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dimanche, 11 décembre 2011

CHRONIQUE VIN ET SANTE

L'ALCOOL, LE VIN ET LA SANTE... POUR LES NULS



Ou quand les deux siinges se préoccupent de leur santé le temps d’une interview

 

Vin-et-santé-stetoscope.jpg

L'article complet avec le lien ci-dessous

 http://voyagesvinsdumonde.20minutes-blogs.fr/archive/2009...

 Ricardo Uztarroz: Tu as  publié un article sur ‘l l’alcool, le vin et la santé’ en mars 2009. Ce n’était  pas un peu hors de portée des lecteurs d’un blog sur le vin?

 

Claude Gilois:  Il n’était pas à l’origine destiné à être publié sur le blog. C’était une réponse à un document scientifique publié par ‘ l’ Institut National du Cancer’. Un document  volumineux, d’une cinquantaine de pages, pour la communauté scientifique. J’ai senti  assez vite  le document de propagande, encore fallait-il l’analyser et le décrypter pour en trouver les failles. Puis l’association pour ‘ l’ Honneur du Vin’ qui a défendu le dossier auprès des ministères l’a publié sur  son site, alors je l’ai aussi mis aussi sur mon blog. J’étais  bien conscient  qu’un jour il faudrait en faire une version simplifiée mais, comme l’analyse de ce document m’avait pris beaucoup de temps et que j’étais saturé du sujet,  je ne l’ai pas faite dans la foulée.

 

Ricardo Uztarroz: Et quelles étaient les conclusions de ce rapport ?

 

Claude Gilois:Qu’il n’y avait pas de consommation sans risque de boissons alcoolisées et que le danger pour la santé commençait avec le premier  verre. Cette  assertion venais en complète contradiction  avec les recommandations de l’ Organisation Mondiale de la Santé qui conseille une consommation minimum de 2 unités par jour pour une femme et de  trois pour un homme.

 

Ricardo Uztarroz: Quelle est la définition d’une unité pour l’ Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ?

 

Claude Gilois:Pour l’ OMS  c’est 10 cl de vin (soit 10 g d’alcool) à 12,5 0  qui est équivalent à 25 cl de bière à 5 0, à un verre de whisky de 3 cl à 40 0 et à un verre de Pastis  à 45 0 dilué dans 3 volumes d’eau.

 NB: Lu dans le Ouest France il n'y a pas si longtemps:' il y a autant d'alcool dans 4 litres de biere que dans un litre de vin' . On n'avait pas la même conception de l'unité il y a quelques temps.

Ricardo Uztarroz : Et quelle était la qualité  de cette communication scientifique ?

 

Claude Gilois:J’ai très vite eu l’impression que l’on avait délégué à quelques scientifiques la responsabilité de s’intéresser principalement  aux publications qui apportaient un éclairage négatif sur la consommation de vin et d’alcool en oubliant celles qui étaient plutôt positives et qui constituaient les recherches les plus complètes, les plus  sérieuses et les plus abouties dans ce domaine, en particulier l’étude de ‘l’ American Cancer Society’ dont l’ institut français ne pouvaient ignorer l’existence.

 

Ricardo Uztarroz : Mais ce document scientifique émanait quand même de l’ Institut National du Cancer. A qui peut-on faire confiance alors ? Comment expliquer ce manque de rigueur ?

 

Claude Gilois: C’est toujours un peu difficile d’expliquer les motivations derrière ce genre de propagande. Il y a d’abord le coté moraliste que l’on retrouve souvent dans la sphère des intellectuels dirigeants. Mais l’explication principale  réside sans doute ailleurs.

La science devient de plus en plus tributaire des lobbies des industries chimiques, de l’agroalimentaire et des grandes multinationales. On ne peut pas aujourd’hui expliquer la très forte augmentation des cancers uniquement pas une meilleure qualité des diagnostiques médicaux et l’allongement de la durée de la vie. Au moment où certaines recherches pointent  le doigt dans la direction de ces industries, c’est une tentative de diversion pour  faire passer cette augmentation des cancers sur la consommation d’alcool alors que la consommation ne cesse de baisser. Il est vrai que l’industrie du vin et des alcools n’a pas de lobbies forts et pas de défenseurs parmi les hauts responsables politiques français. Ce n’est pas le cas des grandes industries multinationales qui ont toutes leurs agences de communication. 

Cet article a été condamné par la ‘Haute Autorité de la Santé’ qui est, entre autre, responsable de la publication de toutes les communications qui ont trait à la santé des français. En publiant l’article sur son site, sans l’autorisation de la ‘Haute Autorité de Santé’, I’ Institut National du Cancer’ s’assurait d’une large reprise dans la presse généraliste et un message clair : l’ alcool est dangereux dès le premier verre.

Cet article est d'ailleurs toujours sur le site de l'Institut du Cancer.Quelle cacophonie au plus haut niveau de responsabilité.

 

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Ricardo Uztarroz: Sommes-nous tous égaux devant l’alcool ? la tolérance à l’alcool est-elle un phénomène inné ou acquis.

 

Claude Gilois: Non, loin de là et c’est pourquoi des recommandations pour des populations hétérogènes n’ont pas grand sens. Les femmes sont plus  fragiles d’où les recommandation de l’ Organisation Mondiale de la Santé avec  un  seuil plus bas  pour les femmes que pour les  hommes. Les asiatiques  les chinois sont moins tolérants que les caucasiens  et les enzymes qui servent à détoxifier  l’alcool sont moins efficaces.

