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dimanche, 29 janvier 2012

Carnet de pérégrinations

LES DEUX SINGES EN HIVER EN AUSTRALIE             


   

Partirons ou partirons pas

Telle la question eut pu être

 

Par Claude Gilois et Ricardo Uztarroz

 

 

Claude Gilois Cap.jpg

 

 

 

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Sur la terrasse de Taj Hotel au Cap

Notre vol départ à destination de Perth, avec escale à Johannesburg, était prévu pour le lundi 23 janvier à 19h50 au Cap. pour que le préposé à cette tâche, visiblement résultat d'un métissage noir et blanc, nous propose de prendre place Nous nous présentâmes avec suffisamment d'avance au guichet d'enregistrement de la South Africa Airways à bord du vol précédent, puisqu'il y avait quelques places de disponibles, avec un large sourire, tout heureux de pouvoir faire sa bonne action de la journée, surtout si c'était deux vieux Singes à l'aspect un peu égaré qui en étaient les bénéficiaires...

         « Voilà vos cartes d'embarquement pour Johannesburg, nous dit-il en nous les tendant. Voyons maintenant votre vol Johanesburg-Perth, » ajoute-t-il toujours souriant.

Vraiment s'occuper de deux Blancs accumulant les ans était pour lui une satisfaction personnelle. Puis tout à coup, son visage s'est crispé, des rides sont apparues sur front. Plus il pianotait sur son clavier, plus le sentiment que quelque chose n'allait pas nous gagnait....

        Rompant un long silence, perturbé par intermittence par l'agaçant clic clac clac clic clic des touches que l'on presse, il relève la tête, l'air sombre:

        - Votre vol de Perth est prévu pour demain soir...;

         - Comment ça, pas possible, réplique Claude. J'ai bien réservé pour aujourd'hui...

       Une longue et vaine discussion, mais très courtoise, s'engage. Disciples du stoïcisme, la seule et vraie éthique pérenne depuis l'Antiquité, qui recommande d'accepter ce qui vous survient sans éructer, sans menacer d'envoyer l'Humanité devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crime contre le genre humain, surtout si celui qui est en face vous n'y est pour rien, nous nous résignons au compromis suggéré : nous rendre au comptoir des ventes des billets pour voir si une solution était possible.

        De solution, il n'y en avait pas malgré la bonne volonté de la femme blonde, la quarantaine chic, séduisante dans son uniforme, un tailleur bleu sombre, qui nous accueillit, malgré notre astucieuse proposition qui consistait à nous surclasser sans bourse déliée de notre part puisque nous avions aucune responsabilité dans cette situation qui nous était gravement préjudiciable puisque nous allions raté un important rendez-vous avec « un jeune et talentueux viticulteur australien à qui on voulait acheter tout le vin qui lui restait. »

        « Hélas, l'avion est plein », qu'elle nous dit.

        Comme à l'impossible, nul n'est particulièrement tenu, et heureusement car, estimé lecteur, imagine un seul instant ce que serait le monde si cela n'était pas (ça serait un sacré bordel sur cette planète qui est déjà assez bordélique), sans la moindre réserve nous avons donc accepté de remettre le voyage au lendemain, car ce jour-là l'avion n'était pas plein opportunément (ça arrive), ainsi que nous invitait notre blonde, qu'on trouvait de plus en plus séduisante malgré son afrikaner accent, qui la rendait, à vrai dire, encore plus séduisante, bien que son anglais fût parfois hermétique pour le second Singe, à cause de celui-ci.

        Descendant de la branche bretonne de Socrate, le premier Singe, Claude, conclut avec cette sagesse propre à cette école philosophique :

         - Ca commence bien...

        Ce qui dans sa bouche signifiait en termes plus simples, plus accessibles au commun des buveurs accoudés au bar du Cyrano, rue Biot à Paris : « Les auspices en sont pas les meilleurs. »

         Avions-nous été victimes de ce qu'en franglish on appelle un « sur-booking » (une sur-réservation), d'une erreur de date de l'agence de voyage, ou d'une étourderie de notre part? La troisième possibilité, nous la réfutons catégoriquement.

         Les déboires (ne voir aucune allusions avec une autre activité familière de nous qui rime) vaut mieux les connaître au début d'une excursion aussi lointaine est-elle. Ca ne gâche pas les souvenirs, ça agace seulement (on s'expliquera prochainement sur cette assertion).

        Le lendemain donc, les deux mêmes, au même comptoir, mais pas en face le même préposé : cette fois, c'est un Blanc, visiblement descendant d'un Huguenot. Il prend nos passeports, re-clic, clac, clac clac, clic sur le clavier. Le temps passe et rien ne se passe. Quelque chose le préoccupe, devinons-nous, car à nous il ne faut pas la faire. Et en effet..;

        « Je n'arrive pas à vous enregistrer sur le vol de Perth, dit-il. C'est curieux..., » nous insiste-t-il.

         Avec nos deux passeports en main, il part en disant :

        « Je vais voir auprès d'un chef ce qui se passe. »

       Les deux reviennent après de très longues minutes. chef est un jeune noir, élégant, qui nous dit l'air contrit:

        « Vous n'avez pas de visa

     - De visa, en tant que Français, nous n'en avons pas besoin, rétorquons-nous sûr de nous-mêmes, ce qu'il ne faut jamais être comme va nous contredire la suite des événements.

       - Si, si, si, répond-il, connaissant, lui, la question.

       Un des deux Singes passe un coup de fil à Paris, à son épouse pour qu'elle vérifie cette douteuse exigence. Et la confirmation arrive par la même voie. En effet, l'Australie exige des étrangers qu'ils remplissent un formulaire par Internet de déclaration de visite du pays ce qui doit permettre à celui-ci de savoir à l'avance qui sont les gugus qui viennent lui rendre une visite de courtoisie.

     Dans le même temps, nos deux interlocuteurs s'acharnent tout en décryptant nos passeports sur leur clavier. Puis au bout d'un moment, ils relèvent leurs têtes tout souriantes et nous disent :

     «C'est fait, vous avez vos visas et voici vos cartes d'embarquement. »

     Ouf, c'est ainsi que le lendemain en début d'après-midi, par une chaleur torride, nous sommes retrouver enfin à Perth... C'était le 25 janvier, 13h45 locales.

     Et le vin dans tout ça, estimé lecteur tu vas nous dire. Patience, nous te répondons. Il va en être question puisque nous sommes en Australie pour ça. Et si tu veux du sérieux, du consistant question viticulture australienne, reporte-toi au site de La revue des vins de France dans laquelle nous tenons une rubrique sur notre expédition tous les mardis, jeudis et vendredis.

 

A SUIVRE

 

Ps : Estimé lecteur, nous te livrons une primeur : tu viens de lire peut-être l'amorce de notre prochain livre.

 

Commentaires

Qu'il en soit ainsi !
estimés scribes et vénérables archéo-viticulteurs en poésie
Prennez soin de vous
Karl

Écrit par : Alphonse | dimanche, 29 janvier 2012

Et voilà, on est le 3 février et plus de nouvelles... quel suspens !

Écrit par : Deyrieux | vendredi, 03 février 2012

Les commentaires sont fermés.

 
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