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lundi, 08 juillet 2013

CHRONIQUES DU TOUR DE FRANCE PAR RICARDO UZTARROZ

DES TOURS, DES CONTOURS, DES DETOURS ET DES TOURS DE CONS: CHRONIQUES DU TOUR DE FRANCE


Ricardo Uztarroz reprend du service.

 

A notre retour d’ Australie, en début 2011, il m’avait confié être ‘saoulé’ de ces dégustations marathoniennes qui consistent à  ingurgiter des litres de vin pour les recracher immédiatement et  d’ attendre avec impatience le début de soirée pour s’en jeter quelques-uns derrière la cravate en toute légitimité. Pour un picoleur, la dégustation  est un exercice futile, qui s’apparente au supplice de Tantale voire aux travaux de Sisyphe car les marathons peuvent durer plusieurs semaines.

Passionné de la petite reine, (il faut avoir un petit vélo qui tourne dans la tête pour encore s’intéresser à ce sport), il va nous proposer quelques chroniques bien ‘déjantées’ sur le tour de France actuel  Vous comprendrez au fil des lectures que le tour de France est aujourd’hui  au-delà du sport si tant est qu’il n’en ait jamais été un.

C’est beaucoup plus  un exercice littéraire aujourd’hui banalisé par la télévision.

Et pour ceux qui pense qu’un blog sur le vin n’a rien à voir avec le tour… alors détrompez-vous….. car nous allons vous prouver le contraire.

 

LA CUITE de ZAAF LE MUSULMAN

ET 1927 PREMIERE PARTICIPATION JAPONAISE

 

Si l’Afrique noire est toujours absente du peloton, la présence de coureurs maghrébins a été fréquente surtout dans les années 50, à l’époque des équipes nationales et régionales. Au même titre qu’il y avait des équipes du Nord, de l’Ouest, du Centre, etc…il existait une équipe d’Afrique du nord rassemblant des coureurs tunisiens, algériens et marocains, alors ressortissants français. L’un d’eux, Abdelkadder Zaaf, un Algérien, devint même une idole à cause d’une avanie qui lui advint lors de la 17° étape du Tour de 1950 qui menait les coureurs de Perpignan à Nîmes.

C’était une journée torride. Le public compatissant tendait à boire aux coureurs assoiffés. Comme c’était une région vinicole, le plus souvent c’était une petite piquette qu’on avait gardée au frais. Le pauvre Zaaf s’était échappé avec un co-équipier Marcel Molinès. Ils avaient 16 mn d’avance. Sans se poser de question, ils buvaient ce qu’on leur offrait. De confession musulmane, Zaaf ne tarda pas à ramasser la cuite de sa vie. Il s’effondra dans un fossé. Quand, enfin, il reprit ses esprits, le peloton était passé. Il enfourcha son vélo et repartit vaillamment mais en sens inverse. Le public surpris hurlait pour lui dire de s’arrêter. Lui il croyait qu’on l’encourageait, qu’il était seul en tête jusqu’à la sortie d’un virage où il se trouva face à la voiture-balai fermant la course. L’année suivante, il termina lanterne rouge. Les organisateurs de critériums d’’après Tour se le disputaient tellement il était populaire. Il était devenu une sorte de Poulidor avant l’heure.

Avoir été ivre même à son insu était pour lui une honte, voire un blasphème. Alors pour laver son honneur, la presse dans les semaines qui suivirent inventa une autre version. Assommé par la canicule, il fut victime d’un évanouissement, affirma celle-ci. Pour le ramener à lui, un spectateur l’aspergea d’un seau de vin blanc, raison pour laquelle il puait le pinard. Comme si pour aller voir passer le Tour, on y allait muni d’un seau de vin au cas où un coureur viendrait à s’évanouir. Comme alibi, les journalistes d’alors auraient pu inventer une autre histoire.

 

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 Paf q'il était le Zaaf

DES NIPPONS SUR LE TOUR

 

Un Japonais, champion national, vêtu d’un maillot blanc avec un gros point rouge au milieu de son dos, Yukiya Ashiro, 28 ans, 1,70 m pour 64 kg, un bon gabarit pour un Asiatique, n’est plus tout à fait un inconnu. Il est en sa quatrième participation. Il s’était fait déjà remarquer l’an dernier, également lors de la 5° étape en prenant part à une échappée au long cours. Grande vedette dans son pays, natif de Okinawa, il partage la gloire avec son compatriote Fumiyuki Beppu, 30 ans, un solide gaillard de 1,80 m pour 67 kg, à la réputation de rouleur infatigable, de l’équipe Orica-Greenedge, également au départ de cette édition, d’avoir été les deux premiers Nippons à avoir bouclé la Grande boucle en 2009, pour leur première participation. Ils terminèrent respectivement 129° et 112°.

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Fumiyuki Beppu

Contrairement à ce que l’on imagine, la participation japonaise est ancienne. Elle remonte à 1926. Engagé à titre individuel, Kisso Kawamuro prit le départ de la première étape qui menait d’Evian à Mulhouse mais ne la termina pas. L’année suivante, il récidiva et abandonna également dès la première étape qui allait de Paris à Dieppe. On n’entendit plus jamais parler de lui. On sait peu de choses à son propos. Avant de s’évanouir, il prit part à quelques courses en Europe avec pas plus de succès que sur le Tour. Pour revoir un Japonais, il faudra 1996 avec Daisuke Imanata qui courait pour l’équipe italienne Polti. Ayant abandonné, on ne le revit plus mais il  participa à plusieurs Giros.

 

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Kisso Kawamuro

 UN BASQUE S’ILLUSTRE LE 1ER JOUR.

 

L’auteur de ces lignes étant Basque, il ne peut terminer sa chronique sans saluer l’exploit d’un de ses compatriotes, confirmant bien que lorsqu’il y a un Basque quelque part il se passe toujours quelque chose. L’équipe basque Euskatel (société de télécom), maillot orage et ikurina (drapeau national blanc, vert et rouge, copie conforme de l’Union Jack, sur le côté gauche du cuissard, s’est certes montrée à plusieurs reprises en glissant un coureur dans les échappées. Mais il ne s’agit pas d’elle.

Le nom de Garikoitz Atxa ne vous dit rien. Pourtant il a été le héros malgré lui de la 1er étape. Il est le chauffeur du bus de l’équipe Orica-Greenedge qui s’est trouvé coincé sous le panneau de la ligne d’arrivée alors que le peloton fonçait vers elle et ne se trouvait qu’à 5/6 km. Il a droit aux circonstances atténuantes. Un responsable de l’organisation lui avait donné l’autorisation de passer. Néanmoins il a écopé d’une amende de 2000 francs suisses.

Un Tour sans péripétie n’est pas un Tour. Les péripéties ont fait sa légende.

 

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Le bus sur la ligne d'arrivée

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