Avertir le modérateur

mardi, 23 décembre 2014

MAIS ON N’ARRETE PAS LE PROGRES (2éme ET DERNIER EPISODE)

 

POLUTION NUIT GRAVEMENT.jpg

BOUTEILLES VIDES AVEC BOUCHONS

GUEULE DE BOIS ECOSSAISE

FUMEUR MALGRE-VOUS


 

  Par Ricardo Uztarroz  

                       Sûr que, la semaine dernière, on vous a fait saliver avec ce foie gras à la cerise, à la figue ou à la noisette destiné à donner la pêche à nos tristounets apéritifs. Convaincus nous sommes que ces bringues suédoises sans bibine mais avec nana (du moins on l’espère) ont stimulé votre libido.

                        Dans ce second épisode de On n’arrête pas le progrès, nous changeons de ton car nous allons vous entretenir d’une invention qui permet un miracle : se siffler une boutanche sans la dépuceler (oui, c’est possible), et vous allez compatir avec nous sur le triste sort qui frappe les Ecossais. Pour se refaire le moral, nous les invitons à venir respirer le bon air de Paris bien chargé en particules. Tout parisien est un fumeur invétéré qui s’ignorait jusqu’à il y a peu. 

Y a un amerloque qui s’appellerait  Greg Lambrecht, de 45 ans, qui a fait une invention géniale qui va me permettre de duper mon épouse qui surveille toujours à quel rythme se réduit le stock de ma cave et à quelle vitesse se vide la bouteille que j’ai débouchée qui m’aide à supporter les programmes télé. Vous avez sûrement remarqué que ceux-ci ne cessent de passer en boucle. Donc quand on boit un petit coup, ça aide à supporter la répétition.

 

Divine piquouze

 

L’engin qu’il a mis au point, cet amerloque,  permet de se siroter une boutanche sans avoir à la déboucher. Il est constitué d’une longue aiguille qu’on enfonce dans le bouchon et d’une capsule de gaz neutre qu’on injecte. L’opération mérite d’être sanctifiée en Divine piquouze. Par l’aiguille peut alors s’écouler, comme le sang lors d’une saignée, le contenu sans que ce qui reste dans le flacon s’oxyde (bon avec mon vieux copain Claude, quand nous débouchons une bouteille, les probabilités qu’elle s’oxyde sont à coup sûr nulles).

On pourrait baptiser l’instrument « l’écouleur » C’est pas parce qu’il est américain qu’il n’a pas droit à un patronyme hexagonal. Il est commercialisé par la société Coravin europe, coûte 300 euros (mazette) et le lot de trois capsules gazeuses 30 euros (bigre). Il y a des bourses qui vont grincer. A ce prix là, ça fait combien de bouteilles d’un nectar correct ? Le choix est cornélien : je fais barrage à l’oxydation ou je m’en rouvre une autre car le meilleur anti-dote contre l’oxygène c’est de se faire sans barguigner les fonds de bouteilles. Claude et moi pouvons certifier de l’efficacité de la méthode.

Certains restaurateurs, qui ont adopté le service au verre, se sont montrés très intéressés et se sont dits disposés à l’adopter. Désormais, on entendra plus le caractéristique son d’une bouteille qu’on débouche mais un chuintement, un bref sifflement agonisant.

Moi, aussi, je suis vivement intéressé car j’y vois un gros avantage. Je pourrais me siffler en douce toutes les bouteilles que je voudrais et ensuite les remettre à leur place dans la cave. Quand mon épouse passera vérifier leur nombre (c’est une obsession chez elle que je ne m’explique pas), elle n’y verra que du feu.

Y a pas à dire, ils sont fortiches là-bas, de l’autre côté de l’océan. Il est vrai que la prohibition leur a inculqué l’art de la dissimulation.

 

coravin-recalls-wine-access-system-2014062-001.jpg

 

Pauvres Ecossais

 

Oui, il faut compatir avec les Ecossais, pas parce qu’ils vont encore subir la férule des Anglais, mais parce qu’ils n’ont plus le monopole du meilleur whisky du monde. Dès les années 20, dans le cadre de leur effort de guerre qui devait les conduire à la colonisation notamment de la Manchourie, les Nippons se lancèrent dans la production du whisky pour remplacer le saké, le riz étant destiné en priorité à l’alimentation de ses soldats expéditionnaires. Dans le même dessein, le Japon intensifia à la même époque sa production de vin.

Il est arrivé aux Ecossais ce qui arriva aux vignerons du Bordelais avec le fameux Jugement de Paris qui désigna, au terme d’une dégustation à l’aveugle, un cru californien comme meilleur 'Bordeaux'.

La Bible du Whisky, une revue spécialisée, qui attribue ce titre depuis 12 ans, a désigné un pur malt de 12 ans d’âge, provenant du pays du Soleil levant, comme le meilleur du monde. C’est un Yamazaki, «consistant, sec, rond comme une boule de cristal ».

A propos des scotchs, l’âme de la revue, Jim Murray, s’est exclamé : « Où sont passés les whiskies complexes ? Où sont les mélanges qui offraient des couches supérieures de profondeur. Il est temps de retourner aux bases »

Mais quand il y a production massive est-ce que le retour aux bases est possible ?

 

TINTIN.jpg

Fumeur malgré lui

POLUTION NUIT GRAVEMENT.jpg

 

Une étude qui a fait grand bruit à la veille de décembre est venue dire ici ce que nous avons dit ici à plusieurs reprises : tout promeneur pédestre parisien est un fumeur qui s’ignore, un fumeur malgré lui. L’air y est tellement pollué que certains jours c’est comme s’il était dans une pièce close en compagnie de huit fumeurs fumant comme des pompiers. Voilà qui rend les lois prohibitionnistes anti-tabac quelque peu déconcertantes.

 Une poignée d’établissements à Paris ont un salon fumeur hermétiquement isolé du reste : Le serveur, qu’il soit fumeur ou pas, comme cela se fait pour les détenus dans des geôles de haute sécurité, passe le plateau avec votre commande par un sas, pour éviter qu’il inhale un soupçon de fumée de votre cigare. Mais en même temps il se remplit les poumons de milliers de particules recrachées par les moteurs à explosion.

La priorité ne serait-ce pas la pollution atmosphérique ? L’heure ne serait-elle pas de laisser aux gérants de cafés ou de restaurants de choisir d’être entièrement non-fumeur, fumeur, ou mixte ?

Va-t-on leur imposer un filtre à air pour assainir l’atmosphère de leurs établissements et l’instauration d’un sas entre la rue et leur salle pour faire barrage à l’air pollué? Ce serait la moindre des cohérences, non ?

Bon arrêtons là, sinon on va basculer dans un moralisme bon marché, ce qui n’est pas notre genre.

 

                   FIN (1)

 

 

1 - Probablement provisoire : si les repas, les dégustations et les soirées passées à tirer sur un havane nous laisse un peu de temps. Car on n’arrête pas le progrès.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu