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vendredi, 28 novembre 2014

MAIS ON N’ARRETE PAS LE PROGRES (1ERE PARTIE)

 FOIE GRAS AU GOÜT DE CERISE, FIGUE OU NOISETTE

 FOLLES FETES SANS ALCOOL EN SUEDE ( ?????)


Par Ricardo Uztarroz

 

Une consultation quotidienne et compulsive, donc convulsive, de la presse confirme que la marche du progrès est inexorable comme le prouvent les quatre exemples particulièrement éloquents que nous allons vous narrer en deux épisodes, juste pour prolonger le plaisir. Dans le premier ci-dessous, il est d’un fameux fois cirrhosé et de la bringue sans bibine. Et dans le second, dans une semaine,  il sera question d’une invention qui vous embouchera un coin, ou plus exactement un goulot, et de la grosse gueule de bois des Ecossais : pour eux le Chardon n’est plus aussi ardent.

 Il y a un demi-siècle quand on disait « on n’arrête pas le progrès », cela voulait dire qu’une amélioration substantielle à la condition humaine y avait été apportée, que l’être humain avait franchi un pas décisif l’émancipant des contraintes terrestres. La découverte du feu, l’invention de l’agriculture et de l’élevage, et surtout la trouvaille selon laquelle on pouvait obtenir à partir du raisin un doux breuvage qui redonne goût à l’existence, ont fortement contribué à soulager la dureté de notre condition de terrien. Mais, dans cet antagonisme immémorial, aujourd’hui est-ce bien désormais un progrès chaque fois que la nature encaisse coup sur coup, comme un boxeur semi-groggy, assommé par un adversaire sans complaisance ni remords ?

 

Dans le plus grand secret

 

Ainsi prenons le foie gras, ravissement de nos papilles, pure création de notre génie. Prochainement nous allons peut-être trouver sur le marché des buchettes de cet organe situé dans l’abdomen d’une oie ou d’un canard qui contribue, dit le Petit Robert, « au métabolisme des glucides, des protides, des lipides, et à l’épuration et la détoxication, etc… », au goût de cerise, de figue ou de noisette. Nous avons échappé, semble-t-il, au parfum de chocolat.

                           Récemment le quotidien Le Parisien a révélé, sans susciter un grand émoi chez les gastronomes patentés ce qui nous laisse, nous, pantois, que sept chercheurs travaillaient dans le plus grand secret, dans un lieu aussi tenu secret, quelque part dans le Pays Basque, pour le compte de la célèbre et réputée société Labeyrie, sise à saint Geours-de-Marenne, au sud des Landes, à la mise au point de ce produit destiné à agrémenter nos apéros, à concurrencer les cacahouètes, les petits cubes de fromage La Vache qui se fend la gueule depuis toujours, les olives, les biscuits salés, et autres amuse-gueules.

On se gratte le crâne en se disant : bon pourquoi pas après tout ne pas offrir des buchettes de foie gras avant de passer à table ? Mais pourquoi les dénaturer, si on peut dire, en les parfumant avec des saveurs de fruits, autant déglutiner directement ceux-ci. La raison nous échappe « Il ne s’agit pas de dénaturaliser le produit mais d’y ajouter une pointe d’originalité,» soutiennent mordicus les responsables de ce programme.

La maison Labeyrie, le géant du foie gras et aussi du saumon, qui emploie 1 200 personnes, s’est donné pour mission de « désaisonnaliser » la consommation de ce viscère « cirrhosé ».  A 75%, la production de foie gras est ingurgitée entre novembre et janvier. Le marché est désormais saturé. La seule possibilité de croissance possible, c’est qu’on en mange toute l’année, autrement dit faire ce qui a été fait avec les huitres qu’on avalait autrefois que les mois en R.

Si aujourd’hui on a à disposition des plates, des belons, ou des fines de claires tout au long des douze mois, grâce à quelques tripatouillages génétiques, c’est aussi au prix d’une mortalité de 80%. Va-t-on connaître un avatar identique avec les canards et oies si on les engraisse tout au long de l’année et non plus pour une saison déterminée ?

