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dimanche, 19 février 2017

UNE RÉGION VITICOLE EN DANGER

LA REVOLUTION DU SWARTLAND: ACTE 2

Une région viticole en danger


Claude Gilois

 

L’acronyme ‘Swartland Revolution”’ est aujourd’hui bien connu des aficionados du vin et marque l’émergence, ces quinze dernières années, d’une nouvelle région viticole d’Afrique du Sud jusque-là quasiment inconnue et qui a propulsé le pays sur la carte des grands pays viticoles du monde. Emmené par Eben Sadie, et quelques autres vignerons visionnaires, ils produisent aujourd’hui de vins d’une grande authenticité en parfaire harmonie avec le climat et le terroir de la région, le plus souvent avec des vieilles vignes qu’ils dorlotent avec passion et amour. En quelques années, certains des vins de la région sont passés d’un statut de parfait inconnu à un statut d’icône. Ce renouveau de la viticulture est connu sous le nom de ‘Swartland Revolution’ et la petite équipe de 5 membres qui en est à l’initiative est appelée le ‘Swartland Gang’.

Swartland gang1.jpg

Il semblerait qu’aujourd’hui se prépare une autre révolution dans le Swartland, celle-ci n’est plus métaphorique mais bien réelle. Les viticulteurs et vignerons se rebellent contre la décision de la municipalité du Swartland d’accorder des permis additionnels pour l’exploitation de mines de sable sur la montagne de Paardeberg où se situent certains des vignobles emblématiques de la région. L’Afrique du Sud est aussi connue pour son industrie minière que pour la violence avec laquelle elle réprime toute demande d’amélioration des conditions des mineurs (44 morts en 2013). Autoriser la création de mines d’extraction de sable dans une région viticole de prime importance c’est un peu comme proposer l’extraction des gaz et pétroles de schiste en Provence comme cela avait été suggéré en son temps par l’industrie minière.  

 

Située seulement à 65 kilomètres du Cap (à peine plus que les régions traditionnelles), elle se concentre autour des villes de Malmesbury, Darling et, Riebeek Kasteel. On est là bien loin des régions viticoles traditionnelles qui s’articulent, elles, entre Stellenbosch, Paarl et Franschhoek et qui possèdent une intense activité autour de la vigne et du vint qui jouit d’un dynamisme touristique de grande qualité avec ses hôtels, restaurants, bars, chambres d’hôtes etc.

Mais le Swartland, c’est bien diffèrent ! Quand on conduit du Cap jusqu’à Malmesbury , on a l’impression d’entrer dans une nouvelle dimension, une sorte d’univers parallèle. On est tout d’abord frappé en été par l’intensité de la lumière produite par la réflexion du soleil sur les plants de maïs coupés et qui altère la perception de la couleur si bien qu’on a l’impression de voir tout en jaune un peu comme si avait avalé une pilule de LSD. Le Swartland est une région traditionnellement agricole de culture du maïs et elle n’est que récemment connue pour sa viticulture et ses vins. On y compte à peine plus d’une vingtaine de domaines. C’est une région viticole émergente qui a besoin de l’influx de nouveaux viticulteurs et d’infrastructures touristiques pour se hisser au niveau du dynamisme de régions viticoles traditionnelles. Aujourd’hui, des gens organisent leurs loisirs autour des vins et des visites de vignobles et cette forme de recréation a même un trouvé un nom, l’oenotourisme . Tous les grands pays viticoles et toutes les grandes régions viticoles du monde ont bien compris qu’il y avait là une manne financière touristique substantielle à aller chercher sans jamais tomber dans un tourisme de masse destructeur puisqu’il est réservé dans l’ensemble aux voyageurs plutôt affluents.

Donc plutôt que d’aller chercher cette manne, la municipalité à préféré accroitre les droits de l’industrie minière et pour du sable. Pour de l’or ou des diamants… passe peut-être encore. Dire aujourd’hui que l’industrie minière est polluante est un euphémisme. C’est souvent un paysage de désolation qu’elle laisse derrière elle et il n’y a qu’à regarder les ravages faits par l’extraction des gaz et pétroles de schiste aux Etats-Unis pour s’en convaincre avec ses centaines de puits abandonnés et qui donnent un aspect lunaire au paysage. Si vous voulez détruire le potentiel d’une région, alors donnez aux orpailleurs de la nouvelle génération le droit de s’en emparer. Ce qui se passe aujourd’hui dans le Swartland n’est pas nouveau et les projets destructeurs de l’environnement se comptent à la pelle partout dans le monde.

sand mining .jpg

Les viticulteurs du Swartland ont décidé de faire appel de la décision de la municipalité et ont 21 jours pour le faire et pour étayer leur revendication ils ont lancé une pétition. Alors si vous aussi vous vous sentez concerné par l’invasion de projets destructeurs de l’environnement, signer là ! Attention quand même, on vous demandera une contribution financière pour rémunérer le site mais vous n’êtes pas obligé d’apporter votre obole.

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