Avertir le modérateur

jeudi, 10 juillet 2014

DEGUSTATION VERTICALE

DEGUSTATION VERTICALE DE PALLADUIS & COLUMELLA DE SADIE FAMILY WINES


Claude Gilois

Nous avons déjà parlé dans ce blog d’Eben Sadie qui s’affirme de plus en plus comme le leader de la nouvelle génération de vignerons qui sont en train de mettre l’Afrique du Sud sur la carte des grands vins du monde.

Cette dégustation s’est tenue dans le nouveau chai de Christophe & Sabrina  Durand (domaine Dorrance), en plein centre du Cap en avril 2014 et était présentée par Eben Saddie accompagné  sa femme, ce  que lui permit sans doute d’éviter un petit dérapage en ville avec ses copains avant  de s’envoler pour une tournée promotionnelle en Asie. 

C’ est donc Palladius et Columella,  les deux grandes cuvées du domaine qui étaient proposées en dégustation à un parterre  de professionnels sur les millésimes 2008, 2009, 2010, 2011 et 2012. A la demande d’Eben, les rouges furent dégustés avant les blancs car il considère que les blancs sont plus difficiles à goûter dû, paradoxalement, à la plus grande extraction de tanins  et bien sur à une acidité plus marquée. 

 

PALLADIUS

 

palladius.jpg

C’est un assemblage qui provient de 13 parcelles différentes toutes situées dans la montagne de Paadeberg (la montagne du cheval) au sud-est de la ville de Malmesbury. 85%  des raisins qui entrent dans la composition de l’assemblage proviennent de vignobles  en altitude. Les sols sont pauvres, bien drainés et se composent majoritairement des granites décomposés. Les 15 autres pourcentages, soit 3 parcelles, proviennent de sol essentiellement crayeux. Les cépages sont le chenin, le grenache blanc, la roussanne, la clairette, le sémillon blanc et le sémillon gris, le palomino, le viogner, le verdhelo et la marsanne. A noter que le chardonnay ne fait plus partie de l’assemblage depuis 2008. Les vendanges se font dès potron-minet (aux aurores) et les raisins sont transportés jusqu’au chai en camions réfrigérés pour être ensuite stockés entre 5 et 8 O C. Les raisins sont soit égrappés ou soit  traités en vendange entière et transférés dans des petits pressoirs verticaux en bois  et faiblement présurés. Le jus obtenu  est transféré  en foudres de chêne français, ou dans de cuve en béton en forme d’œuf ou encore en barriques françaises.  La fermentation se fait uniquement avec des  levures endogènes et les vins sont élevés sur leurs lies pendant 12 mois. Les différents cépages sont alors assemblés dans les foudres de bois usagés  et sont  élevés pendant encore 12 mois. La mise en bouteilles se fait  sans collage ni filtration et sous vide pour éviter l’oxydation.

 

COLULMELLA

 

columella.jpg

Le vin tire son nom  de l’auteur d’un traité sur la vigne à l’époque romaine qui déjà   affirmait  que ‘le ‘ vin doit être excellent et doit procurer du plaisir par ses propres qualités naturelles’. Les raisins proviennent de  huit parcelles   de vieilles vignes non-irriguées situées dans la région de Swartland et dont la viticulture est entièrement contrôlée par l’équipe d’Eben Sadie. Les vignobles sont majoritairement plantés en syrah avec une petite proportion de mouvèrdre et de grenache. Les rendements sont très faibles et varient entre 10 et 15 hectolitres par hectare. Les raisins qui entrent dans la composition du Columella proviennent  de sols hétérogènes, d’ardoises décomposées, de granites décomposés, de sols argileux riches en fer,  de sols quartzites entremêlés de craie  et d’argile ainsi que de sols alluvionnaires. Les raisins sont vendangés et traités comme les raisins qui entrent  dans  la composition du Palladius. La fermentation se fait en cuves de bois ouvertes de 2500 litres. La température de fermentation varie entre 24-28 o C . Le domaine utilise le pigeage et pas le remontage. La fermentation est suivie d’une macération de 3 semaines maximum suivant la provenance et le cépage. Les moûts sont ensuite présurés dans des petits pressoirs verticaux  en bois et transférés sans pompage dans des barriques où ils effectuent la fermentation malo-lactique.  Le vin est ensuite élevé en barriques françaises dont seulement 15% de bois neuf pendant 12 mois. Il est ensuite transféré en foudres usagés pour un élevage supplémentaire de 12 mois.  Le vin est   mis en bouteille sans collage ni filtration.

 

 

COLULELLA 2008.

 

A ce stade, le vin est sur la réserve et encore trop sous l’influence du bois ce qui lui enlève un peu d’éclat  et masquent ses caractéristiques aromatiques et pourtant il n’y a que 30% de bois neufs. On distingue difficilement la violette, les épices   et les fruits rouges mais la matière est concentrée, le vin est équilibré, long en bouche  mais encore un peu sauvageon dans ses beaux habits de bois. Il faut dire qu’Eben utilise certaines des meilleures barriques sur le marché comme les T5 de Taransaud et les fûts de Vincent Darnajou.