La société Labeyrie, est une belle réussite de l’agro-alimentaire qui a permis à des centaines d’éleveurs du sud-ouest de pouvoir vivre sur leurs petits arpents de terre. Fondée en 1946 par Robert Labeyrie, aujourd’hui âgé de 90 ans, fils d’un cheminot, c’est elle qui a fait connaître le foie gras (puis à partir des années 1970 le saumon fumé) à la France entière. Jusqu’alors celui-ci n’était qu’un met essentiellement localisé au sud des Landes et consommé que lors de grandes occasions.

 Agé à peine de 20 ans à l’époque, Robert Labeyrie, au volant de sa camionnette avec laquelle il montait à Bordeaux, l’imposa d’abord sur les meilleures tables de la capitale girondine qui l’associèrent aux grands crus contribuant ainsi à sa renommée. Puis celle-ci franchit les frontières régionales, imposant le foie gras comme le met qui illumine les festins du nouvel an.

 Aujourd’hui, Labeyrie a atteint sans doute un point critique, et il lui faut certainement se diversifier, d’autant que se développe dans les pays anglo-saxons et nordiques un courant anti-foie gras au nom de la protection des animaux qui entrave les exportations et qui pourrait être contagieux. La tâche s’annonce ardue, presque une gageure. Mais est-ce une raison pour s’aventurer sur cette voie ? C’est un peu comme si pour relancer la consommation du vin en France qui ne cesse de baisser, on faisait des bordeaux à la pêche, au réglisse, à la cerise (certains nez affinés mais malintentionnés nous disent que c’est déjà le cas).

 

FOIR GRAS.jpg


 Le progrès n’est-il pas dans la fidélité à la tradition, dans le respect du goût, et non dans de cocasses aventures ?

 

Poudre blanche : chut !

 

Un phénomène fait un tabac en Suède, rapporte le supplément hebdomadaire du Monde du 21 novembre. Il s’agit de la fête « sobre », à savoir sans alcool. L’organisateur de celles-ci est un certain Marten Anderson, un ancien alcoolo, confesse-t-il. Il a eu cette idée pour lutter contre la « binge drink » (la cuite expresse ou mieux la biture brutale) qui consiste à se bourrer chez soi, à toute berzingue, avant de sortir. A quoi ça sert donc de sortir quand on est déjà complètement défoncé ? Ce rapport sauvage aux boissons alcoolisées est typique des sociétés qui ont connu la prohibition, d’une forme ou d’une autre.

Pour avoir droit d’entrer à ces sortes de « raves parties », à l’ambiance joyeuse dit le journaliste du Monde, l’impétrant est soumis à l’éthylotest avec tolérance zéro. A l’intérieur on y sert du faux champagne et des cocktails de fruits.

A qui fera-t-on croire que faux champagne (sans doute jus de pomme et eau gazeuse comme on en sert dans les pays musulmans lors des réceptions mondaines) et mélanges de sucs de fruits suffisent à créer une ambiance joyeuse ? Ce que ne dit pas le journaliste, c’est qu’il doit y circuler des substituts à l’alcool que nous ne nommerons pas, comme par exemple une poudre banche extraite de la sève des feuilles d’un arbrisseau qui ne pousse que dans les Andes. Faut-il un dessin ? Le voila..! 

 

oeuf a la coke.jpg


On peut se demander si finalement si toutes ces campagnes anti-alcooliques ne contribuent pas à la banalisation de drogues nettement plus nocives ?

Le fait de se défoncer, de s’abrutir, en y recourant à n’importe quelle substance ne trouvera pas sa solution dans la prohibition. Au contraire même car celle-ci est une fuite de la réalité.

Les Epicuriens, considérés comme les premiers matérialistes de l’histoire, estimaient que le plaisir était une morale et qu’on ne parvenait à celui-ci que grâce à une subtile dialectique de la privation et de la satisfaction.

 L’art de vivre, c’est savoir déguster et non ingurgiter.

                                               

A SUIVRE

 

 

 

 

 

 

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