Avertir le modérateur

lundi, 19 février 2018

ALCOOL, VIN ET SANTÉ. LA MINISTRE DE LA SANTÉ, AGNÈS BUZIN, ATTAQUE!

LE VIN EST-IL MEILLEUR (OU MOINS NOCIF) POUR LA SANTÉ QUE LES AUTRES BOISSONS ALCOOLISÉES ?


Claude Gilois

 

Le monde du vin est en effervescence après la déclaration de la ministre de la santé Agnès Buzin sur France 2 le 7 février 2017 : « aujourd’hui, le vrai message de santé publique serait : l’alcool est mauvais pour la santé. [Consommer avec modération] est un message ancien » ou que « l’industrie du vin laisse croire aujourd’hui que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky ». Dans sa ‘bulle’ de ministre, Mme Buzin est dans son rôle de protecteur de   la santé publique et sa remarque n’est pas sans fondement puisque le vin contient de l’alcool au même titre que les autres boissons alcoolisées.

 

Pour autant la ministre de la santé a-t-elle raison de diaboliser l’alcool et mettre le vin au même rang que les autres boissons ? Quels sont les fondements culturels et scientifiques qui pourraient justifier ou infirmer une telle assertion.

VINS ALCOOL SANTE CARTOON.jpg

 

CONTEXTE HISTORIQUE

 

La consommation d’alcool et essentiellement celle du vin a constitué un problème de santé publique majeur pendant plus d’un siècle (1950-1960) et la consommation de vin était le double de celles des autres grands pays viticoles comme l’Italie ou l’Espagne. En cinquante ans, la consommation a été divisée par deux (principalement celle du vin) et même si elle se situe dans la fourchette haute, elle ne fait plus figure d’exception dans le monde. Ce n’est qu’au milieu des années 1960 que la France a pris des mesures utiles (réduction de l'offre, développement de la prévention, prévention routière et prévention scolaire, organisation de campagnes publicitaires anti-alcool) même si ces mesures ont parfois été excessives comme la loi Evin de 1985 mais l’enjeu de santé publique était majeur.

 

 

 

 

EXISTE-T-IL UNE CONSOMATION D’ALCOOL SANS DANGER OU BÉNÉFIQUE POUR LA SANTÉ ?

 

Il y a 25 ans, l’Organisation Mondiale de la Santé établissait des recommandations pour une consommation sans danger ou de danger minimum pour la santé à 21 unités par semaine pour les hommes et 14 unités pour les femmes. Pourquoi une telle différence entre l’homme et la femme ? En termes biologiques, cela s’explique facilement et porte le nom de polymorphisme génétique. La ‘puissance’ du gène qui contrôle la production d’enzymes pour la détoxification de l’alcool dans le corps est moins forte chez les femmes (i) . Cette plus forte résistance des hommes à ‘alcool s’explique tout simplement par une consommation d’alcool plus régulière chez l’homme au fil des siècles. De même, les populations asiatiques ont une résistance beaucoup moins importante que les populations occidentales et cela aussi s’explique historiquement. Au Moyen-Âge quand les villes s’agrandirent, les conditions sanitaires se détériorèrent en particulier celle de l’eau. Les pays de la vieille Europe, qui avait des vignes firent du vin à très faible degré qui, consommé comme de l’eau, agissait comme un antiseptique. Les populations asiatiques n’ayant pas de vignes mais du thé, elles firent bouillir l’eau et consommèrent du thé mais ne développèrent qu’une résistance partielle ([ii]) à la consommation d’alcool.

 

COMMENT ONT ÉTÉ ÉTABLIS CES CRITÈRES DE CONSOMMATION ?

 

Ils furent établis principalement à partir de la plus large étude jamais entreprise par l’ ‘American Cancer Institue’ qui suivit 276 000 personnes pendant 12 ans ([iii]). Les résultats présentés sous une forme graphique par le professeur Renaud sont édifiants ([iv]).

 

alcool, vin et santé graph.png

Les courbes en forme de J indiquent que les effets observés dépendent de la dose. Pour une consommation de 36 grammes par litre par jour (3,6 unités d’alcool par jour), la mortalité toutes causes confondues, est inférieure ou égale   pour les buveurs et les non-buveurs. Cette étude fut corroborée par celle de Gronbaek et. Al. en 1995 ([v]), aussi une vaste étude qui montre que la mortalité des buveurs modérés  est moins importante que celle des non- buveurs. Mais d’autres études sur des cohortes plus petites indiquèrent que la consommation d’alcool n’apportait pas de protection ([vi]). Alors se pourrait-il que le type d’alcool consommé fasse une différence sur les résultats obtenus ?

