’elles s’étaient fait couper et, les jupes, raccourcir à mi-mollet.
Puis, au temps de notre jeunesse, ça a été notre chemise blanche, en belle et fine popeline de coton que nous mettions qu’aux grandes occasions (rares), qu’elles ont chouravées pour s’en servir en été comme robe de chambre sur leur lingerie blanche Petit-Bateau ; puis, ça a été le tour de nos caleçons qui remplaçaient à la maison le short (on parlait pas encore de bermuda – d’ailleurs les Bermudes, on savait même pas où que c’était et son triangle, aujourd’hui oublié, on avait encore moins idée de ce que c’était)) ; puis, l’hiver, le gros pull en laine ramené d’une expédition Guiness en Irlande était taxé parce qu’il tenait bien au chaud, qu’il était douillet comme un gros matou, suivi des chaussettes montantes de rugby ou foot que nous ne mettions plus depuis longtemps, la pratique du sport, hormis à la télé, n’étant plus notre fort.
Puis, de fil en aiguille, ce sont nos métiers, soldats, pompiers, flics, marins, coureurs cyclistes, savants, boxeurs, chômeurs (oui le chômage peut être un métier, pas plus honteux que les autres, comme par exemple, pris tout à fait au hasard, vraiment au hasard, inspecteur du fisc), qu’elles se sont mises à pratiquer. Bon, là, à propos de boulot, pas de problème, on est prêt à tout leur céder vu que le taf n’a jamais été pour nous une passion : faut être honnête et l’avouer. Si on a bossé c’est un peu, même beaucoup, contraint et forcé. Si l’évolution de la société renverse les rôles, à ce sujet, on n’y est vraiment pas contre, mais pas contre du tout. Ca, vous pouvez nous croire !... Question boulot, on est très, très, mais très partageux.



Des marques de nostalgie

Puis, voilà, ça ne pouvait s’arrêter là, comme ça. Maintenant, c’est-y pas, que les nanas, qu’on qualifie toujours de sacrées sans savoir vraiment pour quoi, elles préfèrent le rouquin. Qu’il n’y ait pas de malentendu, le rouquin en question, c’est pas le facétieux symbole de Mai-68 mais qui, en réalité, lui, le roux de roux, n’a fait que les contempler, depuis son exil outre-Rhin ayant été expulsé juste peu après le début de ce beau mois, ce qu’on a appelé par pudeur, parce que finalement on ne savait pas comment les nommer, « les événements ». La guerre d’Algérie avait été aussi en son temps surnommée « les événements ». Un mot fichtrement commode, événement. Mais, bon ne nous égarons pas et revenons à nos bouteilles. Oui, à nos bouteilles, car le rouquin en question, c’est le rouge, le gros rouge qui tache, le pinard quoi, le jaja.
Père Julien, Gévéor, Kiravi, Préfontaine, Le Vin des Postillons, Cramoisay, Gravillon, tous ces noms doivent dire quelque chose à tous les plus que quinquagénaires. C’étaient nos rouquins, des picrates qui faisaient leur 11°5 ou 12°. C’étaient les noms des marques des kils de rouquin, bouteille d’un litre étoilée, trois étoiles exactement au pied du goulot, capsule de plastique recouverte par un capuchon d’alu, sauf trahison de la mémoire. C’est avec elles qu’on s’est initié à la consommation du pinard. C’était rituel, n’est-ce pas ? Rituel comme l’amour le soir du mariage (enfin bon, c’est discutable, on en convient).

Comme la seule énumération de ces noms constitue aujourd’hui auprès de nos esgourdes un peu fatiguées une douce chanson que nous chante la nostalgie !
Et pour la dégustation, nous avons été éduqués par de grands crus qu’on laissait vieillir, les chapelures, les pelures d’oignons, les cuisses de bergère.

Ca c’était des vins, putain de gonze. Il y avait même une marque, peut-être le Postillon ou le Gévéor, qui avait pour réclame : « le velours de l’estomac. » Que des esprits perfides mutèrent en « taffetas du duodénum. » Pourtant d’aucuns conseillaient le lendemain d’abondantes libations de bien écarter les jambes quand on pissait pour ne pas faire de trous aux godasses, qui n’étaient pas anglaises et ni en cuir tout cousu main.

Pour en revenir à l’objet de notre perplexité, une enquête réalisée par les organisateurs de Vinexpo dans cinq pays, cinq pays riches, Allemagne, Etats-Unis, France, Japon Royaume Uni, révèle qu’elles, les sacrées nanas, préfèrent le vin rouquin, le rouge quoi, alors qu’on les croyait plutôt accros au blanc, plutôt doux, au liquoreux , bien sucré. Le rouge n’est plus notre apanage. Bon faut s’y faire. Bien sûr, si on est de mauvaise foi et qu’on veut se rassurer, on peut dire que les sondages… On connaît la chanson contre les enquêtes… mais, que ça déplaise ou pas, elles disent la vérité et la vérité est la suivante :
Sur les cinq pays concernés, une majorité écrasante (60,1%) préfère le rouge. Aux Etats-Unis, elles sont 78,6% ce qui les place largement en tête, loin devant la Française (66%) et la Japonaise 63,9%, et surtout l’Allemande qui arrive bonne dernière (50,2%), pourtant leur pays aux Allemandes, c’est un grand producteur et consommateur de blanc. Voilà, ce détail au sujet des Allemandes, qui prouvent que c’est une tendance lourde, le rouge et les nanas, pas une aventure passagère. C’est à ne plus rien y comprendre : au pays du blanc, la femme préfère le rouge !!!
Et pourquoi elles préfèrent, les copines, le rouge ? Parce que c’est chic ? Par féminisme, pour faire comme leurs mecs ? Pas du tout, parce que, oui, tenez vous bien, parce qu’elle aime ça. Elles ont répondu aux enquêteurs à 79,3% sur l’ensemble des cinq pays qu’elle buvait du vin rouge parce qu’elles aiment le goût. C’est vrai que 30% des Françaises n’hésitent à dépenser plus de 8 euros pour une bouteille ; 89,5% plus de 4 euros. A ces prix-là, on trouve des pinards pas dégueu ; c’est pas des très grands crus mais ils tiennent bougrement la route ; ce qu’on pouvait pas dire, entre parenthèses, de certains buveurs quand ils franchissaient le mur des deux boutanches. Eux c’est dans le fossé qu’on les retrouvait à l’époque des Kiravi et des Préfontaines, la tête dans le cadre du vélo, les pieds dans les rayons et la casquette de travers ou carrément à l’envers comme les rappeurs d’aujourd’hui.



Un coup de fatigue, fiston

- Papa qu’est-ce que tu fais là, qu’est-ce qui t‘est arrivé ? demandait le gamin de 12 ans qu’on avait envoyé voir « ce que foutait le paternel qui n’était pas encore rentré à la maison à l’heure de la soupe alors que c’était jour de paye… Des fois qu’il aurait eu une connaissance… »
- Un coup de fatigue, oui coup de fatigue… la fafatiguee, fiston, avec toutes ces heures sups qu’on doit faire. Ca me crève, une chute de tension et plouf dans le fossé. Rassure la mère, j’arrive tout de suite.
Deux heures après, le paternel apparaissait zigzaguant. Le vélo sur l’épaule. La fatigue, quoi… Le boulot, ça crevait son homme à l’époque du vin des Rochers, un qu’on avait oublié dans l’énumération antérieure ci-dessus. On se faisait ses 52 heures par semaines chez le taulier. La télé, on se la faisait, elle, dans sa tête au bistrot avec les copains et avec la Paulette qui servait et qu’on lui voyait un petit bout du soutif rose pâle par le décolleté du corsage. Ah, si elle avait voulu la Paulette elle en aurait eu des princes à ses pieds en bleu de chauffe. Mais elle était mariée à un costaud, ancien champion, se disait-on à l’oreille, pro de boxe, poids moyen, une droite qui explosait les foies… et le foie, c’était sacré. Cependant les femmes du quartier avaient parfois des sous-entendus…
- C’est-y malheureux de voir ça, s’exclamait la mater en le voyant depuis la fenêtre de la cuisine, le pater. La mater s’était envoyée un dé à coudre de banyuls pour patienter, ou, si elle se sentait très faible elle aussi à cause du souci que lui donnaient les enfants, surtout l’aînée autour de laquelle ça commençait à tourner, un petit blanc à la quintonine qui faisait, lui, ses 25°. Sûr... ça donnait de l’énergie, un coup de fouet.
Au jour d’aujourd’hui, avec toutes ces lois, ces règlements, ces avertissements qui veulent nous faire mourir en bonne santé, on voit plus ça, d’ailleurs, en-dehors des bobos, qui va marner à vélo ? Le vélo, c’est maintenant pour les loisirs et les bobos ; pour les bobos, faut que soye un vélo, bien haut, bien lourd, hollandais, volé à Amsterdam et refourgué clando du côté de la Bastille à Paris.



Lois inutiles

Détail piquant, la loi Evin sur la pub pour (en fait contre) les pinards qu’ils fussent rouge, blanc, rosé, interdit de vanter la saveur. On en rigole. Malgré cette interdiction, les copines se sont mises au rouge, faut le rappeler, pour son goût. Voilà que pour une loi inutile, c’en est une. Faudrait qu’un jour, les parlementaires éliminent toutes les lois inutiles au lieu d’en voter à tour de bras d’autres guère plus utiles.

Y a en tout cas un terrain où nous tenons la corde par rapport aux nanas, c’est la fréquence de consommation. Les Américaines à 92% avouent se siffler un ballon une fois par semaine, les Allemandes 66%, les Anglaises 61%, et surprise, les Françaises arrivent avant-dernière : seules 52% d’entre elles s’en jettent un ou plus une fois hebdomadaire. Elles font juste à peine mieux que les Nippones (ouais, d’accord, pas de jeu de mot avec nippone, c’est un peu vu venir de loin, ça). Pour une très grande majorité d’entre nous, les mecs, faut le dire, la fréquence mini c’est une fois la journée et pas qu’un canon.

Bon, enfin, dans les cinq pays, les femmes à 85% estiment qu’écluser du rouge est compatible avec un régime. C’est pas de la sagesse, ça !
Bon, encore un détail technique pointu, si on avait fait le même sondage en incluant des pays musulmans, il aurait été très probable que les moyennes auraient été beaucoup plus basses. Puis, on peut se demander pourquoi on n’a pas inclus les Espagnoles, les Italiennes et les Portugaises. Avec elles peut-être la moyenne aurait été rehaussée. Parce que les jeunes femmes de ces trois pays, elles ne refusent pas un petit gorgeon.





mercredi, 24 juin 2009

LA VGNE ET LE TABAC, une étrange similitude

CUBA : ON CHERCHAIT LA VIGNE ET LE VIN, ON TROUVA LE TABAC

Le cigare est le signe extérieur d’une richesse intérieure
Anne marie de Rougemont

Le cigare est le complément de toute vie élégante
Georges Sand


On considère en général que la culture de la vigne et la transformation du raisin en vin est un des processus les plus complexes qui existe. On va même parfois jusqu’à parler d’alchimie. On peut se demander si la culture du tabac et la fabrication des cigares ne dépassent pas en complexité et en savoir-faire celui de la culture de la vigne et de l’élaboration du vin en ce qu’elle ne fait appel à aucun processus de mécanisation à Cuba. Tout est réalisé manuellement et sans l’ajout de produits phytosanitaires.


