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mardi, 27 mars 2012

CHRONIQUE D'UN CONCOURS EN AFRIQUE DU SUD

LE « CLASSIC WINE TROPHY AU CAP » : RESULTATS 



 

Par Ricardo Uztarroz & Claude Gilois

  

La XIV° édition du « Classic wine Trophy », le plus important concours œnologique d'Afrique du sud, s'est tenu du lundi 5 au vendredi 9 mars au Cap, sous le signe de la rénovation, la formule en vigueur depuis son origine ayant montré ses limites au fur et à mesure que l'événement prenait de l'importance.

« Il faut y aller cependant progressivement dans les changements qu'on veut introduire, ne pas tout bousculer », a dit son organisateur Christophe Durand, un Normand, lui-même un producteur local dont les vins, Les vins d'Orrance, ont acquis une renommée internationale et sont importés en France par Valade et Transandines.

Première manifestation de cette volonté, le concours a déménagé. Il a quitté la salle en sous-sol, un peu sinistre, de l'hôtel du centre ville où le jury siégait jusqu'alors, pour une annexe du prestigieux hôtel 5 étoiles, le Table bay hôtel, sur le Warterfont, l'ancien port qui s'est mué en haut-lieu touristique, où descendent la plupart des célébrités mondiales quand elles visitent le Cap.

 

Christophe Durand pendant la remise des prix.jpg

Christophe Durand: l'organisateur du concours

La baie vitrée de cet annexe, baptisée Le Pavillon, donne directement le port de pêche avec ses chalutiers de haute-mer amarrés le long du quai. Ce changement de cadre a assurément symbolisé le désir d'un nouveau départ du concours vers le grand large.

Autre innovation, les vins ont été noté dès la phase éliminatoire afin de restreindre le plus possible la part d'aléatoire dans le choix des finalistes. Précédemment, la sélection se faisait de manière plus subjective et expéditive. On goûtait et on décidait par un « on garde » ou un « on garde pas » si le vin était retenu ou pas, sans avoir à argumenter et à le noter. La méthode doit s'affiner dans les années à venir pour que le concours s'impose comme la référence nationale indiscutable, ce à quoi il aspire.

Comme tous les ans, son verdict, rendu public le vendredi soir lors d'un dîner de gala très couru, était très attendu par les professionnels du pays car, la singularité de ce concours, est de faire juger les vins sud-africains par des palais Français. Or, pour le monde entier, la France demeure encore le maitre-étalon.

«  Cette édition a confirmé la progression constante de la qualité des vins sud-africains, a estimé Claude Gilois, un pilier du jury. Même si les cabernets sauvignons et les chardonnays demeurent les valeurs sûres de la viticulture locale, d'autres cépages tels les pinotages, les viogniers, voire aussi des assemblages type rhône, font leur apparition au palmarès, attestant d'une volonté de diversification. Les pinots noirs atteignent désormais des niveaux qui les rangent dans la catégories très bons vins. En revanche, les sauvignons déçoivent toujours du fait qu'ils sont récoltés trop tôt. »

Conformément à une habitude établie depuis plusieurs années déjà, les vétérans du jury, Olivier Poels, de La revue du vin de France, Claude Gilois, le chasseur de crus, l'homme qui a parcouru tous les vignobles du monde, de retour à peine d'une expédition australienne, Denis Garret, chef sommelier, spécialiste des champagnes et des alcools, Jean-Luc Sweerts, Belge Africain, vinificateur, entre autres, s'étaient retrouvés dès le samedi.

 

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Monsieur et Madame Poels ( à gauche)

Le jury-vedette était cette année Benoît Prévost, maître de chai au Château Bon Pasteur dans le bordelais, collaborateur depuis 20 ans de Michel Rolland, consultant en Argentine et au Chili, lui-même à la tête d'une petite propriété familiale. Il succède François Villard, l'étoile mondiale des Côtes du Rhône.

 

Vincent Darnagou (Sponsor), Christophe Durand et Benoit Prévost du domaine Bon Pasteur.jpg

Vincent Darnagou (Sponsor du concours), Christophe Durand et Benoit Prévost du domaine le Bon Pasteur

L'ancien pilier du XV de France, Peter de Villiers, descendant une vieille famille huguenote d'origine française du Cap, qui s'est reconverti en France dans la viticulture avec quelques copains de l'ovalie, et dans l'immobilier avec son frère dans son pays natal, faisait partie du jury.

 

Les organisateurs après le concours- A noter le celebre rugbyman Pieter De Villier à droite.jpg

Les organisateurs et juges après la remise des prix: A noter deux  piliers d'exception. A gauche Jean Muller, le seigneur des caveaux, pilier de comptoirs et et droite Pieter De Villier (69 sélections en équipe de France)


Pour se faire les papilles, tout ce petit monde s'était donc donné rendez-vous le samedi midi pour une dégustation de quelques grands crus australiens, néo-zélandais, argentins, espagnols, italiens, au Caveau, en plein cœur du Cap, un restaurant renommé, tenu par un Alsacien, Jean Muller, un ancien roi du cocktail des bars londoniens, lui aussi un pilier du jury. Pour certains, la dégustation se prolongea par un petit casse-croûte arrosé chez ce dernier que sa mère avait préparé.

Ne pas mentionner que quelques grandes vieilles bouteilles de pinotage, un cépage local, apportées par les convives sud-africains, furent soumises à l'avis des présents de la dégustation, serait commettre un grave impair, d'autant que d'aucunes laissèrent certains d'entre-deux pantois, confirmant que ce pays peut donner de « belles choses » comme le souligna l'un des participants étrangers.

Les deux premières journées, consacrées à la phase éliminatoire, étaient particulièrement chargées. Elles commençaient à 9 heures et se terminaient aux environs de 13 heures.Le jury a dû faire son tri parmi quelques 350 bouteilles. Un chiffre un peu en recul par rapport à l'année dernière, dû au fait que des producteurs sachant qu'ils n'avaient aucune chance ont renoncé à envoyer des échantillons.

Cette réduction est aussi le gage d'une crédibilité.

Le dîner de gala, qui s'est tenu dans la même salle où avait siégé le jury, s'est déroulé dans une ambiance bon enfant. Il était animé par Christophe Durand et chaque lauréat était chaleureusement applaudi par ses pairs.


LES GAGNANTS

TROPHEE BACKUS

Domaine Glen Garlou


MEHODE TRADITIONELLE

Boschendal Grande Cuvée Brut 2007

 


MEILLEUIR BLANC

Hamilton Russel Chardonnay 2010


MEDAILLES D'OR BLANC

Glen Garlou Chardonnay 2010

Julien Schaal Chardonnay 2011

Saronsberg Viognier 2010

Teddy Hall Dr Jan Cats Chenin Blanc Reserve 2010


MEUILLEUR ROUGE

Super Single Vineyards Mount Sutherland Syrah 2009


MEDAILLES D'OR ROUGE

Cape Chamonix Reserve Pinot Noir 2010

Delaire Graff Botmaskop 2009

Glen Carlou Gravel Quarry Cabernet Sauvignon 2008

Groot Constantia Pinotage 2010


Perdeberg Reserve Shiraz 2010

Groot Constantia Shiraz 2009

KWV The Mentors Shiraz 2009


LIQUOREUX

 

Perdeberg Winery Riesling Natural Sweet 2010


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