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mercredi, 03 septembre 2014

PESTICIDES NATURELS VERSUS PESTICIDES DE SYNTHESE

LES PESTICIDES BIOS AUSSI NOCIFS QUE LES PESTICIDES DE SYNTHESE ?


                    Claude Gilois      

 

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Mammifères : famille d’animaux vertébrés dont la femelle allaite directement les petits mais dont la version instruite et civilisée utilise une nourrice et un biberon. Ambrose Bierce.

 

C’est ce qu’affirme Pierre Yves Morvan, qui se décrit lui-même comme un ‘écolo sensible mais pas écolo-rêveur’  dans un article sur le blog du site Médiapart. La question est légitime et le sujet n’a pas franchement été traité dans le détail.  Les produits bios jouissent d’un haut degré de confiance dans la population européenne. Alors, le Bio vrai est-il un vrai  changement de paradigme ou est-il ce que l’agriculture raisonnée est à l’agriculture conventionnelle ? Un leurre.

 

Les pesticides de synthèse ont-ils sauvé le monde la famine? 

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Dans un article, argumenté, il affirme d’abord que les pesticides de synthèse ont mis fin aux famines  qui sévissaient un peu partout dans le monde.  C’est comme si on affirmait que la vaccination ait vaincu les maladies infectieuses alors que l’on sait aujourd’hui que l’amélioration de l’eau, de l’habitat et de la sanitation en sont les principaux facteurs,  même si la vaccination a joué un rôle, mais à la marge,  à certaines époques. En fait, toutes les grandes famines  antidatent (à part celle de la Chine de Mao Zedung entre 1958 et 1961)  l’utilisation des pesticides de synthese qui voit le jour dans les années 1930 et qui ne prend vraiment son  essor qu’après la dernière guerre. C’est l’établissement d’états démocratiques  qui est la principale cause de l’élimination des famines. Les conditions de conservation ainsi qu’une meilleure organisation de la distribution y ont aussi contribué mais, comme pour les vaccins, que d’une manière limitée. Certes, les pesticides de synthèse ont contribué  fortement à l’amélioration de la productivité donc à une forte croissance de la population. L’argument de la chimie de l ‘agro-alimentaire qui consiste à dire qu’il n’est plus possible de nourrir une population mondiale de 7 miliards d’habitants sans chimie de synthèse  est fallacieux. La FAO, L’organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture, pas franchement une organisation militante et révolutionnaire, admet qu’il est tout a fait possible   de nourrir une population  mondiale aussi large à partir d’une agriculture traditionnelle même si son Directeur Général, Jacques Diouf,  reste un partisan de l’agriculture productiviste. 30% de la population mondiale  vivent aujourd’hui d ‘une agriculture traditionnelle (vivrière) qui contribue à maintenir un haut degré de biodiversité.  Le développement d’une telle agriculture apporterait aussi sans doute  une réponse plus adaptée  pour les  850 millions de personnes qui ont faim dans le monde et qui ne peuvent pas se permettent d’acheter les produits de l’industrie de l’agro-alimentaire.                                                                                   

 

Existe-t-il un lobby anti-pesticides et quel est son poids par rapport au lobby des pesticides ?

 

Pour un  lobbying efficace, il faut avoir ses entrées  dans les arcanes du pouvoir et avoir beaucoup de moyens car le lobbying est une activité énergivore en temps et en argent. Il faut employer des prescripteurs, souvent des scientifiques de haut niveau, pour défendre les dossiers, des agences de communication  pour faire passer à la presse ce que les multinationales de la chimie et de l’agroalimentaire veulent que l’on dise. Seules les grandes sociétés transnationales ont une telle manne pour se permettre ce luxe. Les petits organismes de défense de l’agriculture biologique, certes souvent très actifs,  ne font pas le poids face aux multinationales  qui par le pantouflage de leurs dirigeants ont une ligne directe auprès des décideurs politiques.

 

 L’agriculture biologique utilise-t-elle des pesticides naturels et les produits toxiques  naturels sont-ils  aussi dangereux pour la santé que les pesticides de synthèse ?

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                                                                      Que la nature  est prévoyante! Elle fait pousser des pommes en Normandie sachant que le indigenes de cette  province ne boivent que du cidre. Henri Monnier.


L’agriculture biologique utilise bien sur des pesticides. Une substance est toxique qu’elle soit naturelle ou de synthèse. Une Annamite phalloïde vous tuera aussi surement qu’un flacon de barbituriques. En toxicologie conventionnelle, c’est la dose qui crée l’effet. On calcule la dose qui tue le sujet choisi et on la réduit à un niveau acceptable tout en lui conservant les effets voulus. Une autre forme de conception de la toxicité est aujourd’hui émergente. Les actions de certaines substances ne sont pas liées à la dose et peuvent avoir des effets délétères à très faibles concentrations. On appelle ces substances  des  perturbateurs endocriniens. Les  perturbateurs endocriniens, il faut le rappeler, sont des  substances d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme et qui peuvent induire des effets délétères sur un organisme humain et sur ses descendants car ils sont transgénérationnels. Il existe plus qu’un faisceau de présomptions sur les perturbateurs endocriniens  qui seraient impliqués dans un nombre  important   de maladies graves et de désordres métaboliques : cancers hormono-dépendants (sein, prostate  testicules) ;  infertilité ; malformations de l'appareil génital des petits garçons ; obésité et diabète ; troubles autistiques et neurocomportementaux des enfants. Selon  deux économistes, ces pathologies pèsent en France pour 82 milliards d'  euros annuels dans les dépenses de santé (sur un total de 243 milliards d'euros) [i].                                                                  

De plus, la toxicologie conventionnelle ne teste pas l’effet cocktail (les effets négatifs conjugués  de nombreuses substances chimiques). Certaines substances naturelles ou synthétiques peuvent être classifiées CMR (Cancérigènes, Mutagènes et Repro-toxique). D’autres peuvent modifier les caractéristiques  épigéniques et activer ou désactiver certains gènes sans que la séquence nucléotides de l’ ADN soit modifiée. Cela vaut aussi bien pour les pesticides naturels que de synthèse.   

Contrairement  à l’agriculture conventionnelle, l’agriculture biologique n’utilise que peu de pesticides (l’agriculture biologique c’est bien plus que l’utilisation de pesticides naturels), environ 70 substances actives déclinées en 366 substances commerciales que l’on peut regrouper en  9 catégories principales, et aucun pesticide de synthèse. L’agriculture conventionnelle a en France 6000 produits de synthèse à sa disposition  qui contiennent des substances chimiques et dont 2500 sont utilisées régulièrement[ii]. Il existe aujourd'hui près de 100 000 spécialités commerciales de pesticide de synthèse dans le monde, à base d’environ 900 matières actives[iii]. En plus de la substance active, une préparation commerciale synthétique comporte une série de produits chimiques variés (solvants, adjuvants, co-formulants) qui peuvent jouer un rôle non négligeable dans la toxicité́ du produit final et qui sont protégés par le secret commercial des sociétés qui les fabriquent. 

Ce différentiel   considérable entre  le nombre de substances actives utilisées en agriculture biologique et en agriculture conventionnelle est déjà un bon indicateur   de l’origine de la pollution par les pesticides. Selon le rapport de l’ Agence Bio, l’agriculture biologique ne représente que 4,6% des terres cultivées en France et 0,9% dans le monde, ce qui donne encore une autre perspective de l’origine de la pollution. Mécaniquement, la grande majorité des pesticides (probablement 99 %)  utilisés dans le monde sont des pesticides de synthèse. la pollution par les pesticides   émane donc essentiellement  de l’industrie de la chimie et de  l’agrochimie de synthèse.

 

Si cela  remet les choses en perspective cela ne permet pas d’affirmer non plus  que les substances utilisées en agriculture biologique sont sans toxicité. Qu’en est-il donc ?                                                                             

Une analyse détaillée des substances actives utilisées en agriculture biologique et reproduite en annexe de ce texte montre que sur les 9 grands groupes établis par le ministère de l’agriculture[v],  2  sont potentiellement problématiques.

 

 

Les pyréthrines sont un ensemble de substances dérivées des fleurs de pyrèthre de Dalmatie ou de certains chrysanthèmes. Elles sont sont classifiés comme possible CMR (substance Cancérigène, Mutagène et Repro-toxique [vi]). Elles sont aussi hautement toxiques pour les abeilles et en milieu aquatique pour les poissons et les invertébrés aquatiques. Mais leur  faible persistance et faible potentiel de lessivage réduit fortement cette toxicité à un risque très faible.   Elles sont utilisées aussi bien en agriculture conventionnelle que biologique.

 

 

Le cuivre : un des produits les plus controversés en agriculture biologique. Faiblement toxique chez l’homme Il est atoxique pour les  mammifères et les oiseaux. Il n'y a pas d'évidence que le cuivre ou ses sels soient cancérigènes ou cause une  toxicité systémique chez les animaux ayant un métabolisme normal du cuivre. Par contre, il est extrêmement toxique en milieu aquatique. L’ INRA[1] recommande  de réduire l’usage du cuivre à 8 applications par an  à la dose de 0,5 kg/ha soit 4 kg/ha/an (actuellement 6 Kg/ha/an). Il n’existe aucun substitut pour le cuivre en agriculture biologique. Présent à l’état naturel, il est persistent sous forme immobile dans le sol. Il ne contamine donc pas les eaux souterraines. Par contre, il est très susceptible de contaminer l'eau de surface par ruissellement  sur le sol.

 

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La roténone, suspectée d’être impliquée dans la maladie de Parkinson, ne fait plus non plus partie des substances autorisées en agriculture biologique.   Il est aussi à noter que les substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens en agriculture biologique, la lécithine et le quassia ont déjà été retirés de la liste des produits autorisés.

Quant â la dangerosité aux pesticides de synthèse et des produits de la chimie de l'agroalimentaire ?....Il existe  143 855 substances chimiques répertoriées au programme REACH[iv] dont seulement 3000 ont été testées et encore que partiellement. Il existe sans doute plusieurs centaines de substance CMR dans ce groupe. L’OMS a répertorié plus de  800 substances qu’elle classifie  comme perturbateurs endocriniens. Certes, tous les perturbateurs endocriniens ne sont pas des  pesticides mais ils constituent l’un des quatre grands groupes identifiés par l’OMS. On estime aujourd’hui a plus d’une certaine de pesticides, perturbateurs endocriniens, utilisés en agriculture conventionnelle ou raisonnée. L'agriculture biologique utilise une substance potentiellement CMR et aucun perturbateur endocrinien. 

La pesticides de l'agriculture conventionnelle ne jouent donc pas dans la même cour que les pesticides de synthese. Ni quantitativement, ni qualitativement. Quand les pesticide de synthèse jouent dans la ligue des champion, les pesticides biologiques jouent chez les amateurs. 

On voit donc bien que le lobbying anti-pesticides ne pèse pas lourd face aux géants de la chimie qui bloquent depuis trop longtemps (prêt des 15 ans)  le dossier des perturbateurs endocriniens au niveau européen ;  Bruxelles n’ayant finalement agi sur ce dossier que sous la pression du Danemark, de la Suède (qui a menacé de poursuivre la Commission en carence), de l’Autriche, de la Belgique et enfin de la France.

                                                                       Comme il faut travailler pour être naturel. Louis Jouvet.

                                                                            Il a chassé le naturel.... le naturel n'est pas revenu. Jules Renard                                                                          

 

                                                                      La nature ne pardonne pas, n'oublie rien... des coups, elle peut en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude. Jérome  Deshusses. 

 

                                                                          La nature c'est comme la richesse. Il ne fait pas y toucher si on veut la conserver. Georges Wolinski

 

 

Si les pesticides sont si dangereux, pourquoi l’espérance de vie progresse-t-elle et pourquoi les agriculteurs ont une meilleure espérance de vie?                                                                          

 

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Certes, l’espérance de vie a progressé en 2012 de 3 moins par an  pour les hommes et de 2 mois pour les femmes mais l’espérance de vie que l’on mesure aujourd’hui est celle des gens qui meurent aujourd’hui, c’est-à-dire celle des gens nés  avant la guerre et qui ont vécu dans un environnement très  diffèrent de celui d’aujourd’hui, caractérisé par la pollution, la transformation de l‘alimentation et la sédentarité. Nul ne peut donc savoir aujourd’hui quelle sera l’espérance des générations futures. Si l’espérance de vie progresse globalement dans le monde, l’espérance de vie en bonne santé stagne, voire même régresse  dans certains pays comme l’  Allemagne, la France et les Pays Bas[vii].

Ce qui affecte la santé n’est pas nécessairement ce qui vous tue déclare Christopher Murray, le directeur  de ‘l’ Institute for Health Metric and Evaluation’ à Seattle. La mortalité est certes très importante mais la morbidité (la maladie) tout autant. 

 

Quand aux maladies induites par ces substances chez professionnels, les remarques en début de ce paragraphe sont  tout aussi valables. Les résultats des études menées sur ce sujet sont certes  souvent divergentes et si les recherches montrent une meilleure espérance de vie chez les agriculteurs, elle est sans doute due largement à une activité physique plus intense, à un tabagisme plus faible et à une alimentation plus variée. On note cependant que certains cancers  (peau, rein, ganglions pour les hommes, ganglions et sein chez les femmes) ont été identifiés comme plus fréquents.

 

La conclusion la plus appropriée de cette étude  est sans doute celle d’un agriculteur  interrogé par les représentant de l’enquête sur les pesticides conduite par Senat. Il  déclare:

– « Ah ! Ça me rappelle le jour où je pulvérisais... Quand je suis descendu du tracteur qui tremblait incroyablement… je me suis aperçu que c'était moi qui tremblais... Je suis tombé raide dans le champ et c'est un voisin qui m'a ramassé. »

– « Si les pesticides étaient dangereux pour la santé, je le saurais : je suis d'une famille d'agriculteurs où il n'y a eu que trois décès dus à des lymphomes non-hodgkiniens. »

– «Moi je ne connais aucun agriculteur malade à cause des pesticides. Non. Il y a eu juste un type qui est mort vers la cinquantaine, à la coopérative...Non pas celui-là, l'autre ! Le grand, celui qui s'occupait des pesticides. »

 

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Les plaisir sans fin du contact avec la nature ne sont pas réservés  aux scientifiques mais accessibles   à tous ceux qui se placent sous l'influence de la terre, de la mer, du ciel et de leur existence surprenante. Rachel Carson.

Rachel Carson (1907-1964) : Zoologiste et biologiste américaine qui concentra une grande partie de ses activités sur la protection de l ‘environnent et sur les problèmes causés par les pesticides de synthèse. Elle publia en 1962,  Printemps Silencieux (Silent Spring) qui conduisit à l’interdiction du DDT et à de nombreux autres  pesticides de synthèse.


 

 ANNEXE

 

Les molluscicides : Un produit molluscicide est une substance active ayant la propriété de tuer les mollusque en particulier limaces et escargots. Le cauchemar  des vétérinaire jusqu’ à une époque récente car les chiens étaient   friands de ces granules quand ils en trouvaient un paquet.  La forme la plus utilisée jusqu’en 2008 était le métaldéhyde. Aujourd’hui, La seule substance active utilisée en agriculture est sous la forme de sulfate ferrique, une  formulation certes un peu moins efficace mais peu toxique et  qui ne nécessite plus l’intervention des vetos.

 

 

Les pyréthrines : Les pyréthrines sont un ensemble de substances dérivées des fleurs de pyrèthre de Dalmatie ou de certains chrysanthèmes. Ces substances sont composées de principes chimiques différents et qui ont la propriété d'attaquer le système nerveux des insectes mais ils possèdent un très haut degré de biodégradabilité une fois exposée à la lumière. Par contre, elles ont une haute  toxicité  pour les abeilles. Elles sont aussi très toxiques pour les poissons et invertébrés d’eau douce mais leur  faible persistance et faible potentiel de lessivage réduit fortement cette toxicité à un risque très faible. . Elles sont classées comme potentiel CMR.

 

Le Spinosad: découvert par accident c'est une substance active qui provient d’un actinomycète (groupe de bactéries)  des sols appelé  Saccharopolyspora spinosa. Il est aussi bien utilisé en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle.  Le spinosad est peu toxique pour les mammifères, les oiseaux, les poissons et les crustacées. Il est cependant hautement toxique pour les abeilles: il faut éviter l’application directe et la dérive de l’insecticide sur les abeilles et les colonies d’abeilles, ainsi que sur les cultures en pleine floraison. Il est de persistance moyenne avec un faible potentiel de lessivage.

Huiles végétales : Extraits végétaux - Huiles essentielles - Essences végétales- Huile de colza- Huile essentielle d’orange douce - Huile de menthe verte

A priori non toxiques ou de faible toxicité.

Huiles minérales : Huiles blanches de pétrole- Huile minérale paraffinique- Huile de vaseline.

De très faible toxicité pour les mammifères et les oiseaux mais très toxique pour les invertébrés aquatiques mais quasi insoluble dans l’eau ce qui limite donc leur toxicité en milieu aquatique mais il est persistante dans les sols. 

 

 

Le soufre : Il est utilise comme fongicide, acaricide et répulsif. C’est une substance  non-métal.  Essentiel pour le êtres vivants il fait partie de certains acides aminés  qui forment l’ADN (cystéine, méthionine, homocystéine et taurine). On le trouve aussi dans une vingtaine de protéines. Il est non toxique. Il était  recommandé 150 avant JC contre la pyrale de la vigne  et est l’un des premiers insecticides connus en Occident.

Seul un de ces dérivés, la dioxine de soufre (SO2) interdit pour la préservation des aliments mais utilisé pour la stabilisation des vins, peut induire dans des   réactions allergiques nécessitant parfois une intervention d’urgence dans un centre hospitalier.  Cela vaut aussi bien pour les vins provenant d’une agriculture conventionnelle que d’une agriculture biologique.

 

Le cuivre : Un des produits les plus controversés en agriculture biologique. Faiblement toxique chez l’homme Il est atoxique pour les  mammifères et les oiseaux. Il n'y a pas d'évidence que le cuivre ou ses sels soient cancérigènes  causent une quelconque  toxicité systémique chez les animaux ayant un métabolisme normal du cuivre. Par contre, il est extrêmement toxique en milieu aquatique. L’ INRA[i] recommande  de réduire l’usage du cuivre à 8 applications par an  à la dose de 0,5 kg/ha soit 4 kg/ha/an. Il n’existe aucun substitut pour le cuivre. Présent à l’état naturel, il est persistent sous forme immobile dans le sol. Il ne contamine donc pas les eaux souterraines. Par contre ; il est très susceptible de contaminer l'eau de surface par ruissellement  dans le sol.

 

 

Biopesticides

 

On les regroupe en trois catégories, microbe, champignons entomopathogènes (parasites). et virus. Les  nématodes  sont aussi souvent classés dans la catégorie de pesticides microbiens naturels.

       Microbes :

          Bacillus thuringiensis : Groupe de bactéries qui a la capacité de synthétiser des  cristaux toxiques efficaces contre les  lépidoptères, les coléoptères et les diptères. C ‘est l’insecticide le plus utilisé au monde en agriculture biologique. Très sensible aux rayons ultra-violets il se dégrade rapidement. Il est de faible rémanence sur les feuilles mais un peu plus sur les sols. Son niveau de risque est à l’étude mais in pourrait s’accumuler et avoir des effets sur les invertébrés aquatiques qui sont une bonne mesure de la qualité des écosystèmes. Il est utilisé d’une manière extensive sous forme transgénique (OGM) en Amérique du Nord et du Sud ou les études sur sa toxicité ont été principalement effectuées.

 

      Champignons :

 

            Le groupe de champignons ; Lecanicillium muscarium, Beauveria bassiana,  Paecilomyces fumosoroseus , Coniothyrium minitans, Metarhizium anisopliae,  Trichoderma atroviride I1237, Trichoderma harzianum, Ampelomyces quisqualis , connus pour la plupart  depuis le milieu du 19e siècle  sont des  champignons parasitaires qui se propagent en détruisant les organismes de l ‘intérieur.

Trichoderma atroviride I1237 est particulièrement prometteur dans les  maladies du bois de la vigne (MBV) (Eutypiose, Esca et BDA).

On ne leur connaît pas d’effet délétères particulier mais il est conseillé de ne pas les utiliser trop prêt des points d’eau.

 

        Virus

 

           Cydia pomonella granulosis virus

 

            Ce comporte sur les organismes comme un virus en infectant ses cellules. On ne lui connaît pas d’effets délétères.

Phéromones : sont des substances chimiques émises par la plupart des animaux et  certains végétaux. Elles transmettent des informations qui jouent un rôle dans l'attraction sexuelle notamment. Elles ne sont pas épandues sur les sols et les plantes.

 

 

 

 

 

 

[i] Rapport  HEAL  confié à Julia Ferguson (Cranfield School of Management à Bedford, Royaume-Uni) et Alistair Hunt (université de Bath, Royaume-Uni).                                      

[ii] http://tpenourriturebio.e-monsite.com/pages/ii-la-perception-du-bio/2-le-bio-au-niveau-de-l-environnement-veritablement-plus-ecologique.html

[iii] Rapport du Senat sur les pesticides.

[iv] REACH acronyme pour: Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques. En anglais : Registration, Evaluation, Authorization and restriction of CHemicals (REACH)

[v] http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/111012_GUIDE_INTRANTS.pdf

[vi] http://www.sagepesticides.qc.ca/Recherche/Resultats.aspx?search=matiere&ID=166

[vii] Toxique Planète: le scandale invisible des maladies chroniques. Cicolella André. Anthropocène. 

Commentaires

Je trouve très intéressante votre analyse. Élue, responsable environnement et agenda 21, j ai besoin de ce type d informations pour essayer de réconcilier nos producteurs avec une agriculture "raisonnée" sans essayer d imposer un diktat bio, pas encore accepté pour beaucoup,

Écrit par : burckel | mercredi, 03 septembre 2014

Bonjour,
Même si l'agriculture biologique n'est pas la réponse ultime aux problèmes environnementaux, elle représente une très intéressante alternative aux méthodes de cultures dites " conventionnelles". Pour le consommateurs, il eût été sain que vous abordiez les problèmes de résidus dans le vin. Il est maintenant établi que les produits chimiques de synthèse systémiques utilisés par les agriculteurs " conventionnels" laissent des résidus très importants dans le produit final. On a laissé croire trop longtemps que la magie de la vinification "éliminait" ces résidus...Une étude suisse a démontré que certains vins pouvaient contenir des doses 5000 fois supérieures à celle autorisée dans l'eau du robinet. Et plus le vin est haut de gamme, plus il en contient. Les vigneron bio n'utilisent que des produits de contact, il ne contiennent donc pas ou peu de ces résidus.

Écrit par : Michel Baucé | vendredi, 05 septembre 2014

Votre remarque est pertinente.
Une etude réalisée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes en 2007 a montré que 64,1% de fruits et 34,8% des legumes contenaient des residues de pesticides dont 6% étaient supérieurs aux limites autorisées.

Écrit par : claude Gilois | vendredi, 05 septembre 2014

Les commentaires sont fermés.

 
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