Le terroir : Un concept aussi poussé pour la culture du tabac que pour la culture de la vigne.

Bien que l’on trouve des plantations de tabac reparties sur toute l’ile, le terroir (les variables qui déterminent les conditions optimums de culture) le plus favorable se situe dans la région de la Vuelta Abajo à l’ouest de l’île, autour des villes San Luis et San Juan Y Martinez.




Cette région est au tabac ce que les la Côte de Nuit et la Côte de Beaune sont aux grands crus et les aux premiers crus bourguignons. Le reste de l’ile produit l’équivalent des villages, des Côtes et les Hautes Côtes de Beaune et de Nuit.
Une des composantes majeures du terroir est le sol. Le tabac préfère des sols d’origine sablonneuse, donc pauvres, tout comme la vigne, de façon à faciliter un drainage rapide. Comme la vigne, le tabac à horreur d’avoir les pieds dans l’eau. Le compactage des sols suite aux passages des tracteurs, fortement remis en question dans la culture de la vigne, est totalement proscrit pour le tabac au profit de la traction animale dans le travail du sol.

Les deux autres composantes majeures du terroir, le degré d’ensoleillement et la pluviométrie sont tout aussi importants. La température idéale pour la culture du tabac est de 23 à 28 0C, similaire en tout point à celle de la culture de la vigne en phase active. Les pluies sont insuffisantes pendant la période du développement de la plante. Il faut donc irriguer avec la même rigueur que pour la vigne et éviter tout excès.
L’Humidité toujours élevée (nous sommes sous les tropiques) contribue aussi au développement de la chlorophylle et des polyphénols comme pour la vigne.
Le cycle végétatif de la plante de tabac est en tout point similaire à celui de la vigne dans l’hémisphère sud avec une récolte qui s’étend de décembre à mi-mars.



Le terroir et les hommes : pas de grands terroirs sans grands hommes

Les grands terroirs sont autant hérités qu’ils sont créés. Comme pour la vigne, les grands terroirs à tabac se façonnent au fil du temps par l’observation et le savoir-faire des hommes. Alejandro Robaina 90 ans aujourd’hui, cultivateur et fumeur de tabac depuis l’âge de dix, est le plus célèbre éleveur de capes .
Depuis des années, 70% de sa récolte est utilisée pour les capes de cigares (la feuille plus prestigieuse) alors que les autres domaines de la région ne connaissent en la matière qu’une réussite de l’ordre de 35%. Quand on lui demande, autour d’un café et d’un Havane, pourquoi il a un tel taux de réussite il nous répond « Je récolte en fin janvier, car février peut être un mois difficile pour le tabac ». Quand on lui suggère que la qualité de son terroir et son expérience lui permettre de récolter un mois avant les autres, il répond « non pas du tout, mais le tabac m’aime autant que je l’aime alors pour moi ses feuilles poussent plus vite et mieux ». Ce qu’oublie de dire le vieux Robaina, c’est que la propriété existe depuis 1845 et est la plus vieille de la région et que fort de son expérience et de la connaissance transmise de génération en génération, il tire le meilleur de son terroir.



Les plantes de tabac : l’équivalent des cépages? De la diversité mais quand même moindre que pour la vigne

Deux grandes familles se partagent la paternité du tabac, le Criollo qui pousse en plein air et le Corojo, plus fragile, qui a besoin d’être sous le couvert de serres en coton (tapados) pour se protéger des vents et de la chaleur excessive qui lui sont néfastes. Leur manque de résistance à toute maladie parasitaire a poussé les chercheurs à développer d’autres variétés si bien qu’aujourd’hui il en existe quatorze à Cuba. Les cépages viticoles se dénombrent par milliers.


La récolte du tabac : une « vendange » par tris sélectifs ?

Les feuilles de tabac sont récoltées par un système de tris sélectifs comme le sont certains raisins dans les vignes. Même si ce processus est plus répandu pour produire des vins liquoreux, il est aussi pratiqué pour certains cépages comme le Sauvignon Blanc (pour un mariage maturité-acidité optimum) et dans certains vignobles d’exception. Warren Winarski, ancien propriétaire de domaine de Stag’s Leap Wine Cellars dans la Napa Valley en Californie, m’assurait que sur ses vignobles de Fay et de Stags Leap, deux vignobles adjacents sur le plat et d’une longueur d’environ 500 mètres chacun, il y avait souvent un mois de différence entre la maturation des raisins entre différentes parties du vignoble.
Pour la récolte du tabac, on procède aussi par un système de tris, les feuilles les plus proches du sol étant récoltées les premières. On remonte ainsi en 6 ou 7 tris pour récolter toutes les feuilles de la plante. Le début de la coupe est en tout point similaire à la déclaration de vendange. Plus la feuille est haute plus la concentration en substances est élevée.



Le séchage : Une concentration des aromes comme pour certains vins liquoreux

Les feuilles sont séchées suspendues sur des barres transversales dans des abris en bois perméables aux vents et à l’humidité qui doit se situer entre 70 et 80%. Les feuilles virent au jaune sous l’effet de l’oxydation des polyphénols. Cela n’est pas sans rappeler le système du passerillage pour les raisins où l’eau contenue des grains s’évapore au fils du temps concentrant ainsi les aromes, les saveurs et le sucre.




La fermentation : Tout aussi nécessaire pour le tabac que pour le vin.

Une fois séchées, les feuilles de tabac sont emballées dans des sacs de toile où elles fermentent sous l’effet de l’humidité encore présente en elles. Celles-ci subissent une deuxième fermentation lorsqu’elles sont réhumidifiées par une préparation d’eau dans laquelle ont baigné des feuilles de tabac.


L’Elevage : dans le même esprit que pour celui du vin.

Une fois fermentées, les feuilles sont réunies en ballot où elles acquièrent avec le temps une harmonie comme le vin qui, élevé en barrique, s’oxygène, s’affine et se débarrasse de ses aspérités et intègre ses tanins.
Là s’arrête le travail du planteur de tabac et commence celui des grandes manufactures sous le control de l’Etat dont la plus célèbre, Partagas, se trouve en plein centre de la Havane. Les feuilles sont transférées aux manufactures dans des toiles de jute pour les feuilles de tripes et dans des ballots faits à partir d’écorce de palmier pour les feuilles de capes. Il est à noter que certaines feuilles peuvent subir une troisième fermentation, qui s’effectue sous les toits des manufactures de tabacs et dans des tonneaux en bois en position verticale. Elle peut durer plusieurs mois ou plusieurs années, en particulier pour les feuilles destinées à faire la cape du cigare. La troisième fermentation est l’image de marque des cigares que fumait Fidel Castro de 1981 à 1986, et qui a donné naissance à la marque Cohiba.



La fabrication du cigare ou l’art de l’assemblage à la champenoise:

Le tabac est classé feuille par feuille suivant sa taille, sa couleur, sa forme, sa texture, sa souplesse, ses nervures pour constituer les assemblages (les ligadas) pour les différentes marques. Si on devait décrire la fabrication du cigare en terme viticole, le cigare serait l’équivalent d’un vin d’assemblage sur plusieurs millésimes en tout point comparable à l’élaboration d’un champagne non millésimé. On recherche une consistance de style pour chaque marque (comme en Champagne) et qui peut facilement être identifiée d’année en année et d’une marque à l’autre. Le chef des ligadas (assemblages), c’est l’équivalent du maitre de chai. Même les rouleurs (torcedor) ne connaissent pas la composition de l’assemblage. Le cigare comprend 5 feuilles (sélectionnées pour chaque marque et chaque cigare), trois feuilles pour la tripe, une feuille pour la sous cape et une feuille pour la cape.




La bague et la boite du Cigare : un habillage comparable à celui de la bouteille mais avec moins de détails.

La bague du cigare indique seulement la marque du cigare et en général la provenance « Habano ». Par contre aucune mention du type de cigares ni du format qui elles se trouvent sur la boite faite en cèdre de Cuba. Il est donc préférable de conserver ses cigares dans les boites quand on le peut car on oublie vite le type de cigares.




 


Certaines éditions spéciales portent la mention de l’année du roulage sur une bague additionnelle.





La quarantaine du cigare avant la mise sur le marché : L’équivalent de la maladie de bouteille pour les vins

Le cigare subit une quarantaine (qui peut durer plus de quarante jours) pour résorber l’humidification subie pour faciliter son roulage. C’est en général l’épaisseur de la feuille qui détermine la durée de la quarantaine. Similairement les viticulteurs aiment mettre leur vin en quarantaine pour un minimum de 6 mois après la mise en bouteille pour résorber les effets néfastes de la filtration et de l’ajout de soufre à l’embouteillage qui a tendance à masquer le fruit du vin et à le déséquilibrer.


Les millésimes: pas encore aussi développés que pour le vin mais on y vient

Il y a des variations qualitatives d’année en année qui se traduisent par la mention du millésime pour les vins mais aussi pour les cigares. Concernant ces derniers, on utilise le concept de « millésime » pour certaines éditions spéciales.
Jusqu’il il y quelques années, on ne différenciait pas leurs millésimes. On savait qu’il y avait des grandes années à tabac (1958-1959, 1964-1965). Aujourd’hui, on voit apparaître de plus en plus des séries limitées portant l’année où le cigare a été roulé (pas l’année de la récolte), surtout pour les grandes marques comme Cohiba, Trinidad et Partagas. C’est un peu similaire au système de déclaration des « vintage » pour le porto (car seules les grandes années sont déclarées vintage), ce qui les différencie qualitativement avec toute gamme de portos (Ruby, Tawny, Vintage character, etc…) sans indication de millésime donc de qualité inférieure.
Pour le cigare c’est plutôt un gage de qualité et il indique que celui-ci a été roulé avec les meilleures feuilles donc avec celles produites dans les meilleures années mais pas toutes de la même. C’est l’année du roulage qui fait en conséquence office de « millésime ».



Le vieillissement: en tout point comparable à celui du vin

Tout comme le vin, le cigare à la capacité de vieillir et de se bonifier avec le temps. Le minimum de vieillissement est d’au moins 15 ans voire souvent plus. Tout comme le bon vin, le cigare va s’améliorer avec le temps. Les différentes composantes des feuilles vont se marier. Il acquière de la soyausité, de l’harmonie et de l’équilibre comme les grands vins.
Il faut des conditions idéales pour la conservation du cigare comme pour le vin. Une température constante de 18 0C (contre 12-13 0C pour le vin) et une humidité d’environ 65-75, très similaire à celle idéale pour la conservation du vin. L’excès d’humidité et les basses températures ne sont pas plus néfastes pour le vin que pour le cigare. L’excès d’humidité est parfaitement compatible avec le développement du vin. Il suffit de visiter certaines caves de la Loire pour s’en rendre compte. Par contre, ce sont les étiquettes des bouteilles qui soufrent et se dégradent rapidement dans des conditions de stockage trop humides. De la même façon, le cigare conservé à une température trop basse développera une fine couche de poudre blanche due à une attaque cryptogamique. Elle présente aucun danger pour le cigare, ni pour le fumeur. Il conviendra de l’enlever avec un pinceau.
Par contre, tout excès anormal de température pour les vins comme pour le cigare est à bannir car il fait subir au vin, au mieux, un vieillissement prématuré et au pire le transforme en mauvais vinaigre. Pour le cigare, l’excès de température l’expose à une infestation parasitaire (le lasioderma Serricorne, une sorte de coléoptère de la famille des anobiidae) qui perfore la cape du cigare le rendant ainsi infumable.



Le plaisir du cigare : un moment de convivialité ou moment de réflexion personnel

Ernest Hemmingway disait que le cigare était l’équivalent quotidien de madeleine de Proust . A l’origine, Les cigares furent d’abord consommés dans les communautés religieuses pour permettre d’établir une passerelle entre le représentant des dieux sur terre et les dieux eux-mêmes. Fumer dans le recueillement est propice à la rêverie et à été source d’inspiration pour des écrivains comme Baudelaire et Mallarmé.
Pour ma part, je n’aime pas fumer en groupe et je fuis les clubs de cigares. J’aime fumer le cigare seul où avec un ami car l’amitié se mesure souvent à la qualité des silences si propice aux plaisirs du cigare. Seuls quelques vins exceptionnels demandent pour moi ce degré de recueillement. Le cigare pousse plus à l’introspection et le vin à l’exubérance surtout en compagnie.
Plusieurs ouvrages ont été publiés sur le mariage du cigare et des vins et alcool et ce sujet est très personnel.
Je n’ai jamais trouvé le mariage du vin et du cigare approprié, peut-être par que je préfère les cigares de grandes densité, forts en aromes et en goût (Cohiba, Partagas, Trinidad). Les alcools, Cognac, Armagnac, très prisés de beaucoup, sont trop forts en alcool à mon goût. Le madère et les porto me semblent mieux équilibrés pour les cigares, surtout les portos Vintage avec un peu d’âge. J’aime, soit la complémentarité, particulièrement celle du madère du type Sercial (le plus sec) car il équilibre bien les saveurs du cigare tout en laissant la bouche fraiche, ou le contraste, avec un whisky iodé (Single malt) de Glenmorengy ou Laphroaig sur glace, qui redonne une fraîcheur en bouche à chaque gorgée élimant ainsi la fatigue du palais due aux résidus de la combustion du tabac.
Mais peut-être le mélange que je préfère c’est un grand Arabica de Colombie allongé d’un très vieux rhum de la Martinique. La complexité, café, rhum, tabac, atteint son paroxysme et son équilibre le plus sublime, aucun des composants ne dominant l’autre, tous se mariant en une farandole d’aromes et de saveurs et pour lesquelles il faudrait utiliser tous les mots de la langue française des sens pour commencer à en appréhender la complexité.
Hemingway mariait ses cigares au rhum et sélectionnait aussi ses cafés en fonction de ses rhums.
Comme j’aurais voulu partager son talent pour l’écriture…!!

NB : Il n’y a aucun vin digne d’intérêt à Cuba. Il ya bien quelques vignes (gardé par les militaires) et une cave (que l’on ne peut pas visiter, secret décence sans doute !!).
La majorité du vin cubain est fait à partir de mout de raisin importé du Chili.


16:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuba

vendredi, 19 juin 2009

VINEXPO, venez me voir.


Salut les épicuriens de Vins Du Monde
Vinexpo approche à grands pas, j’y serai présent avec pas mal de nos producteurs.
Je vous attends pour y boire un verre, ou deux, ou trois avec moi !!!
A très bientôt.

lundi, 08 juin 2009

NOUVELLE INTERVIEW DU SINGE EN HIVER


LES DEUX AMOURS DES FRANÇAIS :
LA TABLE ET LE LIT




Par Ricardo Uztarroz (*)


Dans des temps pas si lointains quand on leur reprochait d’exercer un « exécrable » métier parce qu’il consistait, et consiste toujours, à ne narrer avant tout que de mauvaises nouvelles, les journalistes anglais répliquaient en disant : « Un chien qui mord un homme, fût-il banquier, ce n’est pas une nouvelle ; mais, quand un banquier fou de rage mord le chien d’un de ses clients parce que le découvert de celui-ci ne cesse de croître, ça c’est une vraie information. » Tout est dit : il n’y a pas d’actualité heureuse.
L’essence du journalisme est de raconter ce qui ne va pas : un train qui déraille, un avion qui s’écrase, un bateau qui sombre, une entreprise longtemps prospère qui fait faillite. Pour ne s’en tenir qu’au train, quand tout est normal, pour savoir à quelle heure est arrivé l’un d’eux, il suffit de se reporter à la table des horaires. Imaginez un instant qu’un journal du soir respectable et de référence qui titrerait sur cinq colonnes à la une : L’express Limoges-Paris attendu à 14h34 à Austerlitz est bien arrivé à 14h34 !
En revanche, si ce train est en retard, tous ceux qui attendent sur le quai, qui une tante dont on convoite l’héritage, qui un neveu qui vient faire ses études de Commerce à Paris, qui un vieil ami de lycée qu’on n’a pas vu depuis au moins trente ans, veulent connaître la raison sur le champ de ce manque de ponctualité. Ils s’improvisent alors en journaliste d’occasion et interpellent le premier employé de la SNCF qui passe à leur portée. « Il vient quand le train ? Ca fait déjà trois quarts d’heure qu’il devrait être là ? C’est dû à quoi qu’il ne soit pas encore arrivé ? »
Nous-mêmes de quoi parlons-nous entre amis ? Des malheurs plus que des heurs des uns et des autres : « Tu sais, Machin, on vient de lui découvrir une tumeur… Ben ça alors… il était la santé même, régime, sport… Truc, sa boite, ça ne va pas fort…Elle risque de mettre la clé sous la porte… Ca alors, à son âge, pour se recaser, ça va être duraille… en plus, il est un peu psychorigide, ça ne lui facilitera rien… »


EN PLUS, LES PLUS MINCES

« Et pourtant, et pourtant »[1], il arrive aux journaux de donner de bonnes nouvelles mais le plus souvent elles passent inaperçues. Ce fut en particulier le cas durant le mois de mai. Tous rapportèrent, sans exception, et en gros titres, que les Français avaient « deux amours »[2]: la table et le lit. La nouvelle n’a suscité aucun commentaire, ou presque, et pourtant… C’est dommage parce qu’elle fait chaud au cœur et prouve que la mondialisation ne balaie pas tout sur son passage. Il y a des tribus qui résistent et parmi elles les Français ne sont pas en reste.
Ils viennent d’être déclarés champions du monde du sommeil et de la bouffe et pas par n’importe qui… par, excusez du peu, la très sérieuse et respectable Organisation de coopération de développement économiques (OCDE) et, paradoxalement, selon une autre étude, les Français sont les plus minces de l’Europe, surtout les femmes. A l’étranger, et plus particulièrement aux Etats-Unis où l’obésité fait des ravages, on ne comprend pas cette singularité morphologique vu qu’on n’a pas dans l’hexagone la fourchette ou le verre particulièrement chômeurs.
« Bon d’accord, on se voit mardi et on se fait une petite bouffe au bistrot du coin… Oui, chez Paulette… C’est le jour de la daube et elle a depuis une semaine un petit cahors de derrière les fagots… Je l’ai goûté hier…» Combien de fois n’avons-nous pas tenu analogue dialogue ?
Ou encore, rencontrant par hasard un ami pas vu depuis un lustre place de Clichy, spontanément nous lui lançons : « Ben, ça c’est une surprise… Viens, je te paie un coup au Cyrano
[3]… Il a un petit blanc néo-zélandais en promo formidable et tu me racontes ce que tu deviens… T’es toujours avec la même femme ?… Catherine, oui la prof… Ah, c’est la preuve que tu vieillis, plus de cinq ans avec la même… Sacré Didier… Qui l’aurait cru…Qu’est-ce que tu en penses de ce blanc… Pas dégueu… Tu nous remets ça, tavernier… »
Par-dessus tout ce qui intrigue l’étranger, c’est la sveltesse de la Française, son aptitude à garder la ligne au point qu’aux Etats-Unis les magazines de mode les plus prestigieux comme Vogue parlent de véritable énigme. Cette énigme, ils l’appellent « le mystère de la Française », un vrai titre de roman populaire à la Eugène Sue.
Nous, nous avons une explication, une explication évidente qui dispense d’études scientifiques inutiles mais qui repose sur une observation attentive : tout comme nous, nos compagnes ne rechignent pas à s’envoyer un canon de rouge ou de blanc derrière le soutien-gorge pour accompagner leur camembert quand elles ont un petit creux.

Donc, pour en revenir concrètement à ces deux passions françaises, lit et bouffe, d’après une étude de l’OCDE portant sur 18 des 30 pays membres, le Français est celui qui dort le plus, 8h50 par jour, soit 530 minutes par nuit. Il est suivi de peu par les Américains (c’est une surprise ; on les croyait moins enclins à se prélasser sous la couette) et par les Espagnols ; normal, la tradition de la sieste y est encore très vivace outre-Pyrénées et on leur souhaite pour longtemps, surtout si elle est un peu « crapuleuse. »


INCONFORTABLES FUTONS

Ceux qui dorment le moins, ce sont les Japonais, puis bons derniers, leurs voisins coréens qui ne s’adonnent au sommeil que 470 minutes, soit 7h50 par nuit, une heure de moins que le Français, convient-il de souligner pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, une heure essentielle. Essentielle, bien sûr, vous l’aurez déduit pour quoi, cher lecteur, chère lectrice.
La faible propension de ces deux peuples asiatiques au sommeil peut se comprendre. Qui a expérimenté une nuit l’inconfort de leurs futons, pour les premiers, ou leurs nattes pour les seconds sait de quoi il en retourne. On dort pratiquement à même le sol. Les courbatures sont garanties d’office au pauvre Occidental. Rien ne remplace un bon matelas. N’y voir aucun ethnocentrisme dans cette remarque. C’est un simple constat.
On est étonné de trouver les Italiens en 13ème position se situant à un poil près en dessous de la barre des 500 minutes quotidiennes du repos du juste. Comme quoi certains clichés ne correspondent pas à la réalité. Incroyable, ils sont devancés dans la «volupté de la paresse » par les Mexicains, les Anglais, les Belges, les Finlandais, les Polonais, les Canadiens, les Australiens, les Turcs, et par les inattendus Néo-Zélandais qui talonnent les Espagnols.
Quant au temps passé à table, toujours selon la même enquête, le Français bat tous les records et il ne semble pas prêt d’être un jour battu. Deux heures et quart de sa journée sont dédiées à l’art de s’alimenter. On trouve juste derrière la surprenante Nouvelle-Zélande, puis, en troisième position, le Japon où on passe exactement deux heures par jour à manier les baguettes, ce qui se comprend aisément étant donné la qualité de leur gastronomie, une des meilleurs du monde, preuve irréfutable et nécessaire que le Japonais ne pense pas qu’au boulot.
Les trois dernières positions sont occupées par le Mexique (65 mn), le Canada (70 mn) et les Etats-Unis (75 mn). Ainsi, ces trois pays forment un gigantesque bloc géographique nord-américain où manger n’est pas une activité ludique et jouissive mais fonctionnelle : on mange pour se nourrir, point.
Enfin, les Norvégiens sont ceux qui sacrifient le plus clair de leur temps aux loisirs. Logique vu ce qu’est leur cuisine… Chut, pas de médisances inutiles !
Se pose néanmoins à ce propos une question de méthode : est-ce que le temps passé à table, à déguster quelques mets délectables accompagnés de quelques bons gorgeons qu’on se jette derrière la cravate tout en devisant sur tout et n’importe quoi, n’est-ce pas une forme de loisir ? La meilleure qui soit ? Tout comme les heures passées en compagnie de Morphée? Nous ne prendrons pas partie publiquement à ce sujet mais notre opinion est faite, et bien faite.
C’est comme, quand à peine éveillé ou avant de s’assoupir, ou mieux en plein après-midi après un copieux repas, on cède à la tentation d’une partie de jambes en l’air : est-ce que ça répond seulement à une nécessité physiologique animale ou est-ce une forme de loisir bien agréable qui contribue à l’élévation de l’esprit au même titre que la bonne bouffe ? D’ailleurs ces deux activités ne vont-elles pas souvent de pair, boustifaille et baisouille ? Tournons vite à ce propos la page, des enfants pourraient la lire par inadvertance. Bon, nous nous égarons
[4].


CONFIRMATION

Pour se résumer, les Français dédient 11h05 sur une journée qui compte que 24 heures faut-il le rappeler, à roupiller et à ripailler. Voilà qui est rassurant ! Par ailleurs, la place qu’occupe la Nouvelle-Zélande dans ce classement est surprenante. Bien que géographiquement aux antipodes de la France, bien qu’il soit culturellement un duplicata de l’Angleterre, ce pays a un style de vie qui en fait un cousin du notre. On y prend le temps de dormir et de manger. Bravo les All Blacks ! Donc Rendez-vous sur un terrain de rugby pour nous départager lors… de l’incontournable troisième mi-temps.
La minceur des Français est confirmée par le très sérieux et incontestable Institut national des études démographiques (INED) dans une étude intitulée « Surpoids, normes et jugements en matière de poids : comparaisons européennes. » Pareil titre, ça impose ; on n’est pas dans la rigolade.
Cette étude dit que la moyenne européenne de l’indice de masse corporelle (le poids divisé par le carré de la taille en mètre – vous suivez ?...) est chez les femmes de 24,5 et les chez les hommes de 25,5. Or, en France, dans le même ordre, il est de 23,2 et de 24,6. En Grande Bretagne, où le problème de l’obésité commence à prendre une tournure américaine, il est 26,2 chez les femmes et 26 chez les hommes. Ainsi, outre-Manche, les femelles sont désormais plus corpulentes que les mâles. Décidément, l’insularité est une réalité qui conduit à ne rien faire comme les autres, par exemple à jouer à ce jeu incompréhensible qu’est le cricket.
Autrefois, dans nos campagnes, on disait : un malheur ne vient jamais seul. Aujourd’hui, dans nos sociétés urbaines, on peut dire qu’une bonne nouvelle ne reste jamais seule. En ce début juin, on a appris que la chute de la consommation des antibiotiques – dont les Français étaient ceux qui en ingurgitaient le plus au monde - a chuté de 25% depuis 2000, un record mondial inégalé. La France est désormais citée, dans les milieux médicaux, en exemple à la suite de cette reculade pharmaceutique qui semblait impossible, ce qui confirme qu’impossible, comme le prétendait un douteux dicton, n’est pas français.

Ce tableau réjouissant a une ombre : la consommation des fruits a légèrement progressé mais pas suffisamment pour satisfaire aux souhaits des diététiciens, malgré la chute impressionnante de leurs prix cette année selon les mercuriales publiées par les journaux, et celle des légumes stagne.
Il est vrai qu’un poireau bouilli à la maison fait triste figure face à un même poireau bouilli par un grand chef, comme Alain Passard
[5][i]. Il y a un tour de main qui fait toute la différence et cette différence n’incite pas à faire bouillir des légumes à la maison. Et puis, la coutume de manger des soupes et des potages s’est perdue. Il faut la réhabiliter !... Sacre Dieu ! Il y avait aussi la coutume qui accompagnait la soupe, celle de faire chabrot ou aussi dit chabrol. On mangeait les légumes et dans le bouillon qui restait on versait une grande rasade de rouge, des fois un peu excessive, mais que diable après une dure journée de labeur au champ. C’était excellent !
Bon, en conclusion, ces données statistiques confirment que la France reste encore le pays d’Alexandre le Bienheureux, film
[6]dans lequel Philippe Noiret disait à son chien : « Faut prendre le temps de prendre son temps. »


* Journaliste-écrivain. N’y voire dans l’explication de l’essence du journalisme aucune justification corporatiste ; bien que, bien que, si on gratte un peu…

[1] Chanson de Charles Aznavour, 1963. Il la chanta dans le film de Michel Boisrond « Cherchez l’idole », un pur et authentique nanard franchouillard dans lequel défilaient toutes les grandes vedettes de l’époque, et dont l’acteur principal était Franck Fernandel, le fils du grand Fernandel, qui fit une éphémère carrière au cinéma et dans la chanson, comme quoi tel père tel fils n’est pas toujours vrai.
[2] Allusion à « J’ai deux amours » (mon pays et Paris), 1930, chanson chantée par Joséphine Baker, paroles de Géo Koger, musique de Vincent Scotto.
[3] Sympathique bistrot tenu par deux frères, tout aussi sympathiques que leur établissement qui jouxte le théâtre l’Européen, juste à l’entrée de la rue Biot en venant de la place de Clichy. Il vaut qu’on y fasse escale.
[4]Rassurez-vous, ces considérations philosophiques de haute volée feront l’objet d’un ouvrage «L’astre et le fainéant » de Jean-Fol Sintré, amant éconduit de Syphonée de l’Abreuvoir, à paraître prochainement aux éditions Le secoué du local. Toute coïncidence avec un couple d’écrivains existant et ayant existé ne serait pas fortuite.
[5]. Restaurant l’Arpège, 84 rue de Varenne, 75007, Paris

6 D’Yves Robert, 1967



mardi, 02 juin 2009

Claude Gilois dans la presse Péruvienne

C16 Gastronomia, El Comercio sabado 23 de mayo del 2009

VINOS PARA TODA FRANCIA

 

CLAUDE GILOIS, DIRECTOR DE VINS DU MONDE, INCLUIRÀ EN SU PRÔXIMO CATÀLOGO UNA SELECCIÔN DE VINOS DE TACAMA EL ESPECIALISTA SE SORPRENDIÔ CON EL TANNAT PERUANO

 


Hace dos afios, Claude Gilois en­contrô en el Perû una selecciôn de vinos dignos de ser incluidos en su catàlogo Vins du Monde, una selecciôn que presenta al mercado francés los mejores mostos de cinco continentes, yen la que hasta ahora solo estaban incluidos productos de Argentina, Chile,Brasil y Uruguay, en la parte correspondiente a Sudamérica.
Gilois, quien fundô en 1999 esta empresa impo­tadora, evaluô positiva­mente los vinos de la bodega Tacama y decidiô hace poco introducirlos en el mercado francés, en lu- gares como Le Spoon, restaurante parisino del gran chef Alain Ducasse, un cliente suyo que siem­pre buscô sabores y sen­saciones alternativas pa­ra maridar sus propuestas gastronômicas.
La experiencia de Gilois importando vinos empezô haciendo un contacto con Inglaterra, pero su bûsqueda real arrancô en Estados Unidos. "Los vinos del Nuevo Mundo parecfan interesantes
para el francés", explica el especialista, que reconoce que al inicio fue tildado de loco por in­tentar vendervinos de otros paf- ses aunmercado que produce los mejores mostos.Hoy, Vins du Monde impor­ta vinos de 33 pafses, desde los màs grandes productores hasta los màs increfbles, como Tahit~ y Tanzania. "Francia no podfa ignorar los vinos de esos pafses

 


BUENVINO PERUANO
Cuando Gilois llegô a Ica cono­ciô todos los vifiedos del sur del Perû. En esta investigaciôn, el es­pecialistaquedô cautivado con el blanco de blancos de Tacamayel tempranillo de Picasso.
En su siguiente visita, eligiô el vifiedo de la familia Olaechea como proveedor. Asf, ingresa­ron al mercado francés Don Ma­nuel, selecciôn especial, gran tinto, blanco de blancos y blan­co seco .
"No hayduda de que Tacama es un vifiedo de clase internacio­nal, y lo digo yo, que pago", con­fiesa Gilois, quien encontrô en esta bodega una tecnologfa de punta y un buen trabajo con las cepas y el vifiedo.
"Aquf hay condiciones muy buenas para el cultivo de lavid: el suelo es muypobre, y a la vid no le gusta la tierra rica; no llueve, pero haybuen riego porgoteo; la temperatura màxima es 30 a 33 grados, y la diferencia entre no­che ydfa es buena", opina Gilois, quien en esta nuevavisita descu­briô ademàs la nueva l~nea de vi­nos Tacama, los mismos que se apresurô a calificar: Halcôn de la Vifia 14,5/20, Quantum 15/20, Sinfonfa 15,5/20 y Don Manuel 16,5/20.
Estos vinos y otros màs esta­ràn incluidos en la prôxima edi­ciôn 2009-2010 de Vins du Mon­de, un catàlogo que sirve de gufa de compra para cientos de hote­les y restaurantes de Francia, no solo para el territorio nacional, sino también para los locales que abren en el extranjero.

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