 

 

LE VIN EST-IL MEILLEUR OU MOINS NOCIF POUR LA SANTÉ QUE LES AUTRES BOISSONS ALCOOLISÉES ?

 

La première étude à suggérer la primauté du vin sur les autres types de boissons alcoolisées fut celle de Klatsy et. Al. ([vii]) en 1992. Basée sur 126 900 sujets suivis pendant 7 ans, elle concluait que la consommation de vin apportait une protection pour la santé de 30-40% supérieure aux consommateurs de spiritueux. Ce fut confirmé par une autre étude de Gronbaek  cité plus haut qui indiquait que la mortalité cardio-vasculaire était en baisse de 47% pour les buveurs de vin mais que la consommation de spiritueux et de bière n’avait aucune incidence sur la mortalité cardio-vasculaire ([VIII]).

Une étude prospective effectuée en France sur 35000 hommes d’âge moyen allait aussi conclure que seule une consommation modérée de vin était en mesure d’apporter des effets protecteurs sur toutes causes de mortalité y compris pour le cancer ([IX]).

 

DÉCRIPTAGE DES RESULTATS DES RECHERCHES

 

 

Après tout, ce n’est sans doute pas si surprenant que le vin confère une protection supérieure aux autres boissons alcoolisées car il contient des niveaux élevés d’antioxydants, de polyphénols en particulier des acides phénoliques et surtout de flavonoïdes ([x]) comme le resvératrol aux puissants pouvoirs antioxydants. Le rôle des antioxydants est d’éponger les radicaux libres qui sont des substances toxiques d’origine endogène ou exogène impliquées dans des nombreuses conditions médicales chroniques et inflammatoires et dans le développement des cancers.

 

 

FAUT-IL S’ABSTENIR DE CONSOMMER DE L’ALCOOL ET EN PARTICULIER DU VIN  COMME LE PRÉCONISE LA MINISTRE DE LA SANTÉ?

 

Il n’a eu aucune étude de l’ampleur de celle publiée par l’ ‘American Cancer Institute’ pour mettre en doute la validité des ses conclusions et la conclusion des autres larges études qui démontrent qu’une consommation modérée d’alcool et en particulier de vin est sans danger pour la santé voire même bénéfique. Les études qui mettent en doute ces conclusions ont été effectuées sur des échantillons beaucoup moins importants. Sur cette base, les recommandations de l’Organisation Mondiale de la santé restent valides même si certains pays maintenait prônent une réduction à 14 unités pour tous voire une abstinence totale. On peut s’interroger sur les motivations des instituts de santé qui préconisent une telle réduction et cette question fera l’objet d’une nouvelle communication de votre scribe.

Les défenseurs du vin qui basent leur argumentation   sur des valeurs culturelles et sur une relation à la terre devraient reconnaitre les limitations de leurs arguments. Comment ne pas reconnaître et apprécier la passion, le savoir-faire, la patience qui entrent dans la composition des meilleures bières, des Cognacs, des Armagnacs, des Sakés et de la reine des liqueurs, la Chartreuse, dont les moines ont mis plus de 200 ans pour arriver à élaborer un produit commercialisable. Il semblerait plus judicieux de s’en tenir aux arguments scientifiques.

 


[i]
 
Frezza, M.; Di Padova, C.; Pozzato, G.; Terpin, M.; Baroana, E.; & Lieber. C.S. High blood alcohol levels in women: The role of decreased gastric alcohol dehydrogenase activity and first-pass metabolism. The New England Journal of Medicine 322(2):95-99, 1990

GRONBAEK M, DEIS A, SORENSEN TIA, BECKER U, SCHNOHR P, JENSEN G. Mortality associated with moderate intakes of wine, beer, or spirits. Br Med J 1995;310:1165-1169.

 

[ii] LEINO EV, ROMELSJO A, SHOEMAKER C, AGER CR, ALLEBECK P, FERRER HP, FILLMORE KM, GOLDING JM, GRAVES KL, KNIEP S. (1998) Alcohol consumption and mortality. II. Studies of male populations. Addiction 93:205-218. 

 

[iii] Bofeta P ET Garfinkel L. Alcohol drinking and mortality among men enrolled in an American Cancer Society prospective study. 1990. Epidemiol. 1.342-348.

 

[iv]Renaud Serge Pr. Le régime crétois.2004. Edition Odile Jacob. ISBN :2-7381-1471-7

 

[v]GRONBAEK M, DEIS A, SORENSEN TIA, BECKER U, SCHNOHR P, JENSEN G. Mortality associated with moderate intakes of wine, beer, or spirits. Br Med J 1995;310:1165-1169.

 

[vi] LEINO EV, ROMELSJO A, SHOEMAKER C, AGER CR, ALLEBECK P, FERRER HP, FILLMORE KM, GOLDING JM, GRAVES KL, KNIEP S. (1998) Alcohol consumption and mortality. II. Studies of male populations. Addiction 93:205-218. 

 

[vii] KLATSKY A.L., ARMSTRONG  MA ET FRIEDMAN DG., Alcohols and mortality. Ann. Inter. Med.117,1992, p 646-654. 

[VIII] GRONBAEK M, DEIS A, SORENSEN TIA, BECKER U, SCHNOHR P, JENSEN G. Mortality associated with moderate intakes of wine, beer, or spirits. Br Med J 1995;310:1165-1169.

[IX]SERGE RENAUD , DOMINIQUE LANZMANN-PETITHORY , RENÉ GUEGUEN  and PASCALE CONARD.  Alcohol and Mortality from All Causes. Biol Res 37: 183-187, 2004.

 

{X] COOK NC, SAMMAN S. Flavonoids - Chemistry, metabolism, cardioprotective effects, and dietary sources. J Nutr Biochem 1996;66-76S).

Commentaires

LETTRE OUVERTE A Madame Agnès BUZIN, Ministre de la Santé

Madame la Ministre,
Ne nous faites pas retourner dans le « vieux monde…alcoologique » !
par Jean Pierre ZOLOTAREFF
0608699320

Psychothérapeute – Addictologue – Diplômé du département santé publique et communautaire de la faculté de médecine de Bobigny (DUFASS 1981) , directeur de centres de soins en alcoologie puis en addictologie de 1982 à 2017 – organisateur de 7 forums européens en alcoologie et addictologie durant la période dont celui de Nantes labellisé dans le cadre des Etats généraux de la santé par Bernard KOUCHNER - enseignant à la faculté de médecine d’Angers dans le cadre d’un des principaux DIU d’addictologie français jusqu’en 2016 - Président fondateur du réseau national de l’alcoologie plurielle – directeur de la publication du même nom - Co-auteur de l’ouvrage « pour une alcoologie plurielle – membre de la Société Française d’Alcoologie – Vice-Président fondateur de l’Observatoire Addictologie de Seine St Denis
A ce jour encore en activité auprès de publics en insertion, formateur et superviseur pour la formation des professionnels en addictologie clinique de terrain (Réseau PASS IDF)



Madame,
Nous sommes en 2018 et vous êtes l’actuelle Ministre de la santé. Vos récents propos sur le vin, les producteurs et la question de la santé publique m’inquiètent quand vous semblez renouer avec une stigmatisation dépassée du vin, quand vous contestez même le message de modération et laissez entendre que seule l’abstinence serait la solution. Cela m’amène à reprendre ma plume sur cette question importante en me permettant de vous interpeller respectueusement.
En 1991, il y a donc 27 ans (!), j’ai fait partie, en tant que responsable alcoologique, de celles et ceux qui ont été auditionnés dans le cadre de la préparation de la Loi EVIN. On retrouve dans les pièces officielles annexées à la Loi ma contribution écrite.
Avec une trentaine de professeurs de médecine, de médecins alcoologues responsables hospitaliers ou de centres d’alcoologie, d’universitaires, psychologues, travailleurs sociaux et chercheurs, nous interpellions votre prédécesseur de l’époque, Claude EVIN, en lui faisant part de notre pratique clinique et de nos recherches sur le terrain. A diverses reprises nous nous sommes exprimés dans les médias et autres colloques dont deux au Sénat et à l’Assemblée Nationale où je serai l’un de ceux qui porteront la parole suivante :
- Non le problème de santé publique ce n’est pas le vin en tant que produit mais bien la relation que chacun entretient ou non avec lui
- Oui il existe bel et bien, et heureusement une consommation responsable et l’éducation et la prévention n’y sont pas pour rien.
- Non les viticulteurs et plus globalement l’industrie y afférent ne sont pas responsables directement des conséquences des conduites problématiques avec l’alcool, car encore une fois, le produit seul n’est pas responsable mais par contre c’est bien le comportement de chacun et ses conditions de vie, dans notre société qui est en question. Pour autant cela ne doit pas empêcher la Santé Publique d’impliquer l’industrie viti-vinicole et alcoolière pour qu’elle apporte sa contribution en particulier dans la prévention et elle y prête et l’a déjà fait.
- Oui comme d’autre produits, le vin contenant de l’alcool (éthanol) n’est pas un produit anodin et encore une fois l’éducation et la prévention doivent s’en préoccuper depuis le plus jeune âge. C’est comme la voiture, personne ne peut dire qu’elle est responsable des excès de vitesse, des feux rouges grillés et autres bandes jaunes franchies et de nombre des accidents. Par contre il est évident que chacun doit avoir une formation (le permis de conduire) pour se lancer au volant de tout véhicule. La conduite accompagnée (familiale par exemple) est bon outil. Tout comme un code de la route à respecter est une absolue nécessitée.
- Concernant la consommation de vin, c’est si vrai que les études montrent très clairement que ce ne sont pas les régions productrices qui consomment le plus et de manière dommageable. Là, l’éducation au savoir et au bien boire se transmet de génération en génération dans une dimension culturelle et familiale bien connue.
- Oui l’un des problèmes est lorsque la dépendance s’installe et produit des dommages bien réels à l’organisme, mais il faut un certain temps et tous et toutes ne sont pas égaux devant ce risque. Ce n’est pas comme, par exemple, l’héroïne, en tant que produit psychoactif, où peu de temps est nécessaire pour déclencher une dépendance.
- Non il ne suffit pas de boire du vin même régulièrement pour devenir « dépendant »
- Oui la dépendance est multifactorielle, elle touche à la singularité de chacun, au social, à l’affectif, au familial, aux modes de vie. On peut même dire qu’elle a une certaine fonction dans l’écologie de l’individu et/ou de sa famille.
- Oui le binge drinking est un vrai problème, mais ce n’est pas en diabolisant le vin et les alcools que l’on va régler la question de cette pulsion qui amène des jeunes à boire très vite de grandes quantités d’alcool le samedi soir par exemple pour s’extraire d’un monde dans lequel manifestement ils ont bien du mal à s’y faire une place. Cette pratique dommageable est d’abord à resituer dans ces prises de risques multiples qu’une partie de la jeunesse recherche coûte que coûte, analysons-le, étudions-le plutôt que de simplement le dénoncer ce qui ne sert bien sûr à rien.
Nous avons avec pédagogie et volontarisme souvent militant, expliqué cela, pratiques et recherches à l’appui, et force est de constater que dans les années qui suivirent une évolution s’est fait sentir, et en particulier avec l’arrivée de Nicole MAESTRACCI à la présidence de la MIDLT, devenue depuis MILDECA. En effet sous son impulsion on a enfin réussi à parler des comportements et le mot ADDICTION est venu consacrer cette bataille que certains d’entre nous menons depuis près de 40 ans. Il s’est agi d’une évolution considérable, on ne parlait plus (à part quelques Ayatollahs hygiénistes) du produit « alcool » mais du comportement avec « l’alcool » menant ou non à l’addiction. Les politiques publiques se sont ouvertes à ces notions en distinguant par exemple « l’alcoolisation de l’addiction » au produit.
L’alcoolisation est et demeure un problème réel, plutôt civique et citoyen que de Santé Publique en tant que tel (accidents de la route, violence, délits divers.) mais les multiples initiatives, souvent avec bien peu de moyens, sur le terrain tentent d’informer, prévenir, comprendre. Par différents supports on avance, tel ici le théâtre participatif, ici une vidéo collective, ailleurs des témoignages. Il faut continuer et amplifier. Le travail éducatif de la prévention spécialisée et de la protection judiciaire de la jeunesse produit aussi de réels effets positifs.
Sur le terrain du soin, (composante importante de la santé publique avec la prévention), malgré des budgets totalement insuffisants, les approches thérapeutiques grâce à cette ouverture se sont diversifiées, l’alcool n’étant plus réduit à être simplement supprimé, comme « remède » miracle. Grâce à l’abandon de la stigmatisation du produit alcool, les pratiques « barbares » comme les implants de Disulfirame et autres cures de dégoût ont définitivement pu disparaitre. Aujourd’hui tout le monde reconnait l’intérêt de la mise en place d’approches où le patient en difficulté dans son comportement avec l’alcool n’est plus jugé, où la morale n’a plus sa place. La personne en difficulté n’est plus réduite à son symptôme, elle est reconnue dans sa souffrance et est associée à sa résolution. Une approche transdisciplinaire est valorisée, la psychothérapie n’est plus taboue, diverses approches complémentaires existent en la matière, une ouverture a été réalisée non sans de réels succès vers la famille en l’associant pleinement dans le parcours thérapeutique, (thérapie familiale), la « cure » n’est plus le vrai faux miracle, la médecine peut reprendre une vraie place, celle de traiter en particulier les complications mais aussi d’accompagner des parcours pluriels ou le social, l’affectif et le familial se côtoient avec la singularité de chaque individu pour avancer face à cette souffrance globale et multiple.
De nouveaux possibles ont leur place, une diversification des réponses est en œuvre et produit des effets. La formation continue et un enseignement universitaire ouvert sont soutenus par le Ministère, la MILDECA et les ARS. Les centres de soins (CSAPA) intègrent de nouveaux professionnels mieux formés à de nouvelles approches. Les CSAPA s’attaquent enfin à la souffrance plurielle de leurs usagers en étant sortis du vieux discours anti-alcool primaire qui a tant montré son inefficacité. Des équipes de liaisons intra hospitalières ont été mises en place, des microstructures réactives et en prise directe avec le tissu local se développent non sans succès. Des entreprises, des collectivités, investissent dans la formation de leurs cadres et leurs personnels pour un mangement et un vivre ensemble plus au fait des réalités en la matière. Les politiques publiques intègrent aussi la notion de réduction des risques qui a donné de vrais résultats avec les toxicomanies aux produits illicites. Pour la question de l’alcool il est possible de travailler sur des protocoles de réduction de la consommation par exemple mais aussi sur la qualité des boissons alcoolisées.
La disparition progressive des discours simplistes, réducteurs, dogmatiques, hygiénistes, anti vin ou anti alcool permet cela. Il faut protéger cela au nom de la Santé Publique et au nom de notre capacité de réponse à continuer de développer des pratiques adaptées à cette problématique bien réelle !
Ne nous faites pas reculer Madame la Ministre !
Aujourd’hui encore et grâce à cette évolution, (toujours à part quelques Ayatollah rétrogrades, aujourd’hui minoritaires) chacun sait que l’abstinence ne peut plus être présentée comme la seule thérapeutique pour tous. Certains y auront accès et les mouvements d’anciens buveurs, ces mouvements d’entraide, en sont une formidable preuve, mais pour d’autres cela sera difficile voire impossible le chemin étant pavé de tellement d’embuches intriquées. Les professionnels le savent et se mobilisent chaque jour pour inventer de nouvelles réponses pour que la solidarité de la nation soit au rendez-vous face à cette réelle question de Santé Publique qui mérite mieux que les clichés, aujourd’hui dépassés de ce vieux monde que pourtant vous dénoncez régulièrement avec le Président Macron, Madame La Ministre.

Voilà ces quelques mots d’un thérapeute-citoyen engagé auprès de ses patients depuis 35 ans, ardent défenseur de la Santé Publique et du Service Public.
Je reste bien sûr disposé et disponible pour échanger et pour participer à toute initiative pour toute nouvelle avancée en la matière, étant depuis 1 an beaucoup plus disponible après avoir accompagné dans ma vie professionnelle et avec les équipes que j’ai conduites des milliers d’hommes et de femmes en difficulté dans leur rapport complexe avec l’alcool et autres produits psychoactifs.
Durant toutes ces années j’ai conduit mon engagement professionnel, avec énergie, mais avant tout avec humanisme et espoir dans l’intelligence, la recherche et le progrès partagé au service d’une solidarité républicaine envers nos concitoyens en souffrance…loin des dogmes et autres formules hygiénistes inefficaces quand elles n’ont pas été en plus… dangereuses.
Je vous prie, Madame la Ministre, d’accepter l’expression de mes salutations dévouées et respectueuses.

Le 26 février 2018

Écrit par : Jean Pierre ZOLOTAREFF | lundi, 26 février 2018

On a longtemps vanté les mérites pour la santé, et surtout ceux du rouge ! Nombreuses sont les études qui viennent affirmer ou infirmer ces dires.

Effectivement l'alcool se doit d'être consommé avec modération, il est mieux d'éviter une consommation excessive.

Écrit par : Netvin | jeudi, 12 avril 2018

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu