Avertir le modérateur

vendredi, 19 juillet 2013

LES CHRONICLES DU TOUR DE FRANCE PAR RICARDO UZTARROZ

TREIZE  MILLIONS DE CHINOIS ET NOUS ET NOUS ET NOUS*


EN CHASSE-PATATE

DOSSARD N°4

 Par Ricardo Uztarroz, vice-Singe en hiver

 

Le Tour a déjà remporté une grande victoire prouvant que tous les dénigrements d’une petite caste de marquis de la plume, qui exhibe en chœur une bouche en cul-de-poule dès qu’il est question (n’y voir aucune allusion à caractère sexuel, aucune contrepèterie lourdingue) de pédales, de braquets, d’en mettre une, d’allumer la chaudière, ne l’affectent pas, que son public, le peuple quoi, avec ses défauts, ses qualités, sa vulgarité et son élégance, ses joies simples et frustres, mais sincères donc raffinées, s’en tape de toutes les polémiques sur le sport propre.

 Pour le public, le Tour, ce n’est pas du sport, c’est de l’épopée, c’est une métaphore de sa propre existence ; au quotidien, sa vie est dure comme celle d’un coureur qui grimpe un col. Pour beaucoup d’entre-nous, l’existence n’est-elle pas un col qu’on gravit sans jamais apercevoir son sommet, sans possibilité de se refaire une santé dans la descente, où le risque de vol plané par ailleurs est grand* ?

Attention, faut pas que j’entame le deuxième flacon si tôt, je vais me prendre pour le Sénèque de la Petite Reine.

L’audience du Tour à la télé explose. Le dimanche du Ventoux, 6,2 millions de Français, à l’instar du vieux Singe auteur de ces lignes, étaient agglutinés devant le petit écran (enfin de nos jours pas si petit que ça). Le record qui remontait à 2006 a été tout simplement pulvérisé, écrabouillé… La grande presse a passé à l’as cette info, celle qui comme Le Monde et Libération ne cesse de dénigrer le Tour car trop popu, pas assez bobo (Maman bobo….). Libé se fond d’admiration pour les artistes déglingués à la drogue, notamment quelques rockeurs confidentiels, mais honnit le coureur dopé. Trouvez la contradiction et vous gagnerez une bouteille de vin exotique offerte par Valades et Transandines.

 Il a fallu que l’auteur de ces lignes signale le fait dans une de ses interventions dans les réactions du lemonde.fr, sous sa véritable identité car il honnit l’anonymat des pseudos à la mordt-moi-le-nœud, pour que Le Figaro ose  faire le 18 juillet un papier, juste le matin de l’étape des deux Alpe-d’Huez qui s’annonçait comme le summum de cette 100ème édition..

Ce dimanche-là, le jour du Ventoux, le Tour a fait 50% de parts de marché (ce qui est exceptionnel). En gros, on estime qu’un Français sur deux regarde peu ou prou le Tour. Les responsables de la 2 disent que 70% de ceux-ci le font par intérêt pour la compète et 30% pour les paysages. Il est vrai que le Tour nous permet de voir la beauté de la France comme nous, le commun des mortels, ne nous pourrions jamais la voir autrement. Se louer un hélico n’est pas à notre portée. On peut se demander si c’est vraiment le Tour qui magnifie le pays, à savoir que le Tour n’est plus qu’un dépliant touristique destiné aux 190 pays qui le retransmettent, ou l’inverse c’est-à-dire les paysages magnifiant le Tour.

Quelle est l’audience totale du Tour au niveau planétaire ? Impossible de le savoir. Mais il apparaît clairement qu’il est le spectacle le plus vu au monde, plus que le Mondial de foot et les JO qui eux n’ont lieu que tous les quatre ans. S’ils avaient lieu tous les ans, pas sûr qu’ils auraient le même attrait que le Tour parce que celui à quelque chose de plus : il est un mythe. Et des mythes modernes, il n’y a pas beaucoup. On peut dire don Quichotte, Robinson Crusoë, Napoléon, peut-être Mandela après sa mort.  Le Tour écrabouille toutes les productions hollywoodiennes. Ca se discute même pas.

Ce dimanche-là, ils étaient 250 000 sur les pentes du Ventoux. Quel stade, quelle salle de spectacle, peut rassembler pareille foule aussi disparate, aussi bigarrée, de tous âges, autant de fous déguisés, d’irresponsables, de pépères, de mémères, d’enfants, de charmantes jeunes femmes, d’adolescents boutonneux, sans qu’il y ait le moindre grave incident. Ce qui fascine les étrangers qui découvrent le Tour, c’est qu’il n’y a aucune barrière entre cette foule et les coureurs sur le plus clair du parcours. Cela tient à la fois du miracle et de la sagesse du peuple. Quand il est heureux, celui-ci sait s’auto-discipliner. Osons, c’est dû à un certain génie hexagonal.

Le dimanche lors de la grande étape des Pyrénées, le Tour avec 42% de parts de marché avait déjà explosé l’audience. Cela faisait 4,2 millions « d’abrutis, tout juste capables de lire Mickey », à l’instar du Singe qui écrit cette dithyrambe, vautrés dans leur canapé, le regard fixe, la main sur une bouteille. Panurgisme ? Sûrement, et alors ? Pourquoi ne devrait-on pas faire comme les autres quand c’est de son plein gré et non contraint et forcé.

On a estimé que durant les deux premières semaines, l’audience moyenne quotidienne a été en semaine de 3,2 millions de téléspectateurs et de 2 millions de spectateurs sur le bord de la route.

En revanche, en Chine, le Tour ne connaîtrait pas le même engouement, allègue-t-on dans quelques officines de contre-information. On a dit que seulement 1% des 1,3 milliard de ressortissants de l’Empire du Milieu, le regarde à la télé qui le retransmet, en raison du décalage, à potron-minet, à partir du 3 heures du mat. Faîtes un peu le calcul de 1% de 1,3 milliard, ça fait 13 millions, soit le double de l’audience française.

«Treize millions de Chinois, et nous et nous et nous 

Pendant de temps, on s’en fout

Avec tout le pinard qu’on s’envoie

On y pense et puis on oublie, c’est le Tour, c’est le Tour »

En revanche, sur le plan publicitaire, les responsables de la 2 disent, même s’ils  ne se plaignent pas, que ça ne correspond pas à leur attente. La raison est simple : toutes les marques présentes sur le Tour, notamment celles qui parrainent une équipe comme Europcar (aux résultats pourtant modestes cette années) ou l’AG2R, bénéficient d’une exposition à nulle autre pareille pendant de longues heures sur l’écran gratuitement. Le même temps pour une campagne publicitaire coûterait une fortune. On comprend pourquoi Europcar-international a reconduit son parrainage pour deux ans. Il y a 13 millions de Chinois qui prennent sur leur sommeil pour regarder le Tour.

 

*A la fin du Tour nous ferons une chronique sur les Livres à son sujet. Et aussi sur les filles du podium… car elles vont nous manquer.

 

PS - Pour l’étape des Deux Alpes d’Huez, nous avons un blanc australien de la Mc Laren valley, du domaine centenaire d’Aremberg, un The Stump jump, reisling/sauvignon blanc. Un délice qui vous soulage de la douleur qu’endurent les coureurs…

 

 

Commentaires

D'Arenberg le meilleurs pour moi avec diference.

Écrit par : antonio | dimanche, 04 août 2013

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu