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jeudi, 20 novembre 2014

LE CIGARE...LA POLITIQUE.... ET LA DEMOCRATIE

 

 

APPARITION D’UNE NOUVELLE ESPECE SUR TERRE :

LA TAUPE PROHIBITIONNISTE


 Ricardo Uztarroz

  

Encore une fois, la grande presse, empêtrée dans des sujets futiles comme la crise ukrainienne, les confidences faussement vraies ou vraiment fausses de Jouyet à deux copieurs impénitents de procès-verbaux, embourbée dans ses récits dignes de la chanson de geste relatifs à la retenue d’eau de Sivens élevée au grade de barrage, se noyant dans des polémiques oubliées dès le lendemain de leur surgissement, n’a pipé mot. Pourtant l’événement est de taille et ce blog se fait l’honneur de le révéler au monde entier.

Si prompts, à juste raison, à nous alerter dès qu’une espèce est en voie d’extinction, les défenseurs des animaux, eux aussi, n’ont pipé mot, sans doute par ignorance et non, nous l’espérons, par mauvaise foi.

Mais de quoi s’agit-il donc ? De l’apparition d’une nouvelle espèce sur terre : la taupe prohibitionniste qui creuse nuitamment ses galeries,  profitant que Paris et le pays ne soient pas encore éveillés, que la France a encore sommeil et est encore couchée. D’apparence humaine, son territoire est pour l’instant circonscrit au Palais Bourbon, refuge fréquenté épisodiquement par une sorte d’animal dit politique qu’on appelle communément député(e).

 

Un paragraphe à la fin d’un article

 

 Comme dans certains films d’anticipation, la taupe prohibitionniste a un pouvoir de dissimulation. Elle se glisse dans la peau de ce (cette) dernier(e) ce qui complique la possibilité de la confondre et la dénoncer à l’opinion publique. Sa principale nuisance est de menacer l’existence d’une autre espèce, celle-ci humaine, cernée de toute part, le bon-vivant ou la bonne-vivante, car le bon-vivre n’est l’exclusivité d’aucun sexe.

Comment ce blog a débusqué cette apparition qui contredit une loi fondamentale de la nature ? Tout simplement en fouinant. Comme le petit mammifère dont le nom a donné cet éloquent verbe, ce blog a la manie de fourrer son museau partout.

Ainsi, menant une étude sur le taux de présence des députés aux séances de nuit, l’auteur de ces lignes porta son regard sur le compte-rendu par Le Monde de l’adoption de loi dite de modulation des allocations familiales par 18 voix contre 11, juste un peu avant l’aube, le vendredi 25 octobre. Et stupéfaction, il est dit juste dans le dernier paragraphe que, profitant de l’occasion l’ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées socialiste (un tel ministère était-il réellement indispensable ?), Michèle Delaunay, fit passer en catimini un amendement alignant la taxation des cigares et cigarillos sur celle des cigarettes. Les prétextes sont toujours le mêmes, notre santé et le coût du tabagisme sur les comptes de la sécurité sociale.

 

Une prohibition inavouée

 

Cette mesure, si elle est définitivement adoptée, multipliera le prix des cigares par 2,5. Un cigare qui coûte aujourd’hui 10 euros vaudra 25 euros. Cela équivaut à une vraie prohibition qui ne veut pas dire son nom. Comme toute prohibition, elle engendrera des effets pervers pires que le mal que l’on prétend combattre. Une partie des fumeurs de cigares, les plus aisés et qui voyagent beaucoup, s’approvisionneront à l’étranger. Les autres pourront via internet se les faire venir des Pays Bas, grand pays du négoce du cigare, ou d’Espagne. On se procure bien des médicaments par ce moyen, ce qui est pire car le tabac, lui, sauf en des temps forts lointains, n’a plus de prétention médicinale. Et probablement s’instaurera en France un marché noir comme c’est le cas avec la cigarette. Sans la prohibition aux Etats Unis, la mafia ne serait restée qu’une petite association de solidarité entre immigrants italiens.


Le ministre du Budget, conscient de l’inanité de cette mesure, Christian Eckert, tenta de s’y opposer en faisant valoir que les cigares ne représentent que 2% du marché du tabac donc ne peut qu’être que d’un apport négligeable pour l’Etat mais aux conséquences désastreuses pour les buralistes, une profession sinistrée. Cela pourrait, disent-ils, entraîner la disparition de 1000 d’entre eux. Déjà le même nombre a mis la clé sous la porte ces dernières années.

cigare-augmentation.jpg

Trop de sport, trop boire, trop manger, trop travailler, trop d’oisiveté, trop baiser, etc… le trop est toujours nocif pour la santé. Certes la santé est à la fois une affaire publique et privée. Mais aujourd’hui, l’individu se sent de plus en plus culpabilisé, dépossédé de son mode d’existence par l’Etat. Et en quoi le fait d’être élu transforme un individu comme un autre en conscience supérieure à la nôtre. On n’arrête pas de nous dire que nous finissons par coûter trop cher à la société comme si la société ce n’est pas nous d’abord. Ce n’est pas le lieu pour engager ce débat de philosophie politique. Bien que pourquoi pas ?

 

Un fumeur qui n’aurait jamais fumé

 

Le cigare est la façon la moins nocive de consumer le tabac. C’est aussi la façon la plus discrète, à la différence des consommateurs de cigarettes. Ensuite, personne ne connaît l’incidence du coût effectif du tabagisme. La seule étude qui existe remonte à 2000 et affirme que le tabac grève la sécurité sociale de 45 milliards euros par an. Ce chiffre a si peu de crédibilité que Mme Delaunay a demandé, manière pour elle de se rétracter sans trop perdre la face, qu’une étude sérieuse soit menée en prenant en compte le montant des retraites économisées du fait de la mortalité précoce des fumeurs.

On est dans l’ubuesque le plus total : qui peut dire qu’elle aurait la durée de vie d’un fumeur qui n’aurait jamais fumé et s’il n’avait pas été victime d’un accident de la circulation ou du travail. Car rouler et travailler, ça tue aussi. Faut-il interdire l’un et l’autre ?

Avant de faire de la politique, Mme Delaunay a été cancérologue, chef de clinique à Bordeaux, où son père Gabriel avait été préfet en 68 durant les dits événements et sa mère inspectrice de l’Education nationale. Elle est l’épouse d’un haut fonctionnaire. En somme, elle est une parfaite représentante de l’aristocratie républicaine. La publication obligatoire de son patrimoine quand on est ministre avait provoqué un certain émoi dans la presse. Principalement constitué de biens immobiliers, Il s’élevait 5,4 millions d’euros.

Pour se dédouaner d’être la cinquième fortune du gouvernement socialiste, elle avait eu cette phrase qui a en dit long sur son rapport à la réalité : « Je n’ai jamais eu le sentiment d’être riche et je n’ai pas vécu comme une riche ». La richesse n’est pas affaire de sentiment, la preuve il y a un impôt qui la matérialise, et ce n’est pas parce qu’on vit comme un pauvre quand on a une fortune qu’on n’est pas riche.

Ah, si la nature nous avait doté d’une plume acérée comme celle de La Fontaine, quelle fable aurions-nous pu coucher sur papier qui aurait eu pour titre : La taupe prohibitionniste. Elle aurait pu commencer ainsi : Avant que le point du jour se leva/ en silence et en douce un discret animal creusa…. Son tunnel ou sa tombe ?

 

cigare women.jpg

Colette et George Sand fumaient le cigare.!

Cette belle plate aussi..!

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