Avertir le modérateur

mardi, 18 décembre 2012

BIODYNAMIE

LA BIO-DYNAMIE 

COMMENTAIRE ET.... COMMENTAIRES  SUR  COMMENTAIRE


 Claude Gilois

Nous avons reçu plus qu’un commentaire sur notre article. Un  vrai article sur l’article et qui, compte tenu de sa qualité,  nous incite à le publier aujourd’hui dans son intégralité avec nos commentaires d'où le titre un peu emberlificoté de cette note.  

Il émane peut-être (sans doute) de  Franc Dubourdieu, ingénieur agronome et oenologue, médecin et aujourd’hui consultant. Il est aussi auteur de guides de dégustation. Il  vient juste de publier le live, ‘Du terroir à la guerre du goût.  Il est l’auteur d’un article très complet sur la bio-dynamie accessible sur avec le lien suivant : www.franckdubourdieu.com/pdf/237.pdf 

Comme cette contribution a été reçu sous l’avatar de Baufrays, celui-ci identifiera donc notre commentateur dans ce texte.

 

BAUFRAYS : Votre article est intéressant vu qu'il soulève quelques questions importantes! Il est vrai que la biodynamie relève de l'incompréhension de la plus part des agriculteurs....Au même titre que l'agriculture bio soit dit en passant... Cependant, l'agriculture bio et la biodynamie, même si nous n'en connaissons pas encore tous les tenants et aboutissants, sont les voies d'avenir au regard de l'impact positif sur l'environnement.

 

Claude Gilois : Il est incontestable que l’agriculture biologique et bio-dynamique sont un grand pas dans la bonne direction par rapport à la culture du tout  chimique ou même raisonnée. La contribution majeure de Steiner est son refus du tout chimique  et de l’unicité  du domaine agricole où les composantes entre ses divers constituants, bétail, arbres, cultures, champs etc.. doivent être en équilibre.

Pour le reste de la théorie, et en tant que scientifique, je n’adhère pas à  des concepts qui proviennent de l’occultisme même si je perçois un côté poétique dans leur formulation .

BAUFRAYS Sur ce point, votre dernier paragraphe est interpellant... Remettons juste quelques précisions: 1: par exemple, la roténone est actuellement interdite d'utilisation depuis octobre 2011, ce produit de très faible rémanence était en effet toxique pour l'utilisateur lors de la manipulation et l'épandage comme le sont également les produits conventionnels toujours en circulation.

 

Claude Gilois :  C’est exact que la roténone est interdite depuis 2011  mais il aura fallu du temps car ce composé est impliqué dans le développement de la maladie de Parkinson sans aucun signe avant-coureur ou de symptômes annonciateurs. Ce qui prouve bien encore une fois que, produit naturel signifie pas produit non toxique.

 

Baufrays: Les producteurs n'ont malheureusement souvent pas le choix faute de produits de remplacement.... 2: il y a une quinzaine de matières actives autorisées en bio contre pas moins de 700 en conventionnel! Les moyens de recherches sont disproportionnés à cet égard et la filière bio doit lutteur pour trouver des fonds pour la recherche! La lutte bio est moins lucrative car prône plus d'autonomie au sein même du vignoble. Le coût des recherches et de l’homologation est énorme alors que le marché reste encore petit! 3: Les pratiques d'évaluation des matières actives naturelles sont inadaptées! Elles sont calquées sur celle des produits conventionnels chimiques qui sont à haut degré biocide. Les producteurs bio ne demandent pas un tel effet, ils veulent juste réguler la pression sur le vignoble, non la détruire. 4.Les quantités de produits ne sont, contrairement à ce que l'on sous entend ici, pas intensives et ni exagérées. En effet, les doses appliquées sont en général inférieures à celles préconisées (ex: le cu: dose autorisée max 6kg/ha/an et la moyenne effectivement épandue est de 4 kg)et, de manière générale, l'effet est atténué vu leur mélange aux extraits naturels comme le purin d'orties et d'autres décoctions.

 

Claude Gilois : On voit bien, qu’aujourd’hui, cette conception de la toxicologie basée la relation dose-effet (c’est la dose qui crée l’effet) ne tient plus la route car beaucoup  de substances toxiques  sont des perturbateurs endocriniens qui agissent à des concentrations infirmes souvent dans l’utérus. C’est en général la forme de la molécule et non pas la dose qui est l’élément toxique. Au moment où la France et peut-être l’ Europe, s’engagent dans la voie de  l’élimination des perturbateurs endocriniens avec l’interdiction du bisphénol A, il serait sans doute imprudent de s’en référer au modèle vieillissant et dépassé de l’évaluation toxicologique.

Quant au cuivre utilisé en agriculture biologique et bio- dynamique, il a bien failli subir le même sort que la roténone et ne pas être inscrit à l’annexe 1 de la directive européenne 91/414 sur les produits autorisés par l’ Europe.  Jusqu’en mai 2008, le cuivre faisait en effet partie des molécules que la commission de l’ Environnement du Parlement désirait éliminer – un souhait partagé d’ailleurs par plusieurs États membres et il est déjà interdit aux Pays-Bas depuis 1999. En Allemagne, « L’agence fédérale pour l’ Environnement considère que l’usage du cuivre représente un risque inacceptable pour l’environnement, en particulier pour les oiseaux, les petits mammifères, les vers de terre et les organismes aquatiques ». Certes les doses de cuivre ont fortement baissé car elles  étaient il y a quelques années de 20 kg//ha/par an, mais, quand même, on a peine à croire que déverser 5 kg de métal pendant des dizaines d’années n’aura pas de répercussions sur les sols.  On peut donc légitiment s’interroger sur l’impact phytosanitaire  de l’agriculture biologique au point de penser que l’usage occasionnel  de produits de synthèse pourrait être préférable à l’utilisation de produits Bio, en particulier quand les conditions sont particulièrement défavorables comme en 2007. Cette année-là, un bon nombre  de viticulteurs en agriculture biologique avaient soit préférez sortir de l’appellation Bio  pour ne pas perde leur récolte ou voir leur récolte détruite mais rester dans l’appellation Bio. Si l'on peut tenter de faire une analogie, conseillait-on de soigner une maladie infectieuse ou un cancer avec les médicaments qui nous servent pour les mots de tous les jours ou choisirait-on plutôt des formes de traitement plus agressives? Certes , le temps de récupération est plus long mais au moins cela donne une meilleure chance d'avoir la vie sauve.

 

Baufrays: De plus, dans une gestion du vignoble en bio ou en biodynamie, l’environnement direct du vignoble, sert également d'abris lors des pulvérisations pour toute une faune et flore qui peut donc à nouveau coloniser le sol rapidement. L'équilibre est ainsi préservé. 5. Le nombre de passage au vignoble est un peu plus important, de l'ordre de deux à trois passages en plus. Les passages comprennent également le travail de la vigne en général qui est plus important en bio. Il faut dire que les vignobles en bio ont leur emprunte carbone de 15 à 20 fois inférieure à celles dites conventionnelles et les vignobles conduits en 'raisonné' sont 10 fois moins énergivores que le conventionnel. Pour le bio, c'est surtout du à une bonne connaissance des sols, une meilleure adaptation des fumures et engrais en fonction des besoins. Voici une petite réflexion: l'agriculture raisonnée est un premier pas vers le bio et le bio peut être un premier pas vers la biodynamie. Dalleurs, bon nombre de producteurs bio ont recours au calendrier lunaire pour leurs traitements afin d'optimaliser leur efficacité. Nos grands parents également pratiquaient, dans le potager, le calendrier des lunes montantes, descendantes. Des principes qu'on n'a pas encore étudié les mécanismes en profondeur mais que les effets sont là! Que de choses à découvrir, redécouvrir!

Calendrier-lunaire-290x300.jpg

Poétique mais...  ? efficasse 

Claude Gilois : Le concept du calendrier lunaire est poétique mais en est-il pour autant pertinent ?  Aucune étude n’a encore montré la pertinence de ce concept qui à bien des égards se rapproche plus de l’astrologie que de l'Astronomie. A une époque où on   a percé un grand nombre  des mystères de l’univers, si la lune avait de telle influence, je pense que cela se saurait. De plus,  Il existe différents calendriers lunaires. Pour les uns, c’est la lune mon­tante ou des­cen­dante, pour les autres, la pleine lune ou la nou­velle lune, pour d'autres en­core, c’est le signe as­tro­lo­gique de la Lune. Mais, après tout, si cela n’a pas d’influence positive cela n'a sans pas non plus d’influence négative alors pourquoi pas utiliser ce calendrier lunaire si l’on y croit. Il constitue un cadre de travail aussi pertinent que bien d'autres et permet une rigueur dans la conduite du travail de la vigne et du chai. Par contre, essayer de l’ériger en principe scientifique et universel est plus dérangeant.

 

BAUFRAYS: Encore faut il en avoir les moyens et la volonté politique de se détacher des lobby. L'avantage du bio et de la biodynamie est, comme vous le précisez si bien, retrouver un lien d'égalité avec la nature, retrouver un équilibre, vivre avec elle et non pas la maitriser. Quelle prétention nous avons eu ces quarante dernières années! Nous en voyons maintenant les effets dévastateurs de la perte de fertilités des sols...Le sol nous donne tout son potentiel à partir du moment où on en prend soin. Si le sol est en bonne santé, plein de vie, de bactéries, de champignons, la vigne sera mieux nourrie, pas de stress hydriques, et elle sera plus forte et résistante, nous auront moins de parasites, de maladies et de perte de terres due à l'érosion. Redonnons vie aux sols et cela, quoi que certains restent septiques, c'est le bio et la biodynamie qui en sont garant et le seul avenir possible. (agro foresterie, brf, fumures naturelles, haies, mares, bandes enherbées naturelles, non labour ou léger, permaculture etc...permettent de redonner vie au sol et la maintenir).

 

Claude Gilois :  Certes, tout ce qui contribue à rapprocher la culture de la vigne de méthodes plus proches de la nature est à encourager et l’ agriculture biologique et bio-dynamque apport la contribution majeure à ce processus même si certains aspects peuvent nous 9+ laisser sceptique.

Il ne faut cependant pas oublier que la la vigne est une plante fragile par manque de diversité génétique et  de  croisement et que la réduction d’intrants, naturels ou de synthèse passera par l’accroissement de la diversité du  matériel génétique de la plante. L’hybridation et la sélection  assistée par marqueurs semblent des pistes intéressantes plus que les organismes génétiquement modifiés dont l’acceptabilité   semble définitivement compromise dans une grande partie de l’Europe.

 

BAUFRAYS Un tout grand merci pour cet article qui nous pousse à aller voir et chercher encore plus loin des infos! Je vous conseille aussi de lire l'article de Franck Dubourdieu sur la viticulture biologique, voici le lien: www.franckdubourdieu.com/pdf/237.pdf 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu