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lundi, 27 février 2012

CARNET DE VOYAGE EN AUSTRALIE

DE LA NON EXISTENCE DE DIEU: ENFIN LA PREUVE


Par Claude Gilois et Ricardo Uztarroz


Agnostiques invétérés, nous le sommes, mécréants obstinés, aussi, athées acharnés, également; mais après ce qui nous est advenu près de Melbourne, dans ce périple qui nous a conduits à travers tous les vignobles australiens (une expédition pour des amateurs de vins qui vaut le coup, même trois coups d'affilée avant de remettre plusieurs fois la dernière tournée – pour en savoir plus, prière de se reporter au site de la Revue du Vins de France larvf.com, nous le sommes encore plus agnostiques, mécréants et athées indécrottables, que jamais, oui, que jamais. Surtout que maintenant nous avons la preuve irréfutable de la non-existence de Dieu. Nous l'avons cette fichue preuve dont, depuis les cours de philo en terminale, on nous a tant bassiné les méninges; on la tient et on ne la lâchera plus...

Dans notre dernière chronique, nous étions à Melbourne, une ville qui vaut le coup (même plusieurs coups avant de remettre la dernière tournée – la rengaine est connue maintenant). Depuis, à juste titre, cher lecteur (ou trice), tu te demandais avec un début d'inquiétude ce que nous étions devenus vu que nous donnions plus de nouvelles. Faut dire qu'un emploi de temps chargé, quelques libations nocturnes, des kilomètres interminables au volant de notre voiture noire, avec nous deux dedans, à faire se pâmer les jeunes filles, et parfois un gros poil au creux de la mai, auxquels s'est ajouté des difficultés de communications (l'Australie est un pays moderne mais Internet, on le trouve pas partout surtout à la campagne, et si on le trouve, le possesseur exige des tarifs prohibitifs) ont donc fait que notre ardeur scripturale a fait un petit peu relâche...

 

VIVANTS, NOUS SOMMES

 

De retour au Cap de Bonne Espérance, en Afrique du sud où un des Deux singes a élu domicile temporairement, après donc deux bonnes semaines de silence absolu, nous pouvons enfin te rassurer : nous sommes vivants et bien vivants. Et comme nous, nous, nous avons une conscience, un sens aigu de l'engagement, nous reprenons dès le lendemain même de notre arrivée le fil de nos propos, certes, un peu décousus mais si pertinents car nous portons sur qui nous entoure un regard distancié, serein, grave, comme nous l'avons déjà souligné dans notre livre (Tour du monde épicurien des vins insolites - Arthaud), avec tout ce qui est futile, et futile avec tout ce qui est grave...

Certes, tu te dis, dans tout ça, que vient faire la question de Dieu et son inexistence. Patience, on y vient.... L'affaire n'est pas futile et on NE peut pas la traiter sans une certaine dose de gravité... un authentique dilemme. Pas être grave n'implique pas désinvolture (Putain de gonze, il est tôt le matin – enfin pour nous – et ça phosphore dur; on craint pour la suite de la journée à ce régime).

 

YARRA VALLEY 1.jpg


La Yarra valley, une grande région viticole du pays, à moins d'une heure de route au nord-est de la ville qu'on quitte en empruntant un tunnel qui la traverse de part en part. La Yarra est le nom de la petite rivière sur la rive de laquelle a été érigée Melbourne. Elle se déverse dans une baie qui est une quasi mer intérieure (nous l'avons déjà dit mais y a pas de mal à se répéter surtout si on donne dans la poésie).


Le représentant d'un groupement de grands domaines de la vallée nous avez invités à la visiter et à déguster horizontalement et verticalement leurs bouteilles, les meilleures toujours, un principe sur lequel nous transigeons sauf lorsqu'on doit payer la bouteille, pas toujours en fait, même finalement quand on fait les comptes, jamais – c'est notre faiblesse.

Au soir de la première journée passé dans cette région en rupture avec tous les paysages, ocres et nus, que nous avions vus jusqu'alors, une région au prétention de Normandie avec ses collines, plutôt verdoyantes, son semblant de bocage, où la vache a remplacé le plus souvent le sempiternel mouton, lieu de résidence ou de villégiature des gens aisés de Melbourne, où tout fleure les stocks options sans discrétion, où les boutiques, les épiceries fines, font la nique aux super-marchés, où les petits restaurants style bistrot sont une tentation permanente, notre emphytrion nous propose de dîner dans un de ces bistrots occupant un vieux bâtiment, vieux au sens australien, même pas un siècle, mais typique de l'architecture du coin. Depuis l'hôtel, pour nous y rendre, nous empruntons une petite route sinueuse, comme celles du Pays basque intérieur. Il est au volant de sa voiture... une puissante tire de marque germanique...

SOURD A NOTRE SUPPLIQUE

 

Ici, s'impose un retour en arrière... dans notre dernière chronique, nous avons raconté l'histoire d'un kangourou tué sur le bord de la route... Rappelez-vous, nous avions la faiblesse d'invoquer Dieu, de lui demander de nous épargner, à notre tour, d'en occire un... le kangourou étant un animal si attachant, si émouvant avec son regard candide quand il vous dévisage, si humain dans sa posture debout avec ses petits membres avant atrophiés, à l'instar de l'homme (et de la femme aussi).


 

67747-kangourou.jpg



Sans ambages, Dieu a été sourd à notre invocation... Alors, comme peut-on croire en lui, lui qui a permis que nous en tuions un... indirectement, sûrement, parce que nous, nous conduisions pas le véhicule. Au vu du nombre de cadavres de kangourous gisant sur les bas-côtés des routes, la voiture est sans conteste possible une arme de destruction massive de ces derniers.

Nous roulions à allure modérée (impossible faire autrement en Australie où la vitesse est en permanence et strictement limitée : 40 km/h dans les environs des écoles, 50 km en zone urbaine, 80 km puis 60 à l'approche de celle-ci, 100 km sur les routes et 110 sur ce qui tient lieu d'autoroute). Nous devisions de tout et de rien, comme toujours dans ce genre de circonstance. Des panneaux à l'envi nous rappelaient le risque de voir surgir un kangourou. Quand tout à coup, venu de nulle part, après avoir bondi au-dessus d'une haute clôture, un est apparu irréel devant le capot. Le choc a été inévitable. Un choc mou mais fatal pour l'animal. Avec les roues arrières, on lui a passé dessus. On ne s'est pas arrêté.

Notre amphytrion s'est excusé. C'était la première fois dans sa vie. Il ne savait quoi dire, nous non plus, marris et contrits que nous étions les trois. Puis, il a, après un long silence, dit : « Heureusement que ma femme et mes deux enfants n'étaient pas là... Ca aurait été un drame... Pendant des jours, ils auraient pleuré... Je croyais que ça n'arrivait qu'aux autres. »

Après ça, Dieu ne peut pas exister... si, par mégarde, il existe, c'est un sacré enfoiré... On a tué un kangourou et il n'a rien fait contre malgré notre supplique... S'il existe, il l'aurait l'exaucé notre supplique, et nous aurait convaincu de son existence. Objection votre honneur, comme on disait dans un certain cinéma américain des années 50 : comment savoir qu'un événement ne soit pas survenu, c'est imputable à l'intervention d'une puissance divine. D'accord, objection recevable. N'empêche, on aurait beaucoup aimé que le choc mortel avec ce pauvre ne survienne pas même si le fait que cela soit advenu prouve que Dieu n'existe pas ou s'en fout, ce qui revient donc au même. Pourquoi croire en quelqu'un qui s'en fout de ce qui se passe dans son royaume...

PAS DE KANGOUROU AU MENU

 

Arrivé au restaurant, nous sommes précipités constater les éventuels dégâts que ne pouvait qu'avoir induit l'impact. Il y en avait pas, pas l'ombre, pas le moindre soupçon d'un cabossage, pas une tache de sang... pourtant le choc avait bien existé, lui... Un miracle... dirait un croyant...

A table, on nous a apporté le menu. Nous l'avons vite parcouru : Ouf! Y avait pas de kangourou au menu... un autre miracle... dirait un croyant.

Après Melbourne, nous nous sommes envolés pour la Tasmanie, la petite île sœur, au sud-est l'Australie. Pourquoi, on y fait du vin là-bas. Ca peut surprendre, mais oui, on y fait du vin et pas du mauvais du tout (enfin, se dit le lecteur attentif, les Deux singes vont parler vin, unique objet de leur déplacement; eh, bien non, fidèles à notre engagement, prière de se reporter au site de La revue du Vin de France). La seule concession qu'on peut faire, c'est de dire qu'il n'est pas mauvais, mais pas mauvais du tout et qu'on y a rencontré des vignerons à l'ancienne, des personnalités fortes, un couple de Suisse germanique qui a tout largué à la cinquantaine pour filer aux antipodes extraire de la vigne son jus divin, un Italien de la 5° génération, apôtre de la bio-dynamique, et un autre Italien de la 2° génération, ayant une vague ressemblance avec Fausto Coppi.

Avec la Tasmanie, plus étendue que la plus grande région française (le Midi-Pyrénées), 68 000 km2, on s'attend à trouver une sorte d'Irlande verdoyante des mers australes, et on y rencontre des paysages dignes de la Castille ou de l'Aragon, surtout en son centre grande région céréalière. La surprise est grande... Tout voyageur sait d'avance que la réalité ne correspond jamais à l'image qu'il se fait d'avance, à partir de lectures fugaces ou d'indicibles reportages télévisés qui ne donnent que des visions fragmentaires... Donc pas étonnant si la culture de la vigne date de l'arrivée des premiers prisonniers que l'Angleterre envoyait le plus loin possible pour d'en débarrasser.

 

vignoble de Tasmanie.jpg


Après la Tasmanie, nous sommes allés dans la Hunter valley, avec une escale rocambolesque à propos d'hôtel à Sydney, sujet de notre prochaine chronique. La Hunter valley (Vallée du chasseur) est une grande vinicole (vous savez où lire la suite). Mais disons, qu'avec ses forêts denses, ses petites routes un peu défoncées et inondables, sous un ciel bas, qu'elle a gardé un aspect un peu sauvage, qu'elle mérite son nom.

 

Hunter Valley.jpg



Enfin, nous avons conclut notre périple par une traversée en trois jours en train de l'Australie de Sydney à Perth en passant par Adélaïde. On vous racontera ça prochainement....

Donc à suivre

 

 

 

 

 

 

Commentaires

j ai bien aime ton periple en australi

Écrit par : moncef | jeudi, 01 mars 2012

Les commentaires sont fermés.

 
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