Cela reflète la différence de civilisation entre les caucasiens d’une part et le chinois et les asiatiques d’autre part, en particulier depuis le moyen âge. En effet, à cette époque les villes se développèrent et atteignirent des proportions qui ne pouvaient  plus garantir la qualité sanitaire de l’eau. Les caucasiens utilisèrent donc les techniques aseptiques de la fermentation puisqu’il avait de la vigne et des graines alors que les chinois et les asiatiques se remirent au bouillage de l’eau puisqu’ils  avaient du thé.

De plus et surtout dans la population chinoise, on trouve  des sujets qui sont totalement intolérants à l’alcool alors que d’autres semblent le supporter comme dans les populations caucasiennes.

La tolérance à l’alcool est donc un phénomène acquis au fil des millénaires mais  l’organisme a probablement toujours eu la capacité de gérer l’alcool produit naturellement pendant la digestion.

 

Ricardo Uztarroz: Quel est l’état réel de la connaissance scientifique aujourd’hui sur ce sujet et peut-on donner un avis sur ce qui peut représenter une consommation sans danger pour la santé.

  

Claude Gilois : L’étude la plus importante par le nombre de sujets retenus est celle menée  par l’ American Cancer Society  et qui a suivi plus de 276,000 sujets pendant près de 12 ans[i]

 Ricardo uztarroz : C’est cette étude que  de l’ Institut National du Cancer a omis de mentionner dans sa publication ?

 Claude Gilois : Oui tout à fait.

 Pour une consommation journalière jusqu’à 36 grammes (soit environ une demie bouteille), qui représente la consommation moyenne d’un français,  la mortalité par accidents, cancers, maladies coronariennes ou toutes causes confondue est inférieure ou égale à celles des non-buveurs. Cette étude est confirmée par celle de Gronbaek en 1995 [v] qui conclue que les buveurs  avaient une mortalité significativement plus basse que les non buveurs.

 

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 Ricardo Uztarroz: Il  y a-t-il une différence entre les diverses boissons et-ce que le corps humain s’adapte mieux à certaines qu’à d’autres ?

 Claude Gilois: Oui il semble bien qu’il y ait bien une différence et que le vin soit la boisson alcoolique la mieux tolérée et la plus bénéfique pour la santé. Certes il y a eu peu d’étude sur ce sujet mais l’étude Gronbaek et al en 1995, mentionnée ci-dessus qui porte sur 13285 sujets et qui conclue que : seul le vin consommé à des doses modérées était associé à une protection contre la mortalité, toutes causes confondues. Un autre étude celle de Klasky effectué en 1992, qui a suivi une population de 128 900 sujets, a montré que le vin offrait une protection de 30%  à 40% supérieure que celle des spiritueux.

 

Ricardo Uztarroz: On est sans arrêt envahi aujourd’hui pas des informations contradictoires sur les méfaits et les bienfaits de tel ou tel produit. Comment peut-on en arriver à une telle situation de confusion ?

 

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Claude Gilois: J’ai en partie répondu à cette question. Les lobbies de l’industrie des grandes multinationales sont de plus en plus présents, à travers les financements directs de projets de recherche, de paiement aux scientifiques employés comme consultants pour ces firmes. Les budgets consacrés par ces entreprises pour  la publicité dans les journaux scientifiques leur permet même d’influencer ce qui peut être publié ou pas. Des scientifiques ont été démis de leur fonction rien que pour avoir dit la vérité sur des techniques et des produits  développés par les multinationales , en particulier sur le OGMs.

 Et puis  il y a les statistiques et la  fameuse citation que l’on attribue ( à tord ou à raison) au premier ministre anglais Disraeli (1804-1881) : There is lie danmed lies … and statistics.( Il y a le mensonge, les mensonges éhontés     .. et les statistiques ou pour employé un langage plus  imagé : ‘Les statistiques sont comme le minijupe, elles cachent l’essentiel, mais donnent un idée’. On peut tout faire dire aux statistiques et, si  les méthodologies sont biaisées dans certaines recherches  alors on peut en  arriver  à des résultas totalement contradictoires.

 

Ricardo Uztarroz : Donc conclusions plutôt rassurante

 

Claude Gilois :Pour la consommation de l’alcool et surtout pour le  vin : oui certainement. Pour la science c’est quand même plutôt inquiétant de constater la malhonnêteté  intellectuelle de certains scientifiques.

 

Ricardo Uztarroz : Je propose donc qu’on aille se faire quelques douzaines d’huîtres  au Vepler et le tout  arrosé  d’une bonne bouteille de Chablis Grand Cru.

 

Claude Gilois : Mais on a déjà bu une bouteille durant l’interview. On a donc déjà épuisé notre allocation  de 3 unités par jour.

 

Ricardo Uztarroz : Oui mais pour aujourd’hui on va redéfinir  l’unité car cet après-midi il faut aller goûter les nouveaux rhums au Cyrano et ce soir c’est la soirée mensuelle  ‘Whisky et Cigares’. Alors allons-y, on ne va quand même pas manquer ça ?? !!

 

voir double.jpg



[i]Bofeta P  et Garfinkel L. Alohol drinking and mortality among men enrolled in an american Cancer Society prospective study. 1990. Epidemiol. 1.342-348.

[iii]Bofeta P  et Garfinkel L. Alohol drinking and mortality among men enrolled in an american Cancer Society prospective study. 1990. Epidemiol. 1.342-348.

[v]Gronbaek M, Deis A, Sorensen TIA, Becker U, Schnohr P, Jensen G. Mortality associated with moderate intakes of wine, beer, or spirits. Br Med J 1995;310:1165-1169.

15:58 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

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