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mercredi, 09 mai 2012

Document Technique: vin et viticulture en Inde: Deuxième partie

DU VIN DE QUALITE  EN INDE

Une gageure 

     ET POURTANT…


Claude Gilois et Ricardo Uztarroz                  

Deuxième  partie

 RENAISSANCE INDIRECTE

 

Comment, dans des circonstances aussi contraires qui prévalaient, à la fin du siècle dernier, la viticulture indienne a pu renaître? L’impulsion décisive a été la conséquence indirecte de l’encouragement  du gouvernement, à partir de 1980, à  accroître la production de raisin de table dans la perspective de dynamiser son exportation. Dans la foulée, se crée en 1985 un premier domaine, le Château Indage, dans la vallée de Sahyadri, suivi par la création du domaine Grover dans la région de Bangalore et, finalement, en 1999, celle de Sula dans la région de Nahsik.

Aujourd’hui,  le vignoble couvre  68 000 hectares. Seulement  environ 20% sont destinés au vin, le reste à la table. Les cépages internationaux de la variété vitis vinifera ne représentent que 1% de l’encépagement total. Les rendements sont particulièrement élevés, de 25 à 30 tonnes à l’hectare. La production du raisin de table est l’activité agricole la plus florissante du pays.

Ce sont les domaines de Grover et de Sula qui révèleront au monde, en début 2000, qu’il était possible de faire, en dépit des obstacles liés à sa localisation, des vins de classe internationale. Cela avait été rendu possible d’abord en recourant à des variétés de Vitis Vinifera, qui se sont bien adaptées dans les régions les plus fraîches, ensuite en réduisant la récolte à une seule vendange l’an. Enfin ont été éliminés tous les hybrides, comme le Bungalore Blue ou le Thompson Seedess,  dans la production de moûts. A cela s’est ajouté le recours à des compétences étrangères que ne disposait pas le pays, viticulteurs, maîtres de chai, consultants expérimentés et de renom international. Ce travail préalable a été parachevé par la création de réseaux de distribution adaptés  au marché local, qui concentre dans les grandes villes.

Puis, en dernier ressort, un lobbying, parfois forcené, a été mené auprès des autorités pour obtenir une réduction substantielle des taxes et droits jusqu’alors prohibitifs qui étaient appliqués au vin. Il y a quelques années, ils s’élevaient à 500%. Aujourd’hui, ils ont été ramenés à 150%. Ce qui demeure encore très élevé.

 

Certes la viticulture sous des latitudes tropicales n’est pas, loin s’en faut, une partie de plaisir. Mais il semble bien, désormais, que le marché indien en vaille la chandelle. La consommation est en hausse continuelle.  En 2006, elle s’élevait à 7,6 millions de litres,  en 2007 à 8,2, en 2010, elle a été estimée à 10 millions[i]

Aujourd’hui, seuls 25 millions d’Indiens, autrement dit 2% de la population [ii], boivent du vin alors que la classe moyenne est estimée à 300 millions d’individus [iii]. Le potentiel du marché est donc énorme.


La concurrence étrangère, essentiellement du vin en vrac (74% des importations), peinant à percer compte tenu des taxes, l’industrie viticole indienne a donc un boulevard devant elle. Elle couvre 85% des besoins nationaux. Cette position dominante est un atout qui arrive à point nommé. De plus, l’Inde a des infrastructures touristiques de première qualité dans les grandes villes de Mumbay, Bungalore, Delhi et à Goa, en bord de mer, ou, encore, au Rajasthan où certains des plus beaux palais ont été reconvertis en palaces, qui proposent les meilleurs vins locaux. Dès 2006, cette hôtellerie de luxe a constitué le principal débouché. Elle représente 80% de la consommation totale, 76% de la consommation des vins « Premiums » nationaux et 88% de la consommation des vins importés xv..Cette concentration facilite la distribution, d’autant que celle-ci se heurte à bien des tracasseries résultant du fait que l’Inde est un pays fédéral.  Les réglementions et les taxes y varient d’un état à un autre. A cela s’ajoute aussi l’obstacle des distances au développement du marché. Par ailleurs, des  infrastructures oenotouristiques se mettent en place, en particulier dans la région de Nashik sous l’impulsion des meilleurs producteurs.

La situation macro-économique avec ses taux de croissance  élevés est favorable. La consommation augmente de 25% à 30% l’an xv, [iv]..

Certes la viticulture et la qualité devront progresser.  On évalue que la production des vins de classe internationale représentent seulement 20 à 40% de la production totale[v] [vi]. Cela se fera automatiquement, à mesure que les nouveaux vignobles de Vitis Vinifera arriveront  en production pour remplacer les hybrides.

 

Voilà ce qui nous fait dire que le futur viticole de l’Inde s’annonce prometteur. [vii]


LES PRINCIPAUX DOMAINES

 

L'ETOILE DU SULA AU FIRMAMENT DE LA CULTURE DE LA VIGNE ET DE L'ELABORATION DU VIN

 

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 Rajeev Sarmant le PDG de Sula

Situé à 180 km de Munbai  au nord est  dans le district de Nashik, le domaine a été crée par Rajeev Sarmant, un diplômé en électronique de la prestigieuse université de Stanford qui devenu directeur financier de chez Oracle dans la Silicon Valley californienne. Il a été le premier à planter des cépages internationaux inconnus en Inde (sauvignon, chenin blanc) sur la propriété familiale de 12 hectares après qu’il eut constaté que la cette région était particulièrement propice à la culture de la vigne. Il s’attacha très tôt les services d’un éminent  consultant viticulteur  californien  Kerry Damskey. Les premiers vins furent commercialisés en 2000 et reçurent immédiatement l’accolade de la profession et ce fut un succès immédiat. En 2002 et fallut ajouter un nouveau chai et un troisième d’une capacité de million de litres  en 2005. Aujourd’hui le domaine possède 1500 hectares de vigne en pleine propriété ou en fermage. Outre le sauvignon blanc et le chenin, le domaine a aussi planté du cabernet sauvignon, de la syrah, du zinfandel et du merlot. Le sauvignon blanc est plus qu’intéressant, bien typé, sans douleur et sans végétal avec une petite pointe d’exotisme et  de menthol. La Dindori Shiraz, produit à partir d’une  parcelle sur coteau dans la région de Dindori, est un vin de classe internationale concentré dans un style nouveau monde ce qui prouve encore une fois que la viticulture sur coteaux produit des qualités de raisin supérieures à la plaine en particulier dans des régions viticoles pluvieuses. Le zinfandel rivalise favorablement avec  un bon nombre de vins californiens fait à partir de ce cépage.

 

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L'étoile de Sula

Avec  la faillite de d’Indage en 2010, Sula a dû assumer le rôle de leader de la production viticole en Inde. Rajeev Sarment, Le  CEO de Sula déclare ‘Le rapide développement de Sula (positionné   à l’origine sur le segment de marché ‘haut de gamme’,) suite à la faillite d'Indage a eu pour conséquece   une baisse de la qualité de nos vins premiums car nous n’avons pas su séparer les deux productions. C’est un problème que nous devons résoudre rapidement.



GROVER VINEYARDS: SOUS LE CONTROLE DU CELEBRE CONSULTANT MICHEL ROLAND

 

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Le vignoble de Grover

En 1983 l’indien  Kanwal Grover et Georges Vesselle, le champenois commencèrent  à s’ intéresser   au  terroir viticole de l’Inde afin  d’établir  leurs propres vignobles. Ils plantèrent 33 cépages internationaux dans trois  régions  différentes, Maharastra, Andhra Pradeshet  Kamataka avant d’arrêter  finalement leur choix en 1988 sur la région de Nandhi Hils à 50 kilomètres au nord de Bungalore dans le Kamataka. La sélection fut réduite à 9 cépages et les premiers vins mis sur le marché en 1992. C’est en 1995 que Grover s’attache les services de Michel Roland, œnologue consultant. Le domaine s’étend aujourd’hui sur 164 hectares principalement plantés en cabernet sauvignon, shiraz, viognier et sauvignon blanc. Le climat à Nandhi Hills est particulièrement bien adapté à la culture de la vigne. Les températures varient entre 23 et 29 o en été et de 11 à 21 0 C en hiver et les collines de Nandhi protègent en partie le vignoble de la mousson.

Les vignobles de Grover, bien que situés dans une région viticole plus fraîche que celle de Nashik, ne bénéficient pas des amplitudes thermiques de cette dernière située plus en  altitude. Les vins de Grover   sont plus opulents  que ceux de Sula sans qu’on sache si ces différences reflètent des différences réelles de températures ou si ces différences sont à attribuer  aux  conceptions  de Michel Roland sur la maturité des raisins et sur le style de vin qu’il imprime généralement en tant que consultant et œnologues sur les nombreux domaines français et étrangers pour lesquels il consulte. Le meilleur vin du domaine est un assemblage de Cabernet Sauvignon et Shiraz provenant des meilleures parcelles et élevé en barriques françaises. 

 

NASHIK: LA CALIFORNIE INDIENNE

A Niphad, à L’est de  l’Etat de Nashik on trouve 4 producteurs  importants, Reveilo, Sailo, la  cooperative Vinsura Winery et  MIDC Wine Park. Revello  possède des chais les plus modernes de la région et  ses meilleures cuvées  se retrouvent dans tous les grands hôtels et restaurants. Le domaine s’est spécialisé dans les cépages italiens avec du sangiovse, du nero d’avola et du  grillo, un cépage utilisé pour l’élaboration du Marsala en Sicile et de plus en plus utilisé aujourd’hui  pour des vins non mutés.

 

Vignobles de Sula.jpg

Vignoble de Sula à Nashik

A l'ouest de Nashik, plus proche de Mumbai, juste à l'extérieur de la ville de Igatpuri, on trouve deux domaines dont Indus, qui sous le contrôle d'un vinificateur australien, est le seul domaine qui utilise uniquement la gravité pour le transfert des moûts et des vins.. L'encépagement est en chenin blanc, viognier et grenache. 

Château d’Ori [1] situé sur les collines de Nehra-Ohri hills a un chai circulaire ultra moderne  à la bordelaise  qui peut accommoder 72  cuves.  Les cépages plantés sont le cabernet sauvignon, le merlot (la plus importante plantation de merlot en inde), la syrah et le chenin blanc, le sauvignon blanc et le chardonnay pour les blancs.

Le projet le plus ambitieux est celui de UB Wines[2] à Baramati à une heure de Pune. Des investissements énormes ont été réalisées pour l’équipement du chai et l’ambition du domaine est de devenir le plus gros producteur de vin en Inde. On y planifie déjà un Hotel Spa avec piscine et même un héliport.  Le domaine de Mandala Valley [3] situé dans la région de Bungalore s’est attaché les services Du Dr Pascal Chatonnet, Œnologue et propriétaire de vignobles à Saint Emilion. Toujours dans la région de Nashik on trouve aussi Renaissance Wine[4] et Vintage Wine qui produisent des vins de qualité.



[1]www.chateaudori.com/

[2]www.ndwines.com/

[3] www.mandalavalley.com/

[4]www.renaissancewinery.in/


  

 

 

 

 

 

 

 

 



[i] Aquitaine International, lundi 2 novembre 2009 à 14:39 :: Info marchés

[ii]http://indianwine.com/cs/blogs/indian_wine_news_and_messages/archive/2010/01/06/indian-wine-industry-2010-and-beyond-business-today.aspx

 

[v] Aquitaine International, lundi 2 novembre 2009 à 14:39 :: Info marchés

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