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jeudi, 12 juillet 2012

SINGES EN HIVER

VISITE DU CHATEAU DE LOEI AU NORD DE LA THAILANDE (première partie)


 

Encore une visite qui tourne mal

 Ricardo Uztarroz & Claude Gilois

Faire du vin en Thaïlande relève d’un vrai défi qui semblait  insurmontable il y a encore à peine deux décennies. Les pluies de mousson favorisent le développement de l’oïdium et du mildiou. L’humidité varie en 60 et 80%. Les températures oscillent entre treize et quarante degrés, ce qui prive la vigne de son cycle dormant. Deux vendanges par an sont possibles. Les domaines qui misent sur la qualité ont la sagesse de n’en faire qu’une.

L’aventure viticole a commencé ici en 1991, à l’ initiative du docteur Chaijuarth Kamasuta, un passionné. Lors de l’un de ses voyages en France, il avait noté que la vallée du Phu Rua, à six cents mètres d’altitude, proche de la frontière laotienne, ne manquait pas de similitude avec certaines régions de notre Midi. A part un détail : le climat. L’homme est intrépide. Dans un domaine qu’il possède appelé château de Loei, il se risque à planter du chenin blanc et de la syrah. Trois ans plus tard, il fait sa première vendanges et produit son premier vin, qui s’exporte en Europe du nord et au Japon.  Cela lui vaut une modeste réputation internationale. Et un succès suscitant toujours des émules, d’autres lui emboîtent le pas. C’est ainsi que la Thaïlande compte ainsi aujourd’hui six autres domaines viticoles dans trois ragions, au nord, au centre et au sud du pays.

 

chateau de loei.jpg

Nous arrivâmes a Bangkok un vendredi en plein milieu d’un deuil royal et  Il ne nous  fallu pas plus d’une demi-journée et de quelques courses en taxi  pour nous donner un avant goût de ce qu’allait entre notre périple, une épopée de Pieds Nickelés. Les chauffeurs nous regardaient avec des yeux ronds bien qu’ils furent bridés quand nous leur répétions le nom de notre hôtel sur tous les tons et inflexions possibles : Inn-terr-conn-tinen-talle. Rien  à faire, ce borborygme ne leur évoquait rien. Un  quidam fut appelé à la rescousse mais en vain. Un clampin de passage, lui aussi  interpellé, ne fut pas non plus en mesure  de débrouiller l’affaire. C’est alors que Claude eut un trait de génie, comme cela lui arrive parfois. Il dégaina son portable, téléphona  à l’hôtel et le passa au taxi qui dit ‘ Oh yes Ouitilchcontelnouintele’ . C’était bien ce que nous avions voulu dire !!

Le concierge, le chasseur, le caissier, le réceptionniste francophone, la préposée aux excursions anglophone, le balayeur etc. Pratiquement tout le personnel de l’hôtel nous accompagna jusqu'à  notre voiture qu’on venait de nous livrer, comme ci c’était notre dernière demeure. Penchés sur le plan de la ville, ils nous avaient montré comment sortir de Bangkok . On tournait à gauche ; dix rues plus loin, il y avait une rampe d’accès à l’autoroute aérienne  qui filait tout droit jusqu’à notre destination. Nous nous  sommes perdus et après des tours et des détours, nous sommes tombés sur une autoroute aérienne qui ne pouvait qu’être la notre, sauf qu’il n’y avait pas de rampe. Nous avons suivi l’autoroute pendant une heure avant de nous apercevoir que nous avions pris la direction opposée à celle qu’il fallait emprunter. A un carrefour tentaculaire, nous nous sommes précipités sur la première sortie venue pour arriver sur un chantier routier. Les ouvriers prenaient leur pose de midi. C’est là que nous avons compris  toute la difficulté à discuter et  à dialoguer entre individus qui parlent une langue qui n’a rien en commun avec celle de l’autre et ne partage pas le même alphabet. Notre carte était en anglais. Finalement l’un des ouvriers est monté avec nous et nous a dirigé vers une fourche , nous indiquant par geste de suivre la voie de gauche. Face à la fourche  et ses trois branches, ne sachant que faire, nous nous avons opté pour le compromis-en, général la pire des solutions- sauf peut-être en politique- et nous nous sommes engagés sur la voie du milieu. Deux heures plus tard nous étions de retour au même carrefour sans savoir comment in pourquoi.  Nous avions roulé quatre heures et nous étions toujours dans la grande banlieue de Bagkogk. Claude avait estimé que nous avions tout au plus trois heures et demie de route en conduisant en dilettante. 

 

BKKTraffic.jpg


Dix heures plus tard, à la nuit tombée, nous errions à la recherche de notre hôtel. Sans rencontrer âme qui vive . Complètement égarés, nous roulions  dans un labyrinthe de petites routes vicinales tortueuses, au milieu d’une foret dense, d’après ce que nous laissait entrevoir les faisceaux des phares…….. A suivre…..

 Extraits du livre: Le tour du monde épicuriens des vins insolites.

le tour du monde épicurien des vins insolites.jpg

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