Rendements : 15-19 hectolitres par hectare. 15,5/20

 

COLUMELLA 2009

 

 

C’ est beaucoup plus gourmand  que le 2008 avec une meilleure définition aromatique. Sur les fruits rouges épicés avec des notes de Violette, de tapenade, de garrigue. C’est mûr  avec des tanins lisses d’une grande précision. Le bois (10% de bois neuf)  ne domine jamais et on le sent qu’ en arrière-plan. La matière est peut-être moins concentrée que sur le 2008 mais c’est plus élégant et plus équilibré. Un beau vin. Rendements : 13-22 hectolitres par hectare. 16,5/20

 

COLUMELLA 2010

 

Sans aucun doute la star de cette mini-verticale de rouge. C’est un vin fabuleux dans un grand millésime. D’une grande complexité aromatique principalement sur les fruits rouges, fraises, framboises et  rehaussés par les épices, la  cardamome et la badiane. La texture de bouche est soyeuse, veloutée et possède la même complexité que la palette aromatique. Le vin  est harmonieux et  équilibré. La  minéralité est donnée par   le côté  un peu terreux (à la limite du graphite) que l’on retrouve dans le vin. Les tanins sont lisses, mûrs et équilibrent merveilleusement le fruit. Rendement 14-18 hectolitres par hectare. 17,5/20.

 

COLUMELLA 2011

 

On est encore sur les arômes primaires et le vin est plus européen que sur les autres millésimes. Sa structure est aussi moins généreuse et  elle est plus fermée voire même un peu hermétique. A l’ouverture le vin révèle des arômes classiques de fruits rouges, d’épices et de garrigue. C’est un vin dont Eben Sadie nous dit qu’il a fait la fermentation malo-lactique avant la fermentation alcoolique ce qui devrait lui  donner, avec le temps,  un surcroît de complexité aromatique. Il faut quand même se  projeter dans le futur pour comprendre le potentiel de ce vin plus proche des références françaises que celle du Nouveau Monde.   Rendements 14-16 hectolitres par hectare.16,5/10.

 

COLUMELLA 2012

 

Le vin a été mis en bouteille il y a un mois et ça se sent. Il est encore introverti et peine à s’exprimer. Si le fruit a été un peu confisqué,  on sent quand même  bien les épices et la Violette  qui caractérisent le Columella. Difficile à déguster à ce stade et il faut sans doute sans remettre à Eben Sadie, qui nous indique que ce vin est assez comparable au fabuleux 2010. 

 

 

PALLADIUS 2008

 

Belle couleur jaune or. Dense à la limite de l’opulence, c’est un vin qui a fermenté pendant 14 moins ce qui lui donne une dimension aromatique hors norme. On trouve une touche oxydative  et une pointe de rancio , d’amandes douces et de fruits secs. On sent bien les arômes et les saveurs de fruits à noyau. C’ est complexe, long en bouche, un peu atypique mais on s’accoutume vite à ses arômes tellement ils sont nobles.  Rendements : 15-16 hectolitres par hectare. 15,5/30

 

 

PALLADIUS 2009

 

Le plus grand blanc jamais goûté en Afrique du Sud et de loin.  Même Eben Saddie admet qu’il ne savait pas que l’on pouvait faire des blancs de cette qualité en Afrique du sud. Quelle complexité aromatique, sur le coing, la pâte d’amande, les herbes aromatiques comme le fenouil et  le safran  . Il y a une dimension florale ( fleur blanche).  C’est la première fois que du sémillon blanc  et gris font partie de l’assemblage. Rendements : 17 hectolitres par hectare. 17,5/20.

 

PALLADIUS 2010

 

Il n’est pas sans rappeler le 2008 avec ses arômes et ses saveurs tropicales sans quand même avoir l’oxydatif du 2008.  On y retrouve aussi les amandes, le foin, les épices, les herbes aromatiques.  C’est salin, rafraîchissant complexe et c’est la première fois qu’ Eben Sadie utilisait le Verdhelo dans cet assemblage. Il n’y a pas de bois sur ce vin qui a été élaboré en contenants neutres de  béton et  d’argile. Rendements :  18 hectolitres par hectare. 16,5/20

 

PALLADIUS 2011

 

C’est le premier millésime de ce vin qui a fait 24 mois d’élevage au lieu de 14-15 mois pour les précédents. Cela semble lui avoir conféré une dimension additionnelle en matière  de complexité aromatique et de salinité donc de buvabilité. Il n’est pas sans ressembler au 2009 avec ses arômes et saveurs d’herbes aromatiques comme le fenouil et le safran. Il a aussi cette composante florale qui le rend plus aérien. Sa minéralité est aussi plus marquée que pour le millésime 2009. S’il il ne semble pas tout à fait au niveau du 2009, il n’en est pas loin. Rendements : 12-16 hectolitres par hectare. 17/20

 

 

PALLADIUS  2012

 

Comme pour le Columella 2012, ce vin vient juste d’être mis en bouteille il est donc aussi un peu sur la réserve. Si le 2011 ressemblait au 2009 alors le 2012 ressemble au 2010.  Il est particulièrement épicé avec des notes d’amande douce. Tout semble en équilibre sur ce vin qui possède une belle acidité. Il lui faut juste qu’il trouve une expression aromatique plus complexe ce qui viendra avec le temps.

 

 

 

Commentaires

je vois que vous avez passé une excellente journée !

Amicalement,

Lionel

Écrit par : DURAND Lionel | vendredi, 11 juillet 2014

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu