Avertir le modérateur

dimanche, 07 octobre 2012

UN VIN CULTE A PRIX RAISONNABLE...PEUT-ETRE PLUS POUR TRÈS LONGTEMPS

RIDGE MONTE BELLO (SANTA CRUZ MOUNTAINS, USA)


Claude Gilois

Ce vin ne doit en rien son statut de vin culte aux critiques dithyrambiques et aux notes stratosphériques des critiques américains. Il le doit d’abord à son terroir d’exception au sommet du Monte Bello dans les montagnes de Santa Cruz en Californie à 120 kilomètres au sud de San Fransisco. Il le doit  aussi  au talent  de Paul Draper (et son équipe),  qui   façonne ce terroir depuis plus d’une quarantaine d’ années. Il le doit enfin aux  inconditionnels du  vin qui n’hésitent  pas à  l’acheter,  ‘en primeur’, année après année créant ainsi un fan-club loyal  qui souvent, de bouche à oreille, entretient son mythe de vin culte.

 

Paul Draper à Paris.JPG-1.jpg

Paul Draper à Paris

 Fondé en 1885, il fut victime de la prohibition (1919-1939) et fut abandonné en 1940. Il  ne renaquit  qu’au début des  années soixante quand il fut repris par une poignée d’ingénieurs formés à la prestigieuse université californienne de Stanford. C’est en 1969 que Paul Draper arrive au domaine avec une expérience viticole au Chili. Paul Draper a une approche plus philosophique que technique qu’il tire de sa formation universitaire en philosophie à l’université de Stanford. Il passera aussi une année en formation à la Sorbonne qui lui donnera l’occasion, entre autres,  d' approfondir sa culture des grands vins français. En 1971, Paul Draper devient officiellement  le maître de chai, position qu’il occupe encore aujourd’hui.

Le vignoble, entièrement sur coteaux, à une altitude entre 400 et 900 mètres, est situé seulement à 15 kilomètres de l’océan Pacifique et surplombe la Silicon Valley  . Les sols sont  pauvres composés d’argile, de pierres vertes, déposées sur un substrat de calcaire (unique en Californie). Toutes les conditions sont réunies pour produire un vin peu chargé en alcool pour un californien (12,5-13,50) avec de l’acidité, de la minéralité mais aussi une structure tannique qui peut   parfois  être un peu imposante en début de vie du vin. Le vignoble de 23 hectares est majoritairement encépagé en cabernet sauvignon, merlot et petit verdot.

 

monte-bello-2240x1488.jpg

Une partie du vignoble de Monte Bello

La proportion de merlot a augmenté depuis  1998. Elle a été multipliée par 2,5 sur la décade 1998-2008 par rapport à la décade 1988-1998  au grand dam des aficionados d’un  Monte Bello majoritairement   cabernet. Cela donne parfois des millésimes atypiques  comme en 2001 ( 36% de merlot) . On peut aussi  constater que l'augmentation de la proportion de merlot dans l'assemblage correspond en général  à une revalorisation des notes Parker  (99/100 en 2001), la plus grosse note jamais obtenue par le Monte Bello. De telles notes sont en général l'annonce d'un spéculation sur le vin mais Paul Draper est un vieux routier qui possède un très bonne connaissance des marchés et qui préfère que ses vins  soient consommés par des amateurs plutôt que des spéculateurs ou des buveurs d'étiquettes.

Les rendements sont maîtrisés à  2 tonnes par hectare et les raisins sont vendangés à la main. La vinification est très traditionnelle  et peut être décrite comme non interventionniste avec une fermentation alcoolique  et malo-lactique en levures et bactéries indigènes. Le  vin n’est pas collé et est légèrement filtré à la mise. L’utilisation du soufre est minimale ( 35 ppm lors de l’éraflage   et 80 ppm durant l’élevage). le vin est ensuite  élevé en barriques américaines faites à partir de bois  séchés à l’air libre pendant trois ans et  provenant, en majorité, du Missouri. C’est sans doute Paul Draper, qui, avec son Monte Bello,  a le mieux su faire la jonction entre la tradition  de la vieille Europe et le dynamisme de l’industrie viticole californienne renaissante. 

Empillement des barriques à Ridge.jpg

 

Empilement des barriques à Monte Bello: manque de place oblige (photo Claude Gilois)

Quand on goûte le vin en barrique au domaine,  c’est sa suavité qui impressionne mais attention le vin se referme en bouteille pendant plusieurs années  car à Ridge il n’y a pas de micro-bullage ou d’excès de bois pour masquer ou assouplir les tannins. Le Monte Bello est un vin de garde qu’il faut attendre au minimum  15 ans  voire même 20 ans ans avant de retrouver cette suavité sublimée par l’élevage qui le caractérise.  La proportion de  merlot, plus importante aujourd'hui, le rend approchable en début de vie . Je ne peux pas m'empecher de penser que le terroir  de Monte Bello est, comme celui la Napa, un plus grand terroir pour le  cabernet sauvignon que pour le merlot  merlot et que les plus grands vins sont ceux qui possèdent une proportion très importante de cabernet. 

Le Monte Bello  pourrait même légitimement revendiquer le statut de numéro un mondial du cabernet sauvignon ou des assemblages bordelais ( on le décrit souvent comme le Latour californien)  si on s’en réfère aux résultats de dégustations comparatives  de ces quarante dernières années et dont nous avons parlé plusieurs fois  dans  ce blog (03/05/2010). Mais Paul Draper est un homme modeste et qui se garde, bien, et  à juste titre, de  postuler  à un titre purement honorifique préférant  laisser  le vin parler de lui-même.

 In vino veritas !!

 

Une vertical de 11 millésime de Monte Bello.jpg


PS: On trouve encore quelques vieux millésime de Monte Bello à des prix plus que raisonnables. Me contactez si vous êtes interessés

 

Mointe Bello 1991.jpg

le millésime 1991, le Monte Bello qui me procure les plus grandes émotions

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu