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lundi, 28 septembre 2009

Le Boom du Bio: le vignoble en tête de la tendance

Par Ricardo Uztarroz*

 

 

Faut pas désespérer du genre humain ! Qu'est-ce qui lui prend à ce Singe en hiver pour balancer pareil avis péremptoire ? Commencerait-il à avoir la grosse tête, à se prendre pour un néo-nouveau philosophe, un anti- Schopenhauer, ce penseur allemand du XIX° qui estimait que la vie oscillait entre « douleur et ennui », ou encore un anti-Cioran, grande figure intellectuelle de Saint-Germain-des-Près d'origine roumaine, chantre de l'inutilité de l'existence, qui considérait que toute naissance était « un accident risible » qui mourut néanmoins de vieillesse alors qu'il aurait été logique qu'il se suicidât. Mais, voilà, on a beau avoir des vilaines pensées sur la vie, il n'en demeure pas moins que celle-ci, la vie, est putainement belle en fin de compte. Ce n'est pas l'auteur de ces lignes qui dira le contraire.

Il se félicite que ses géniteurs aient copulé le jour ou le soir où ils l'ont fait, comme ça il est parmi vous. Si ç'avait été la veille, ça aurait été un(e) autre que lui, et si ç'avait été le lendemain, ça n'aurait pas été lui, quand on sait le peu de probabilité qu'a un spermatozoïde d'atteindre son but. Passer du stade de spermatozoïde à être humain au terme d'une course effrénée, ça du bon car un des bonheurs de la vie c'est qu'elle permet de boire et de tirer des bons coups...

Qu'est-ce donc qui incite ce Singe en hiver à être aussi sentencieux que ça, aussi docte qu'un médecin penché sur un cadavre annonçant : « la vie l'a quitté », à aller à contre-courant du climat de morosité depuis le tour de passe-passe des sub-primes qui en a ruiné plus d'un qui se croyait super-malin et privilégié en plaçant sa fortune chez Madoff, un vrai génie celui-là de l'embrouille et de la carambouille? Tout simplement un nouvelle parue à la fin de l'été, au moment juste où on doit reprendre le collier, et qui est passée en grande partie inaperçue, noyée dans le flot de nouvelles sans intérêt et de polémiques encore moins nécessaires.

 

Des pourcentages qui décoiffent

 

La nouvelle est que le bio explose en France. C'est un vrai boom comme aucun autre secteur n'en connaît. Sa progression a été de 25% en 2008 et son chiffre d'affaires atteint les 2,6 milliards d'euros, ce qui n'est pas rien ! De 2000 à 2007, sa croissance n'était (si l'on peut dire n'était) que de 10% l'an. Y a pas mal de branches qui se seraient contentées d'une progression de moitié inférieure. Et arrive en tête de cette tendance le vignoble. Ses surfaces ayant le label agriculture bio ont fait un bond de 25% en un an, contre 11,6% pour les céréales. Mais, attention, ne faisons pas dire à ces pourcentages plus qu'ils n'en disent.  La superficie classée bio ne représente que 2,12% des terres agricoles de l'hexagone, soit en chiffre absolu 584.000 hectares. Les experts de l'Agence-Bio, organisme officiel, pensent qu'elle devrait se situer à 6% en 2012, une extrapolation qui laisse d'autres experts un peu sceptiques.

 Mais, bon, l'incompétence du Singe en hiver lui interdit de s'immiscer dans ce genre de débat. Comme il ne s'introduira pas par effraction dans la polémique sur la qualité des vins bio, soufre pas soufre, le laissant aux œnologues, aux sommeliers, aux amateurs avertis, aux dégustateurs professionnels, lui se limitant à n'être qu'un buveur, parfois sans modération, se bornant à classer les nectars de la vigne dans les catégories suivantes : franchement dégueulasse, dégueulasse, ouais passable, convenable, pas mauvais, bon, bon de chez bon, très bon, super bon, oh ! enculé tête de mort celui-là c'est du super-extra ! Les quelque fois qu'il en a bu de ces vins, dans ces restaus bobos parisiens, il n'en a pas été totalement convaincu bien que son penchant le porte vers des crus plutôt âpres, minéraux, moins fruités possible, pas trop alcoolisés (12/13°).

Pour en revenir à ces chiffres qui décoiffent, ils montrent qu'il ne s'agit pas d'un engouement passager de la part des consommateurs. On est en présence d'une tendance de fond même si le bio ne représente actuellement que un modeste 1,7% du marché de l'alimentation contre 3,3% en Allemagne. Mais en matière de modernité, nos voisins d'outre-Rhin ont toujours un temps d'avance sur nous.

 

La preuve par deux

 

La meilleure preuve qu'un processus s'est enclenché de manière irréversible, c'est par exemple qu'en trois ans la consommation de lait ou d'œufs bio a été multipliée par deux, que 42% des Français consomment des produits bio ; bien sûr pas exclusivement mais quand ils ont le choix et les moyens leurs préférences vont au bio. 85% d'entre eux connaissent le label AB (agriculture biologique). S'ajoute que 46% des cantines scolaires mettent des aliments bio à leur menu et devraient être 77%  en 2012.

 Enfin, la grande distribution qui a le flair pour détecter les filons porteurs s'est promptement mise au bio à telle enseigne qu'elle occupe 42% du marché et a connu une progression de, tenez-vous bien, de 39% en 2008. Les grandes surfaces ont actuellement sur leurs gondoles entre 100 et 200 références bio. Elles comptent atteindre les 300 dans l'année qui vient.

 Les casseurs de prix comme Leader Price, Lidl, Ed, s'y mettent aussi bien qu'un aliment bio coûte entre 10% et 20% plus cher que son pendant industriel. Si eux aussi montent sur le bateau, c'est que celui ci part pour une longue croisière. Le bio n'est plus une exclusivité de baba-cool, des petits marchés frileux et pluvieux du dimanche matin, ou de quelques boutiques semi clandestines.

Et quand on leur demande aux Français ce qu'ils préfèrent, ils le disent sans ambages : ils veulent du local et du saisonnier. Et c'est là que le bât blesse avec le bio et son boum. Les producteurs hexagonaux ne peuvent pas répondre à la demande. Les importations ont explosé : 30% de l'offre bio vient de l'étranger ce qui n'est pas bon du tout pour la désormais incontournable empreinte carbone. S'agit pas de faire du franchouillard, du chauvinisme type supporteurs

 des bleus (bien que ces derniers, pas les onze qui n'arrivent pas à gagner, mais ceux qui les encouragent depuis les tribunes, par ces temps-ci, sont bougrement héroïques), mais bon c'est quand même une ombre au tableau.

 

Une voie de reconversion

 

 Disons qu'il s'agit d'un petit retard à l'allumage de la part des producteurs. Il faut savoir que pour convertir un élevage au bio, il faut 2 ans, et un champ ensemencé trois. Même si les débouchés sont là, faire ce saut représente un gros investissement. Si les Etats encourageaient plus activement ces reconversions en donnant des facilités pécuniaires, il y aurait plus de candidats à produire bio.

    Le Synabio, le syndicat des producteurs bio, comptait 5.600 adhérents en 2008, soit une progression de 12%. La reconversion au bio devrait être la voie à suivre pour certaines filières aujourd'hui en difficulté comme le lait.

  « Chez Biolait aussi, écrivait récemment Le Monde, l'approvisionnement est une question-clé. Ce groupement de près de 500 producteurs est l'acteur incontournable de la collecte de lait biologique en France. En 2009, il a dû en importer du Royaume-Uni pour livrer ses clients. "Nous pouvons fournir 40 millions de litres, mais la demande frôle les 50 millions", explique Loïc Dété, le directeur général. Vu que des éleveurs plus nombreux, en cours de conversion, pourront à l'avenir fournir l'entreprise, dans deux ans, la production aura augmenté de 50 %. Les importations ne seront alors plus de mise.

Pour les céréales aussi, c'est un passage obligé. Les principaux moulins bio ont pris l'habitude d'importer du blé d'Italie. Selon les prévisions du ministère de l'agriculture, la collecte de blé biologique sera en hausse de 19 % en 2009, mais le recours aux importations restera nécessaire. »

"Vue la dynamique des conversions, la situation n'a pas vocation à perdurer", assurait la présidente de l'Agencebio, Elisabeth Mercier, au même journal.

 

Pour en savoir plus :

www.aggencebio.org

www.fnab.org 

 Fnab : Fédération nationale de l'Agriculture biuologique.

Deux articles du Monde :

La filière bio commence à être victime de son succès (31/08/09)

Les produits bio se démocratisent (13/02/09)

 

* Auteur de La véritable histoire de Robinson Crusoé et l'île aux marins abandonnés, Amazonie mangeuse d'hommes, incroyables aventures dans l'enfer vert, tous les deux chez Arthaud.

15:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : coueron

vendredi, 17 juillet 2009

Bonne Nouvelle : Les singes en hiver en ouvrent une bouteille pour célébrer !

La diffusion d’une partie totalement absurde d’une étude de l’Institut National du Cancer. « Le risque de cancer s’accroît dès le premier verre d’alcool » a été retiré du rapport de l’institut National du Cancer suite au recours de l’association HONNEUR DU VIN auprès du ministère de la santé. Tous les textes et rapports sont disponibles sur le site www.honneurduvin.com.

Un verre, c'est trop, deux verres, bonjour le cancer; mais trois verres et plus, c'est la joie de vivre.

mercredi, 15 juillet 2009

LE SINGE EN HIVER ET LE TOUR DE FRANCE

LE VIN MARIANI, premier dopant de l'histoire
Par Ricardo Uztarroz


C’est reparti comme en 40, toujours la même foule bon enfant, popu, sans chichis, papa, maman, les enfants, l’oncle, la tante, les cousins, les cousines, pépé, mémé, les copains, les copines, congé spécial accordé par le taulier, casse-croûte, camembert et saucisson, bouteille de rouge ou blanc, table dépliante, casquette en papier, chapeau de paille, espadrilles, ou orteils en éventail, sur les bords des routes pour voir passer le barnum cycliste de l’été, le 96ème depuis 1903.
Mais peut-on encore l’appeler tour de France quand le parcours d’environ 3.500 km en 21 étapes (et deux jours de repos), reste confiné au quart sud-est de l’Hexagone ? Quand il est parti de Monaco, la plus huppée des principautés, le plus épargné paradis fiscal, quand il a emprunté pour son prologue le circuit du Grand Prix de Formule 1, le plus mondain de tous les Grands Prix, quand il a fait étape à Andorre, autre principauté, également discret paradis fiscal, temple du négoce « free taxe » ? Quand il va faire une incursion en Suisse, pays où les comptes en banque bien garnis se trouvent bien au chaud ? Quand il délaisse l’aride traversée des Landes ? Quand il ignore la péninsule armoricaine, royaume de la Petite Reine ? Quand il snobe les pavés Ch’ti ? Quand il omet de faire un crochet du côté du Ballon d’Alsace ?
Les trois premiers Tours qui ne comptaient que six étapes (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Paris) ne furent qu’une grande boucle autour du centre géographique de la France. Ce n’est qu’à partir de 1906, qu’il va justifier pleinement son appellation.
Désormais, son tracé suit fidèlement le contour de nos frontières mais évite, bien entendu, de pénétrer en Alsace alors prussienne. En 1907 et 1908, le Tour s’était payé cependant le culot de faire un très court crochet en Lorraine, elle aussi sous domination germanique. Il attendra l’an 1919, la fin des hostilités, le retour de ces deux provinces dans le giron hexagonal, pour faire sa première visite à Strasbourg.
Jusqu’en 1929, la capitale de la choucroute, du jarret de porc et de la bière, aura droit à cet honneur patriotique. En revanche, Brest, à l’autre extrémité, ne sera amputé de la venue systématique des Géants de la route qu’en 1932 au profit de Strasbourg. Puis l’année suivante, ces deux étapes emblématiques seront crucifiées. C’est à compter de cette date que le Tour de France devient un concept mais surtout une marque déposée et non plus un authentique tour du pays à coups de pédales passant par les cinq angles de l’hexagone.


Encore « de France » ?

A sa reprise en 1947, après la Seconde guerre mondiale, il inaugure réellement son habitude de découcher chez les voisins en faisant étape à Bruxelles et à Luxembourg. Certes, en 1913, il avait inscrit Genève comme arrivée d’étape mais n’avait plus réitéré cette expérience jusqu’à son arrêt en 1939. En 1948, il va à Liège, fugue à Lausanne et San Remo. Dès cette seconde édition post-guerre, qui manifeste clairement sa velléité d’européanisation, le Tour s’annexe carrément la Belgique, grande terre vélocipédique, parsemée de Murs[1] à défaut de montagne, peuplée de Flahutes durs au mal, aux pavés, au vent et à la pluie, sprinteurs et finisseurs redoutables, à l’instar de Rick Van Loy, comme territoire national jusqu’en 1972, année où il ignore le Nord et ses corons. Et en 1954, c’est la grande transgression : il s’élance d’Amsterdam et ne pénètre en France que deux jours plus tard, à Lille. Dès lors, mérite-t-il encore d’être dit « de France » ?
Une décennie plus tard, la paix a été faite en Algérie mais la France se déchire une nouvelle fois. Elle est divisée en deux, presque au bord d’une guerre civile. Ce sont en effet les années de la rivalité Anquetil-Poulidor qui commencent.
Deux conceptions de la course s’affrontent, deux visions du monde pourrait-on dire, deux France se regardent en chien de faïence, l’une urbaine et élégante, l’autre rurale et austère. Au bistrot, où on va voir l’arrivée du Tour à la télé en noir et blanc commentée par Robert Chapatte, on en vient presque aux mains quand on a forcé sur les chopines de blanc ou de rouge en vociférant ses encourageants pour l’un ou l’autre qui, bien entendu, ne pouvaient pas les entendre.
En France, De Gaulle est au pouvoir et Adenauer en Allemagne. C’est la grande politique de rapprochement que symbolisera la photo des deux hommes recueillis se tenant la main. Donc, le Tour, toujours au service des grandes causes, décide d’apporter sa contribution en choisissant en 1964 Fribourg-en-Brisgau pour étape. Cette première incursion outre-Rhin, c’est plus qu’un symbole. C’est un acte qui se veut fondateur d’une nouvelle amitié indéfectible entre les deux pays qui se sont fait trois guerres en moins d’un siècle (que gâchera des années plus tard un match de foot lors du Mondial en Espagne et où, au demeurant, plus de la moitié des Bleus avaient des patronymes hispaniques). L’année suivante, le Tour scelle par un coup de panache cette réconciliation en partant de Cologne.
Jusqu’en 1982, les escapades régulières en Belgique, aux Pays Bas et Allemagne seront la règle. En 1978, c’est au tour de l’Angleterre de s’intégrer à cette habitude, en 1991 celui de l’Espagne et en 1998 vient s’y joindre la lointaine Irlande. On a même parlé d’un possible départ de New York.
Est-ce que l’édition 2009, en se recroquevillant sur une portion congrue de l’Hexagone, marque-t-elle un revirement, la fin d’un expansionnisme territorial qui semblait boulimique ?


« Tout lu, tout bu »

Avant d’entrer dans le vif de notre propos, à savoir rafraîchir la mémoire de pas mal concernant le dopage qui scandalise aujourd’hui et sur lequel on a longtemps fermé les yeux, le Singe en hiver se doit de rendre un hommage appuyé à son putatif paternel, à savoir le regretté, irremplaçable chantre du Tour, le troubadour du boyau, poète de la pédale (aucune allusion sexuelle, convient-il de le préciser), le chroniqueur de la « crise annuelle de la bonne humeur »[2], celui qui a dit « Pour le Tour, j’ai la fête qui tourne », l’inventeur de la formule « la légende des cycles », celui qui a osé écrire « avec ton air de Brest » quand, une année, la Grande boucle prit son élan de cette ville la plus occidentale du continent, à savoir Antoine Blondin, celui qui a « tout bu, tout lu. »
De 1954 à 1982, il a suivi pour l’Equipe tous les Tours, hormis celui de 1958, soit un total de 27, toujours dans la voiture portant le «dossard 101 » qu’il avait baptisée « ma résidence secondaire », et publié 524 chroniques primesautières
[3] dans les colonnes ce journal organisateur de l’épreuve, un vrai forçat de la plume lui qui se définissait comme l’écrivain parmi ses contemporains à l’œuvre la plus mince[4], écrites toutes à la main et non à la machine, sous l’empire d’un état éthylique permanent. On a dit de lui qu’il a été « le romancier le plus saoul de sa génération. » Les statistiques le concernant n’ont pas tenu la comptabilité de tout ce qu’il ingurgitait pendant que les autres pédalaient et absorbaient par différentes voies de leur côté d’autres produits que l’on a qualifiés de dopants. L’auteur de ces lignes, encore gamin mais lecteur assidu de l’Equipe garde le souvenir attendri de l’avoir vu le soir d’une étape à Saint-Nazaire, assis sur le siège arrière de la 203 Peugeot décapotable qui le véhiculait, en train de rédiger sa chronique. Quel beau métier, s’était-il dit le gamin qui a voulu être coureur et a fini journaliste. Bien que bourré à la clé, il paraît que Blondin pissait sa copie sans la moindre rature. Il avait pour principe de ne plus retirer un mot du moment qu’il était écrit.


Premier dopé et premier présumé mort

Enfin, pour en venir à l’objet de cette chronique, il faut rappeler que le premier dopé de l’histoire qui s’est fait coincer, c’est un nageur ; ça remonte à 1865 et ça s’est passé à Amsterdam. Le premier présumé décès imputable au dopage remonterait à 1896. Mais le fait n’est pas établi avec certitude.
Quinze jours après avoir disputé Bordeaux-Paris, le coureur gallois Arthur Linton meurt. D’abord, on a dit qu’il avait succombé à une fièvre typhoïde et, un peu plus tard, on a prétendu qu’il a été victime du mélange à base de morphine et de cocaïne qui lui aurait fait absorber pendant la course son soigneur. On a parlé aussi d’alcool tri méthyle. Le fait que le décès survienne deux semaines après laisse perplexe sur la cause réelle de sa mort. A propos du dopage, comme aucune autopsie n’a été pratiquée, on ne peut dire que : très probable mais pas totalement certain.

En tout cas, dès ses origines, le sport en général, et plus particulièrement le vélo à cause des efforts surhumains qu’il requiert, a été lié au dopage. A l’époque, le corps médical recommande à tous les sportifs de boire un très efficace stimulant, le vin Mariani. Ce «the popular french tonic », comme le qualifieront les Américains qui en raffoleront, aurait inspiré le créateur du Coca Cola.
Un verre de ce vin, et aussitôt, on avait une putain de pêche. En 1863, un préparateur en pharmacie d’origine corse Angelo Mariani a l’idée de faire macérer dans un corpulent bordeaux des feuilles de coca. Résultat, il obtient une décoction miraculeuse qui contient au moins 7mg de cocaïne par litre. Donc pas étonnant qu’il stimule.
Tout le monde en est friand et en redemande, Jules Verne, Thomas Edison, le Prince de Galles, le pape d’alors, Léon XIII qui ne se sépare jamais de sa divine fiole (il se fendra même d’une bulle adressée à l’inventeur du vin pour le féliciter ; sûr que Mariani s’est du coup retrouvé au paradis), mais surtout Emile Zola, l’homme du mémorable « J’accuse », écrira à son sujet : « Ce vin qui fait la vie, conserve la force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui n’en ont plus. »
Dans le numéro du 25 mai 1899 de la revue La vie au grand air, une kyrielle de champions de l’époque y vont de leur éloge, Charles Charlemont, boxeur, Fernand Charron, pilote automobile et coureur cycliste, champion de France de demi-fond en 1891, le comte Justicien de Clary, tireur au pistolet et futur président du Comité olympique français, Gaston Rivierre ( avec deux r qui n’a rien à voir avec le Roger Rivière un seul r), vainqueur de trois Bordeaux-Paris, Alfred Tunmer, d’origine anglaise, champion de France de cross-country en 1898.
Finalement le vin Mariani sera interdit en France en 1910. On en ignore la raison. Mais ce n’est pas sûr que ce soit parce qu’il contenait de la cocaïne mais, ça pourrait bien être parce qu’il dénaturait le bordeaux. Il continuera à être longtemps encore commercialisé dans le reste de l’Europe et en Amérique du nord
Ce qui est sûr, c’est qu’à la fin du XIXème, à la naissance du sport, l’alcool et plus particulièrement, le vin a été à la base du dopage, toutes disciplines confondues. Dans le jargon sportif d’alors, on l’appelait le « brutal ». Vainqueur à neuf reprises du Bol d’or cycliste entre 1903 et 1919, Léon Gorget (le bien nommé) quand on lui demandait son secret répondait : « Moi, je ne marche qu’au brutal. »


Un genre littéraire

Notre intention n’est pas d’incriminer le vin, loin de là, et de crier haro sur les dopés bien que ceux-ci auraient mieux fait d’en rester au « brutal » au lieu de se piquer, de se transfuser, de servir ainsi de cobayes aux laboratoires. L’alcool n’est pas classé produit dopant parce qu’il ne viendrait pas à un champion l’idée de se charger à la bibine.
Cependant sa consommation demeure spécifiquement prohibée dans les sports suivants : aéronautique, automobilisme, motocyclisme, motonautisme, billard, boules, et pentathlon moderne à cause du tir. Si on peut comprendre pour ce dernier qu’on ne laisse pas une arme à feu entre les mains d’un individu bourré, on voit mal la raison de l’interdiction pour les autres. Vous voyez vous, un pilote de F1 ou des 24 heures du Mans qui se stimulerait au jaja et se présenterait au départ d’un pas incertain, titubant légèrement, bafouillant un tantinet, un acrobate aérien incapable de se hisser jusqu’au cockpit de son appareil. Vous voyez vous, un joueur de boules ou de billard ajuster son tir alors qu’il voit double.
Feindre de découvrir le dopage avec l’affaire dite Festina lors du Tour de 1998, comme le fit la presse dans son ensemble, c’est jouer les cuistres. C’était un secret de polichinelle, les coureurs ne s’en cachaient même pas comme l’atteste la richesse et l’éloquence de leur jargon à ce propos : se faire une fléchette, pisser violet ou épais, s’envoyer la topette, avoir les yeux de langouste, faire exploser la chaudière, faire le métier, saler la soupe, se charger, et pour désigner quelques dopants, le riri, le tintin, le tonton, la paloma blanca, etc…
Déjà dans un article publié le 27 juin 1924 dans le Petit Parisien, Albert Londres avait tout dit. Il raconte qu’Henri Pélissier déballe devant lui tout ce qu’il prend, cocaïne, trois boites de pilules différentes entre autres, pour tenir le coup en lui disant : « Le Tour, c’est un calvaire… nous marchons à la dynamite. »
C’est oublier que la première descente de police dans les hôtels des coureurs pour un contrôle inopiné des urines de plusieurs d’entre eux et pour farfouiller dans les valises des soigneurs, dits les vampires dans le jargon, remonte à 1966. Parmi les contrôlés, il y avait Poupou*. L’année précédente, la France avait adopté une loi anti-dopage, premier pays à le faire. C’est ne pas se souvenir du décès de Tom Simpson en 1967. C’est omettre que Jean Bobet, le frère de Louison, l’intellectuel de la famille, licencié en anglais, lui aussi coureur, avait écrit dans l’Equipe que 1968 serait l’année d’un Tour enfin sans dopage.
Le dopage est aujourd’hui associé systématiquement au cyclisme, tout simplement parce que le dopage lui est consubstantiel. Et il lui est consubstantiel tout simplement parce que le vélo n’est pas un sport mais un genre littéraire. Le cyclisme n’a existé que par le récit qu’on en faisait. Dès les premières courses, il a donné dans la démesure : Paris-Brest et retour, Paris-Bordeaux, etc… A son origine, le Tour de France a été conçu comme une épopée vécue qu’on raconterait quotidiennement aux lecteurs de l’Auto, le journal organisateur. On le ferait rêver et s’extasier. Il découvrirait aussi la géographie de la France, toutes ces régions lointaines et exotiques pour l’époque. Alors pour tenir bon tout était bon. L’effort physique suscite la tentation du dopage.
Il ne faut pas croire pour autant, même s’ils n’étaient pas porteurs de cette part de rêve, d’exploits répétés, de drames, et de paysages lointains imaginés, que les autres sports en ont été exempts. Ainsi, au JO d’Atlanta, en athlétisme, 87% des sprinteurs souffraient d’asthme et prenait du subaltanol contre 65% des coureurs du Tour de France cette année-là. Le premier soupçonné de pratiquer la transfusion sanguine, pas interdite en ce temps, a été dans les années 70 le coureur de fond et marathonien finlandais Lasse Viren.

Le Singe en hiver ne peut pas terminer sa chronique sans rappeler cette anecdote incroyable et pourtant vraie qui montre qu’en matière de dopage l’imagination ne connaît pas de limite. Aux JO de Montréal de 1976, les nageurs et nageuses de l’Allemagne de l’est se faisaient, plus exactement on leur insufflait, parce qu’ils n’avaient certainement pas leur mot à dire, 1,8 litre d’air dans le gros intestin pour améliorer leur flottaison. Ce qu’on ne précise les tablettes des records, c’est si dans les derniers mètres ils lâchaient un énorme pet qui les propulsait comme un hors-bord à réaction.




[1] Côtes très raides et le plus souvent pavées.
[2] L’expressxion est de Régis Debray
[3] Rééditées en juin 2009, à la Table ronde, sous le titre sous le titre « Sur le Tour de France »
[4] Auteur de seulement cinq romans dont le Un singe en hiver, Table ronde, prix interallié 1959.

mercredi, 08 juillet 2009

SINGE EN HIVER, trois sublimes femmes passent aux aveux!

Par Ricardo Uztarroz

Les trois sont sublimes (mais y a-t-il de femme qui ne soit pas sublime ?). De la première, il a été dit qu’elle était « la reine du tricot », l’inventrice de la « démode » ; la seconde a tourné sous la direction, rien que cela, de John Huston et d’Orson Welles, entre autres, mais surtout, le père du « fantastique social », l’écrivain et poète Pierre Mac Orlan, a dit qu’elle avait « une voix qui est l’appel de l’ombre » quand elle chantait, tout de noir vêtue, « Si tu t‘imagines », « Les Feuilles mortes », « Je hais les dimanches », « Déshabillez-moi », etc… ; la troisième, c’est la diva de la lingerie anti-Petit Bateau, la lingerie oedipienne, la lingerie à faire… un mort. Toutes les trois sont passées, dans des interviewes données au Figaro.fr Vins, en ce mois de juin, aux aveux, sans la moindre honte, sans le moindre repenti, tout le contraire : elles aiment le vin.
Si on était dans une émission de variété comme, par exemple, le Grand Cabaret, le présentateur, débordant d’enthousiasme, pourrait postillonner dans son micro-cravate agrafé à son revers de smoking : « Et maintenant, j’ai le plaisir d’accueillir sur le plateau trois monuments, trois uniques, trois grandes dames, Sonia Rykel, Juliette Gréco et Chantal Thomass !!!... » Le chauffeur de salle brandit alors le panneau : « Applaudissements » ; et le public applaudit.
Le Singe en Hiver se joint bien volontiers à ces applaudissements. Car les aveux de ces divines nous remplissent réellement de joie.
« Notre goût suit nos ans. La vieillesse désire le bon vin/Au lieu que la jeunesse incessamment soupire les plaisirs amoureux », a dit dans ses « Stances, contre un vieillard jaloux » Honorat de Racan (1589-1670). Oui, c’est parce que nous désirons encore plus le vin maintenant que lorsque nous avions vingt ans, que les propos de ces trois femmes nous pâment.



SONIA

Il n’y a pas que la laine qu’elle sait tricoter, Sonia Rykel. Elle manie les mots aussi agilement que les longues aiguilles. Pour elle, « un grand cru est digne d’une collection », confie-t-elle au journaliste. Elle trouve de la « magie » à « une bouteille posée sur une table. » Comme nous. Son vin ? Un lynch-bages 1960, année de naissance de son fils ; heureux fils, beaucoup voudrait avoir une mère qui adore un millésime correspondant à sa venue au monde. Elle adore les repas qu’aux Sauternes. Sur ce point, nous divergeons un tantinet mais nous sommes tout prêt à faire une petite concession, pour l’avoir en face, la voir manier la fourchette et le couteau et deviser de vins et autres futilités essentielles sans lesquelles une vie serait bien morne.
Mais cette Sonia n’hésite pas à balancer les copines !
« J’ai croisé Juliette Gréco qui buvait un verre de vin blanc à 4 heures de l’après-midi », glisse-t-elle à l’oreille de son interlocuteur qui ne s’est pas gêné à colporter l’information.
« Je lui ai dit, poursuit Sonia Rykel : Juliette, tu as raison ; il faut boire du vin. »
Balancer une copine quand c’est pour la bonne cause, nous lui pardonnons volontiers. Oui, il faut boire du vin.



JULIETTE

La Juliette en question l’a confirmé. A l’heure du thé, elle préfère un pouilly fumé. Egérie de l’existentialisme, muse de Saint-Germain-des-Près « où il n’y a plus d’après » comme le dit la chanson, c’est sûrement à une table des Deux magots qu’elle se fait servir son canon.
Toujours au Figaro, elle révèle qu’elle a été élevée dans le bordelais. Son arrière-grand-mère a été propriétaire du château Rieussec.
« Je reconnais que les sauternes sont admirables, mais je déteste les sucrés », confesse-t-elle.
« Enfant, je voyais passer sous mon nez des vins magnifiques » Mais, elle n’avait pas le droit d’y goûter. Le vin, ce n’était pas pour les petites-filles, même un peu délurée comme elle était très certainement. En tout cas, on l’imagine, oui, on se l’imagine ainsi.
Son premier verre, elle l’a bu à 19 ans. Elle vivait une grande passion amoureuse avec un pilote de course qui s’est tué le 28 janvier 1949. Il s’appelait Jean Pierre Wimille et est considéré comme un des plus grands pilotes français. Juan Manuel Fangio l’avait pris pour modèle.
Ils commandèrent un plateau d’huîtres accompagné d’un chablis. Elle ne précise pas les circonstances. Respectons donc sa discrétion et la mémoire du champion. C’est aussi grâce à l’amour que Sonia Rykel a découvert le vin.



CHANTAL

Chantal Thomass n’a bu son premier verre de vin qu’à 25 ans. Avant, confie-t-elle, elle ne consommait que cette boisson brune, gazeuse, symbole de l’Amérique sûre d’elle-même, et qui a servi dans certains foyers hexagonaux comme décapant à argenterie. Elle ne le dit pas mais sûrement qu’un homme a été à l’origine de cette découverte. Sa jeunesse, elle l’a passée au Cap Ferret, sur le bassin d’Arcachon. Le dimanche, son père sortait les bonnes bouteilles auxquelles, elle ne le précise pas, mais on peut le déduire puisqu’elle avait moins de 25 ans, elle ne goûtait pas.
Elle préfère les blancs et sa prédilection va au champagne qu’elle associe « aux soirées amoureuses ». Pour l’amour, le champagne c’est plus stimulant que la dite boisson américaine à la bouteille si symbolique d’une modernité illusoire.
Elle vient d’être choisie comme marraine de la cuvée Velours, un champagne rosé Pannier. Un peu de champagne rosé et une lingerie froufroutante mauve avec une fine dentelle noire : quel était au fait le cri de Tarzan !!! Champagne et petite culotte…
Tournons vite la page.

Bon, si ces trois femmes sublimes veulent tremper leurs lèvres dans un cru exotique qu’elles fassent juste un petit signe de la main et le Singe en hiver accourt. Sonia, Juliette, Chantal, oui, on vous l’assure.






mercredi, 01 juillet 2009

LA GARDEN PARTY PRESIDENTIELLE ET VINS DU MONDE

 

Lors de la Garden Party présidentielle du 14 Juillet 2008, Michèle Alliot Marie ministre de l'intérieur à l'époque, commença son discours en évoquant l'unité des français par delà la diversité.
Quoi de plus normal alors de faire appel à Vins Du Monde pour se délecter de vins fins d'ailleurs lors de cet évènement.
La présidence s'était limitée à des vins européens, Nicolas Sarkozy avait choisi ce thème en tant que président de l’Union Européenne. Etendra-t-elle sa diversité au delà des océans pour déguster les grands vins du nouveau monde lors de leur prochaine fête? Notons que les vins italiens furent particulièrement appréciés...Carla Bruni serait-elle une de nos admiratrices???

vendredi, 26 juin 2009

SINGE EN HIVER

SACREES NANAS : ELLES PREFERENT LE ROUQIN
Par Ricardo Uztarroz


Tout ça, ça a commencé mine de rien. Au temps de nos pères ou grands-pères, ça avait été les cheveux qu’elles s’étaient fait couper et, les jupes, raccourcir à mi-mollet.
Puis, au temps de notre jeunesse, ça a été notre chemise blanche, en belle et fine popeline de coton que nous mettions qu’aux grandes occasions (rares), qu’elles ont chouravées pour s’en servir en été comme robe de chambre sur leur lingerie blanche Petit-Bateau ; puis, ça a été le tour de nos caleçons qui remplaçaient à la maison le short (on parlait pas encore de bermuda – d’ailleurs les Bermudes, on savait même pas où que c’était et son triangle, aujourd’hui oublié, on avait encore moins idée de ce que c’était)) ; puis, l’hiver, le gros pull en laine ramené d’une expédition Guiness en Irlande était taxé parce qu’il tenait bien au chaud, qu’il était douillet comme un gros matou, suivi des chaussettes montantes de rugby ou foot que nous ne mettions plus depuis longtemps, la pratique du sport, hormis à la télé, n’étant plus notre fort.
Puis, de fil en aiguille, ce sont nos métiers, soldats, pompiers, flics, marins, coureurs cyclistes, savants, boxeurs, chômeurs (oui le chômage peut être un métier, pas plus honteux que les autres, comme par exemple, pris tout à fait au hasard, vraiment au hasard, inspecteur du fisc), qu’elles se sont mises à pratiquer. Bon, là, à propos de boulot, pas de problème, on est prêt à tout leur céder vu que le taf n’a jamais été pour nous une passion : faut être honnête et l’avouer. Si on a bossé c’est un peu, même beaucoup, contraint et forcé. Si l’évolution de la société renverse les rôles, à ce sujet, on n’y est vraiment pas contre, mais pas contre du tout. Ca, vous pouvez nous croire !... Question boulot, on est très, très, mais très partageux.



Des marques de nostalgie

Puis, voilà, ça ne pouvait s’arrêter là, comme ça. Maintenant, c’est-y pas, que les nanas, qu’on qualifie toujours de sacrées sans savoir vraiment pour quoi, elles préfèrent le rouquin. Qu’il n’y ait pas de malentendu, le rouquin en question, c’est pas le facétieux symbole de Mai-68 mais qui, en réalité, lui, le roux de roux, n’a fait que les contempler, depuis son exil outre-Rhin ayant été expulsé juste peu après le début de ce beau mois, ce qu’on a appelé par pudeur, parce que finalement on ne savait pas comment les nommer, « les événements ». La guerre d’Algérie avait été aussi en son temps surnommée « les événements ». Un mot fichtrement commode, événement. Mais, bon ne nous égarons pas et revenons à nos bouteilles. Oui, à nos bouteilles, car le rouquin en question, c’est le rouge, le gros rouge qui tache, le pinard quoi, le jaja.
Père Julien, Gévéor, Kiravi, Préfontaine, Le Vin des Postillons, Cramoisay, Gravillon, tous ces noms doivent dire quelque chose à tous les plus que quinquagénaires. C’étaient nos rouquins, des picrates qui faisaient leur 11°5 ou 12°. C’étaient les noms des marques des kils de rouquin, bouteille d’un litre étoilée, trois étoiles exactement au pied du goulot, capsule de plastique recouverte par un capuchon d’alu, sauf trahison de la mémoire. C’est avec elles qu’on s’est initié à la consommation du pinard. C’était rituel, n’est-ce pas ? Rituel comme l’amour le soir du mariage (enfin bon, c’est discutable, on en convient).

Comme la seule énumération de ces noms constitue aujourd’hui auprès de nos esgourdes un peu fatiguées une douce chanson que nous chante la nostalgie !
Et pour la dégustation, nous avons été éduqués par de grands crus qu’on laissait vieillir, les chapelures, les pelures d’oignons, les cuisses de bergère.

Ca c’était des vins, putain de gonze. Il y avait même une marque, peut-être le Postillon ou le Gévéor, qui avait pour réclame : « le velours de l’estomac. » Que des esprits perfides mutèrent en « taffetas du duodénum. » Pourtant d’aucuns conseillaient le lendemain d’abondantes libations de bien écarter les jambes quand on pissait pour ne pas faire de trous aux godasses, qui n’étaient pas anglaises et ni en cuir tout cousu main.

Pour en revenir à l’objet de notre perplexité, une enquête réalisée par les organisateurs de Vinexpo dans cinq pays, cinq pays riches, Allemagne, Etats-Unis, France, Japon Royaume Uni, révèle qu’elles, les sacrées nanas, préfèrent le vin rouquin, le rouge quoi, alors qu’on les croyait plutôt accros au blanc, plutôt doux, au liquoreux , bien sucré. Le rouge n’est plus notre apanage. Bon faut s’y faire. Bien sûr, si on est de mauvaise foi et qu’on veut se rassurer, on peut dire que les sondages… On connaît la chanson contre les enquêtes… mais, que ça déplaise ou pas, elles disent la vérité et la vérité est la suivante :
Sur les cinq pays concernés, une majorité écrasante (60,1%) préfère le rouge. Aux Etats-Unis, elles sont 78,6% ce qui les place largement en tête, loin devant la Française (66%) et la Japonaise 63,9%, et surtout l’Allemande qui arrive bonne dernière (50,2%), pourtant leur pays aux Allemandes, c’est un grand producteur et consommateur de blanc. Voilà, ce détail au sujet des Allemandes, qui prouvent que c’est une tendance lourde, le rouge et les nanas, pas une aventure passagère. C’est à ne plus rien y comprendre : au pays du blanc, la femme préfère le rouge !!!
Et pourquoi elles préfèrent, les copines, le rouge ? Parce que c’est chic ? Par féminisme, pour faire comme leurs mecs ? Pas du tout, parce que, oui, tenez vous bien, parce qu’elle aime ça. Elles ont répondu aux enquêteurs à 79,3% sur l’ensemble des cinq pays qu’elle buvait du vin rouge parce qu’elles aiment le goût. C’est vrai que 30% des Françaises n’hésitent à dépenser plus de 8 euros pour une bouteille ; 89,5% plus de 4 euros. A ces prix-là, on trouve des pinards pas dégueu ; c’est pas des très grands crus mais ils tiennent bougrement la route ; ce qu’on pouvait pas dire, entre parenthèses, de certains buveurs quand ils franchissaient le mur des deux boutanches. Eux c’est dans le fossé qu’on les retrouvait à l’époque des Kiravi et des Préfontaines, la tête dans le cadre du vélo, les pieds dans les rayons et la casquette de travers ou carrément à l’envers comme les rappeurs d’aujourd’hui.



Un coup de fatigue, fiston

- Papa qu’est-ce que tu fais là, qu’est-ce qui t‘est arrivé ? demandait le gamin de 12 ans qu’on avait envoyé voir « ce que foutait le paternel qui n’était pas encore rentré à la maison à l’heure de la soupe alors que c’était jour de paye… Des fois qu’il aurait eu une connaissance… »
- Un coup de fatigue, oui coup de fatigue… la fafatiguee, fiston, avec toutes ces heures sups qu’on doit faire. Ca me crève, une chute de tension et plouf dans le fossé. Rassure la mère, j’arrive tout de suite.
Deux heures après, le paternel apparaissait zigzaguant. Le vélo sur l’épaule. La fatigue, quoi… Le boulot, ça crevait son homme à l’époque du vin des Rochers, un qu’on avait oublié dans l’énumération antérieure ci-dessus. On se faisait ses 52 heures par semaines chez le taulier. La télé, on se la faisait, elle, dans sa tête au bistrot avec les copains et avec la Paulette qui servait et qu’on lui voyait un petit bout du soutif rose pâle par le décolleté du corsage. Ah, si elle avait voulu la Paulette elle en aurait eu des princes à ses pieds en bleu de chauffe. Mais elle était mariée à un costaud, ancien champion, se disait-on à l’oreille, pro de boxe, poids moyen, une droite qui explosait les foies… et le foie, c’était sacré. Cependant les femmes du quartier avaient parfois des sous-entendus…
- C’est-y malheureux de voir ça, s’exclamait la mater en le voyant depuis la fenêtre de la cuisine, le pater. La mater s’était envoyée un dé à coudre de banyuls pour patienter, ou, si elle se sentait très faible elle aussi à cause du souci que lui donnaient les enfants, surtout l’aînée autour de laquelle ça commençait à tourner, un petit blanc à la quintonine qui faisait, lui, ses 25°. Sûr... ça donnait de l’énergie, un coup de fouet.
Au jour d’aujourd’hui, avec toutes ces lois, ces règlements, ces avertissements qui veulent nous faire mourir en bonne santé, on voit plus ça, d’ailleurs, en-dehors des bobos, qui va marner à vélo ? Le vélo, c’est maintenant pour les loisirs et les bobos ; pour les bobos, faut que soye un vélo, bien haut, bien lourd, hollandais, volé à Amsterdam et refourgué clando du côté de la Bastille à Paris.



Lois inutiles

Détail piquant, la loi Evin sur la pub pour (en fait contre) les pinards qu’ils fussent rouge, blanc, rosé, interdit de vanter la saveur. On en rigole. Malgré cette interdiction, les copines se sont mises au rouge, faut le rappeler, pour son goût. Voilà que pour une loi inutile, c’en est une. Faudrait qu’un jour, les parlementaires éliminent toutes les lois inutiles au lieu d’en voter à tour de bras d’autres guère plus utiles.

Y a en tout cas un terrain où nous tenons la corde par rapport aux nanas, c’est la fréquence de consommation. Les Américaines à 92% avouent se siffler un ballon une fois par semaine, les Allemandes 66%, les Anglaises 61%, et surprise, les Françaises arrivent avant-dernière : seules 52% d’entre elles s’en jettent un ou plus une fois hebdomadaire. Elles font juste à peine mieux que les Nippones (ouais, d’accord, pas de jeu de mot avec nippone, c’est un peu vu venir de loin, ça). Pour une très grande majorité d’entre nous, les mecs, faut le dire, la fréquence mini c’est une fois la journée et pas qu’un canon.

Bon, enfin, dans les cinq pays, les femmes à 85% estiment qu’écluser du rouge est compatible avec un régime. C’est pas de la sagesse, ça !
Bon, encore un détail technique pointu, si on avait fait le même sondage en incluant des pays musulmans, il aurait été très probable que les moyennes auraient été beaucoup plus basses. Puis, on peut se demander pourquoi on n’a pas inclus les Espagnoles, les Italiennes et les Portugaises. Avec elles peut-être la moyenne aurait été rehaussée. Parce que les jeunes femmes de ces trois pays, elles ne refusent pas un petit gorgeon.





lundi, 08 juin 2009

NOUVELLE INTERVIEW DU SINGE EN HIVER


LES DEUX AMOURS DES FRANÇAIS :
LA TABLE ET LE LIT




Par Ricardo Uztarroz (*)


Dans des temps pas si lointains quand on leur reprochait d’exercer un « exécrable » métier parce qu’il consistait, et consiste toujours, à ne narrer avant tout que de mauvaises nouvelles, les journalistes anglais répliquaient en disant : « Un chien qui mord un homme, fût-il banquier, ce n’est pas une nouvelle ; mais, quand un banquier fou de rage mord le chien d’un de ses clients parce que le découvert de celui-ci ne cesse de croître, ça c’est une vraie information. » Tout est dit : il n’y a pas d’actualité heureuse.
L’essence du journalisme est de raconter ce qui ne va pas : un train qui déraille, un avion qui s’écrase, un bateau qui sombre, une entreprise longtemps prospère qui fait faillite. Pour ne s’en tenir qu’au train, quand tout est normal, pour savoir à quelle heure est arrivé l’un d’eux, il suffit de se reporter à la table des horaires. Imaginez un instant qu’un journal du soir respectable et de référence qui titrerait sur cinq colonnes à la une : L’express Limoges-Paris attendu à 14h34 à Austerlitz est bien arrivé à 14h34 !
En revanche, si ce train est en retard, tous ceux qui attendent sur le quai, qui une tante dont on convoite l’héritage, qui un neveu qui vient faire ses études de Commerce à Paris, qui un vieil ami de lycée qu’on n’a pas vu depuis au moins trente ans, veulent connaître la raison sur le champ de ce manque de ponctualité. Ils s’improvisent alors en journaliste d’occasion et interpellent le premier employé de la SNCF qui passe à leur portée. « Il vient quand le train ? Ca fait déjà trois quarts d’heure qu’il devrait être là ? C’est dû à quoi qu’il ne soit pas encore arrivé ? »
Nous-mêmes de quoi parlons-nous entre amis ? Des malheurs plus que des heurs des uns et des autres : « Tu sais, Machin, on vient de lui découvrir une tumeur… Ben ça alors… il était la santé même, régime, sport… Truc, sa boite, ça ne va pas fort…Elle risque de mettre la clé sous la porte… Ca alors, à son âge, pour se recaser, ça va être duraille… en plus, il est un peu psychorigide, ça ne lui facilitera rien… »


EN PLUS, LES PLUS MINCES

« Et pourtant, et pourtant »[1], il arrive aux journaux de donner de bonnes nouvelles mais le plus souvent elles passent inaperçues. Ce fut en particulier le cas durant le mois de mai. Tous rapportèrent, sans exception, et en gros titres, que les Français avaient « deux amours »[2]: la table et le lit. La nouvelle n’a suscité aucun commentaire, ou presque, et pourtant… C’est dommage parce qu’elle fait chaud au cœur et prouve que la mondialisation ne balaie pas tout sur son passage. Il y a des tribus qui résistent et parmi elles les Français ne sont pas en reste.
Ils viennent d’être déclarés champions du monde du sommeil et de la bouffe et pas par n’importe qui… par, excusez du peu, la très sérieuse et respectable Organisation de coopération de développement économiques (OCDE) et, paradoxalement, selon une autre étude, les Français sont les plus minces de l’Europe, surtout les femmes. A l’étranger, et plus particulièrement aux Etats-Unis où l’obésité fait des ravages, on ne comprend pas cette singularité morphologique vu qu’on n’a pas dans l’hexagone la fourchette ou le verre particulièrement chômeurs.
« Bon d’accord, on se voit mardi et on se fait une petite bouffe au bistrot du coin… Oui, chez Paulette… C’est le jour de la daube et elle a depuis une semaine un petit cahors de derrière les fagots… Je l’ai goûté hier…» Combien de fois n’avons-nous pas tenu analogue dialogue ?
Ou encore, rencontrant par hasard un ami pas vu depuis un lustre place de Clichy, spontanément nous lui lançons : « Ben, ça c’est une surprise… Viens, je te paie un coup au Cyrano
[3]… Il a un petit blanc néo-zélandais en promo formidable et tu me racontes ce que tu deviens… T’es toujours avec la même femme ?… Catherine, oui la prof… Ah, c’est la preuve que tu vieillis, plus de cinq ans avec la même… Sacré Didier… Qui l’aurait cru…Qu’est-ce que tu en penses de ce blanc… Pas dégueu… Tu nous remets ça, tavernier… »
Par-dessus tout ce qui intrigue l’étranger, c’est la sveltesse de la Française, son aptitude à garder la ligne au point qu’aux Etats-Unis les magazines de mode les plus prestigieux comme Vogue parlent de véritable énigme. Cette énigme, ils l’appellent « le mystère de la Française », un vrai titre de roman populaire à la Eugène Sue.
Nous, nous avons une explication, une explication évidente qui dispense d’études scientifiques inutiles mais qui repose sur une observation attentive : tout comme nous, nos compagnes ne rechignent pas à s’envoyer un canon de rouge ou de blanc derrière le soutien-gorge pour accompagner leur camembert quand elles ont un petit creux.

Donc, pour en revenir concrètement à ces deux passions françaises, lit et bouffe, d’après une étude de l’OCDE portant sur 18 des 30 pays membres, le Français est celui qui dort le plus, 8h50 par jour, soit 530 minutes par nuit. Il est suivi de peu par les Américains (c’est une surprise ; on les croyait moins enclins à se prélasser sous la couette) et par les Espagnols ; normal, la tradition de la sieste y est encore très vivace outre-Pyrénées et on leur souhaite pour longtemps, surtout si elle est un peu « crapuleuse. »


INCONFORTABLES FUTONS

Ceux qui dorment le moins, ce sont les Japonais, puis bons derniers, leurs voisins coréens qui ne s’adonnent au sommeil que 470 minutes, soit 7h50 par nuit, une heure de moins que le Français, convient-il de souligner pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, une heure essentielle. Essentielle, bien sûr, vous l’aurez déduit pour quoi, cher lecteur, chère lectrice.
La faible propension de ces deux peuples asiatiques au sommeil peut se comprendre. Qui a expérimenté une nuit l’inconfort de leurs futons, pour les premiers, ou leurs nattes pour les seconds sait de quoi il en retourne. On dort pratiquement à même le sol. Les courbatures sont garanties d’office au pauvre Occidental. Rien ne remplace un bon matelas. N’y voir aucun ethnocentrisme dans cette remarque. C’est un simple constat.
On est étonné de trouver les Italiens en 13ème position se situant à un poil près en dessous de la barre des 500 minutes quotidiennes du repos du juste. Comme quoi certains clichés ne correspondent pas à la réalité. Incroyable, ils sont devancés dans la «volupté de la paresse » par les Mexicains, les Anglais, les Belges, les Finlandais, les Polonais, les Canadiens, les Australiens, les Turcs, et par les inattendus Néo-Zélandais qui talonnent les Espagnols.
Quant au temps passé à table, toujours selon la même enquête, le Français bat tous les records et il ne semble pas prêt d’être un jour battu. Deux heures et quart de sa journée sont dédiées à l’art de s’alimenter. On trouve juste derrière la surprenante Nouvelle-Zélande, puis, en troisième position, le Japon où on passe exactement deux heures par jour à manier les baguettes, ce qui se comprend aisément étant donné la qualité de leur gastronomie, une des meilleurs du monde, preuve irréfutable et nécessaire que le Japonais ne pense pas qu’au boulot.
Les trois dernières positions sont occupées par le Mexique (65 mn), le Canada (70 mn) et les Etats-Unis (75 mn). Ainsi, ces trois pays forment un gigantesque bloc géographique nord-américain où manger n’est pas une activité ludique et jouissive mais fonctionnelle : on mange pour se nourrir, point.
Enfin, les Norvégiens sont ceux qui sacrifient le plus clair de leur temps aux loisirs. Logique vu ce qu’est leur cuisine… Chut, pas de médisances inutiles !
Se pose néanmoins à ce propos une question de méthode : est-ce que le temps passé à table, à déguster quelques mets délectables accompagnés de quelques bons gorgeons qu’on se jette derrière la cravate tout en devisant sur tout et n’importe quoi, n’est-ce pas une forme de loisir ? La meilleure qui soit ? Tout comme les heures passées en compagnie de Morphée? Nous ne prendrons pas partie publiquement à ce sujet mais notre opinion est faite, et bien faite.
C’est comme, quand à peine éveillé ou avant de s’assoupir, ou mieux en plein après-midi après un copieux repas, on cède à la tentation d’une partie de jambes en l’air : est-ce que ça répond seulement à une nécessité physiologique animale ou est-ce une forme de loisir bien agréable qui contribue à l’élévation de l’esprit au même titre que la bonne bouffe ? D’ailleurs ces deux activités ne vont-elles pas souvent de pair, boustifaille et baisouille ? Tournons vite à ce propos la page, des enfants pourraient la lire par inadvertance. Bon, nous nous égarons
[4].


CONFIRMATION

Pour se résumer, les Français dédient 11h05 sur une journée qui compte que 24 heures faut-il le rappeler, à roupiller et à ripailler. Voilà qui est rassurant ! Par ailleurs, la place qu’occupe la Nouvelle-Zélande dans ce classement est surprenante. Bien que géographiquement aux antipodes de la France, bien qu’il soit culturellement un duplicata de l’Angleterre, ce pays a un style de vie qui en fait un cousin du notre. On y prend le temps de dormir et de manger. Bravo les All Blacks ! Donc Rendez-vous sur un terrain de rugby pour nous départager lors… de l’incontournable troisième mi-temps.
La minceur des Français est confirmée par le très sérieux et incontestable Institut national des études démographiques (INED) dans une étude intitulée « Surpoids, normes et jugements en matière de poids : comparaisons européennes. » Pareil titre, ça impose ; on n’est pas dans la rigolade.
Cette étude dit que la moyenne européenne de l’indice de masse corporelle (le poids divisé par le carré de la taille en mètre – vous suivez ?...) est chez les femmes de 24,5 et les chez les hommes de 25,5. Or, en France, dans le même ordre, il est de 23,2 et de 24,6. En Grande Bretagne, où le problème de l’obésité commence à prendre une tournure américaine, il est 26,2 chez les femmes et 26 chez les hommes. Ainsi, outre-Manche, les femelles sont désormais plus corpulentes que les mâles. Décidément, l’insularité est une réalité qui conduit à ne rien faire comme les autres, par exemple à jouer à ce jeu incompréhensible qu’est le cricket.
Autrefois, dans nos campagnes, on disait : un malheur ne vient jamais seul. Aujourd’hui, dans nos sociétés urbaines, on peut dire qu’une bonne nouvelle ne reste jamais seule. En ce début juin, on a appris que la chute de la consommation des antibiotiques – dont les Français étaient ceux qui en ingurgitaient le plus au monde - a chuté de 25% depuis 2000, un record mondial inégalé. La France est désormais citée, dans les milieux médicaux, en exemple à la suite de cette reculade pharmaceutique qui semblait impossible, ce qui confirme qu’impossible, comme le prétendait un douteux dicton, n’est pas français.

Ce tableau réjouissant a une ombre : la consommation des fruits a légèrement progressé mais pas suffisamment pour satisfaire aux souhaits des diététiciens, malgré la chute impressionnante de leurs prix cette année selon les mercuriales publiées par les journaux, et celle des légumes stagne.
Il est vrai qu’un poireau bouilli à la maison fait triste figure face à un même poireau bouilli par un grand chef, comme Alain Passard
[5][i]. Il y a un tour de main qui fait toute la différence et cette différence n’incite pas à faire bouillir des légumes à la maison. Et puis, la coutume de manger des soupes et des potages s’est perdue. Il faut la réhabiliter !... Sacre Dieu ! Il y avait aussi la coutume qui accompagnait la soupe, celle de faire chabrot ou aussi dit chabrol. On mangeait les légumes et dans le bouillon qui restait on versait une grande rasade de rouge, des fois un peu excessive, mais que diable après une dure journée de labeur au champ. C’était excellent !
Bon, en conclusion, ces données statistiques confirment que la France reste encore le pays d’Alexandre le Bienheureux, film
[6]dans lequel Philippe Noiret disait à son chien : « Faut prendre le temps de prendre son temps. »


* Journaliste-écrivain. N’y voire dans l’explication de l’essence du journalisme aucune justification corporatiste ; bien que, bien que, si on gratte un peu…

[1] Chanson de Charles Aznavour, 1963. Il la chanta dans le film de Michel Boisrond « Cherchez l’idole », un pur et authentique nanard franchouillard dans lequel défilaient toutes les grandes vedettes de l’époque, et dont l’acteur principal était Franck Fernandel, le fils du grand Fernandel, qui fit une éphémère carrière au cinéma et dans la chanson, comme quoi tel père tel fils n’est pas toujours vrai.
[2] Allusion à « J’ai deux amours » (mon pays et Paris), 1930, chanson chantée par Joséphine Baker, paroles de Géo Koger, musique de Vincent Scotto.
[3] Sympathique bistrot tenu par deux frères, tout aussi sympathiques que leur établissement qui jouxte le théâtre l’Européen, juste à l’entrée de la rue Biot en venant de la place de Clichy. Il vaut qu’on y fasse escale.
[4]Rassurez-vous, ces considérations philosophiques de haute volée feront l’objet d’un ouvrage «L’astre et le fainéant » de Jean-Fol Sintré, amant éconduit de Syphonée de l’Abreuvoir, à paraître prochainement aux éditions Le secoué du local. Toute coïncidence avec un couple d’écrivains existant et ayant existé ne serait pas fortuite.
[5]. Restaurant l’Arpège, 84 rue de Varenne, 75007, Paris

6 D’Yves Robert, 1967



mercredi, 22 avril 2009

LES DIFFERENTS TYPES DE CULTURE DE LA VIGNE :

Il existe une certaine confusion sur l’utilisation des termes qui décrivent les pratiques agricoles. Nous expliquons ici succinctement les différentes formes d’agriculture les plus utilisées aujourd’hui dans la culture de la vigne. Cette information fera partie du nouveau catalogue Vins du Monde.



CULTURE BIODYNANIQUE :

Le concept de culture a été formulé en 1924 par Steiner et est issue de l’anthroposophie,(également appelée science de l'esprit). Elle avait pour but, à l’époque, de répondre aux inquiétudes de certains agriculteurs préoccupés par la dégénérescence de certaines cultures. Ses fondements sont donc plus empiriques que scientifiques.

L’agriculture biodynamique a pour but d'obtenir des plantes saines avec un rendement optimum, tout en évitant d'épuiser les sols par une exploitation trop intensive. La base de ce système est l'emploi du compost, réalisé, pour l'essentiel, à partir de fumier, de déchets végétaux et de terre, en fait de toute substance naturelle végétale ou animale susceptible d'être décomposée par les micro-organismes et les êtres vivants dans le compost. L’agriculture Biodynamique utilise aussi la technique des plantes compagnes, c'est-à-dire de plantes qui se renforcent mutuellement par leur proximité. L’utilisation de produit phytosanitaire de synthèse est rigoureusement interdite.

En agriculture biodynamique, on accorde une grande importance aux rythmes dans la nature. L'agriculteur biodynamique tient compte des Phases_lunaires, et parfois des planètes, des rythmes circadiens, des rythmes saisonniers.

Il existe un label spécifique à la culture Biodynamique, le label « Demeter » ainsi qu’un label Biodyn spécifique à la viticulture.

Certains des plus grands domaines viticoles mondiaux pratiquent cette agriculture (Domaine de la Romanée Conti, Domaine Leflaive, La Coulée de Serrant, Domaine Zind Humbrecht etc )




CULTURE ORGANIQUE OU BIOLOGIQUE :

Il n’y a pas à proprement parler de vins biologiques comme beaucoup le pense. Seule la viticulture peut être biologique (ou organique). Il n’y a pas encore de certification pour la vinification et le biologique s’arrête en général à la porte des chais.

Le mouvement de l’agriculture biologique tire son origine en réaction à l’avènement de l’agrochimie, au milieu du 19 ieme siècle et surtout au développement des intrants issus de la chimiosynthèse dans les années 1930.

Comme son équivalent anglophone (Organic farming), l'expression francophone Agriculture biologique apparue vers 1950 est, au sens littéral, un pléonasme car il n'existe pas d'agriculture non biologique ou non organique. Mais elle a été choisie pour différencier cette agriculture des systèmes de production agricole faisant appel aux intrants chimiques (engrais), aux pesticides dits « phytosanitaires » (tels que herbicides, insecticides ou fongicides, hormones de synthèses, antiparasitaires…). L’interdiction des produits chimiques n’est pas totale en agriculture biologique. Elle est plus restrictive mais les pyréthenes et le roténone, deux insecticides tirés des végétaux sont autorisés. Leur biodégrabilité est plus rapide et s’agissant des pyréthenes ils sont moins nocifs qu’un grand nombre d’insecticides issue de la chimie de l’agroalimentaire. L’usage du roténone est plus contesté. En effet son champ d’action est plus large et il induit entre autres la maladie de Parkinson chez les rats 1. La Banalisation de son emploi coïncide étrangement avec l’augmentation de cette maladie 2. La commission européenne a depuis le 10 avril 2008 demandé à tous les Etats Membres de retirer les autorisations des produits contenant de la roténone 3. La France bénéficie d’un délai supplémentaire jusqu’en 2011 pour des usages, entre autres sur la vigne, ce qui confirme le statut prépondérant de la France en Europe dans l’utilisation des produits chimiques.

La bouillie bordelaise, a base de sulphate de cuivre, est utilisée dans le traitement du Plasmopara viticola, l’agent du Mildiou, est particulièrement controversée pour la toxicité du cuivre sur les sols et dans les milieux aquatiques, ce qui va conduire à une réduction drastique de son usage même en agriculture conventionnelle dans les années qui viennent. Cette évolution est une contrainte forte pour l’agriculture biologique de la vigne et l’arboriculture fruitière.

La bouillie bordelaise est autorisée en agriculture biologique dans certaines limites : depuis le 1er janvier 2006, dans la limite maximale de 6 kilogrammes de cuivre par hectare et par an. Pour les cultures pérennes, comme la vigne, les États membres peuvent porter par dérogation la dose maximale jusqu'à 38 kilogrammes de cuivre par hectare (jusqu'au 31 décembre 2006). Elle devra décroître au delà. Nous n’avons rien trouvé dans la littérature sur ce sujet qui indique que les quantités autorisées aient été revues à la baisse en 2007.

Elle est similaire à l’agriculture Biodynamique mais elle n’accorde pas tout à fait la même importance rythme de la nature.

L'agriculture biologique est réglementée au niveau international et définie légalement dans de nombreux pays. Le mot « bio » est un label défini par le ministère de l’agriculture française puis par la communauté européenne. Il signifie que les produits que nous mangeons ou utilisons ne contiennent aucun élément chimique de synthèse fabriqué par l’homme.



L’AGRICULTURE CONVENTIONELLE :

Le passage de l’agriculture traditionnelle à l’agriculture conventionnelle s’est essentiellement fait à partir de la moitié du 18 ème siècle.

Elle a coïncidé avec la révolution industrielle et la découverte de nombreuses innovations qui ont permis le passage d’une civilisation à dominante agraire non productive à une société urbaine et une agriculture de plus en plus productive. La révolution agricole a permis de soutenir l’évolution démographique en permettant la disparition des disettes. Cela a aussi contribué à réduire la population agraire et à accélérer l’urbanisation.

Cela a aussi aboutit a une forte spécialisation de l’agriculture (monoculture) si bien que les plantes utilisées par l’alimentation humaine ont été réduites de plusieurs milliers à a peine plus d’une centaine 3. L’agriculture conventionnelle est aussi caractérisée par l’utilisation d’intrants de plus en plus nombreux (engrais de synthèse, pesticides, herbicides).

La recherche agricole s’est concentrée pratiquement exclusivement sur l’augmentation de la productivité agricole et corollairement sur la maximisation des profits pour les sociétés, aujourd’hui multinationales, responsable du développement du modèle productiviste.
La pratique prolongée de ce modèle d’agriculture commence à révéler ses limitations. Elle conduit de plus en plus à une dégradation des sols (salinisation, érosion, contamination de nappes phréatiques, surutilisation des ressources en eaux, danger pour la santé animale et humaine).
Ce modèle d’agriculture développé dans les pays industrialisés s’est progressivement transplanté au pays en voie de développent sous la pression des multinationales à la recherche de nouveaux marchés.

Il existe aujourd’hui une remise en question dans les pays industrialisés (où la pression alimentaire n’existe pas) de ce type d’agriculture au profit de l’agriculture raisonnée, intégrée, biologique et biodynamique.




AGRICULTURE RAISONNEE :

L'agriculture raisonnée est un mode de production agricole qui vise à une meilleure prise en compte de l'environnement par les exploitants. En France, le concept est porté par les pouvoirs publics (ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie) et la promotion est assurée par le réseau FARRE (Forum de l'Agriculture Raisonnée Respectueuse de l'Environnement). Le Cahier de Charges porte sur le respect de l’environnement, la maîtrise des risques sanitaires, la santé et la sécurité au travail et le bien-être des animaux. Une certification est attribuée aux exploitants agricoles respectant les principes de l'agriculture raisonnée.

Pour certains opposants, l'agriculture raisonnée ne remet pas suffisamment en cause les méthodes de l'agriculture traditionnelle intensive en particulier l’utilisation des intrants de l’industrie chimique agricole ainsi que celles des OGM. Sur les 103 mesures listées, 45 sont des exigences réglementaires déjà en vigueur et 19 sont des engagements de l’agriculteur à respecter dans les 2 ans mais qui devront éventuellement faire l’objet d’un organisme de certification. Quant au reste, ce sont simplement la vulgarisation des bonnes pratiques agro-environnementales.

Le programme est considéré par ses opposants comme une concession inacceptable aux lobbies particulièrement puissants de l’industrie agroalimentaire, qui souvent sponsorisent des programmes de recherche d’institutions publiques et dont les dirigeants peuvent être, par le système «revolving doors », tour à tour dirigeants dans les entreprises agroalimentaires et responsables politiques dans les gouvernements.



L’AGRICULTURE INTEGREE :

Le concept d’agriculture intégrée définie des pratiques agricoles pour produire des aliments en utilisant les moyens les plus naturels possible et des mécanismes régulateurs pour remplacer les apports chimiques et polluants. C’est une approche holistique (totale). L’exploitation agricole est considérée comme une unité de base dans laquelle évoluent les cultures et les espèces animales en complète complémentarité.

Les animaux sont envoyés dans les champs et les vignes après la récolte ou vendange pour « nettoyer » les sols des résidus. Leurs déjections apportent de l’engrais au sol. La préservation de la fertilité des sols est un aspect essentiel de ce type d’agriculture. Les moyens biologiques, chimiques et techniques sont utilisés uniquement en compléments de ce qui ne peut pas être fait par les espèces végétales ou animales et pour maintenir les exigences économiques de rentabilité de l’exploitation.

Cette forme de culture est particulièrement bien du livre de Michael Pollan, the Omnivore Dilemma, (
http://www.michaelpollan.com/) 5.

Références :

1. La Roténone : données nouvelles et réflexions : Dr. Bernard Mauchamp, Unité Nationale Séricicole, INRA, 25 quai J.-J. Rousseau, 69350 La Mulatière.

2. Betarbet, R, Sherer, TB, MacKenzie, G, Garcia-Osuna, M, Panov, AV and Greenamyre, JT, Chronic systemic pesticide exposure reproduces features of Parkinson's disease, Nature Neuroscience. 3:1301-1306, 2000

3. La décision de la Commission européenne n°2008/317/CE du 10 avril 2008.

4 . Cary Fowler and P.R. Mooney. Shattering: food, politics, and the loss of genetic diversity.
5. The omnivore dilemma, Michel Pollan, Peguin Edition; ISBN: 978-0-14-303858-0.


vendredi, 10 avril 2009

MES VINS PREFERES DE LA SELECTION DE VINS DU MONDE

Les Vins Américains:


Les Chardonnay californiens me séduisent beaucoup quand ils ne sont pas excessivement boisés. C’est le cas des Chardonnay de Jim Clendennen, le propriétaire du domaine Au Bon Climat, qui a sans doute su le mieux faire la jonction entre le style californien et la tradition de terroir à la française. Sa cuvée Sandford & Benedict est une petite merveille d’équilibre. Les 2005 sont à boire maintenant, ou à mettre en cave pendant quelques années. Attention cependant, la vinification est effectuée en réduction, donc les vins ont tendance à plus vieillir que ceux vinifiés en oxydation.

Kistler produit sans doute les meilleurs Chardonnay de Californie et beaucoup de dégustateurs, même français, leur reconnaissent un statut équivalent au Montrachet.

Paul Draper, à Ridge, produit aujourd’hui un Chardonnay Monte Bello à partir de vignes plantées sur une parcelle à forte proportion de calcaire. L’originalité est dans l’élevage en barriques américaines qui lui donne des arômes et saveurs un peu fumés.

Enfin le domaine de Shafer produit maintenant et depuis peu, un Chardonnay, Red Shoulder Ranch, une cuvée beaucoup plus en finesse que par les années passées, et au boisé judicieux.

La Californie produit de très grands Cabernet Sauvignon et assemblages bordelais. Le domaine de Ridge élabore une cuvée, Monte Bello, digne des premiers crus bordelais.
Le deuxième vin du domaine Ridge, Santa Cruz, aussi un assemblage bordelais, est sans contexte un des tous meilleurs rapport qualité prix de la sélection Vins Du Monde.

Quant au Zinfandel (Lytton Springs et Geyserville) qui proviennent de vignobles complantés de Zinfandel, de Carignan et de Mataró (Mourvèdre), ils font partie des meilleurs de Californie.

Les Pinot Noir d’Au Bon Climat en Californie sont tout en dentelle, plus dans un style Volnay que Pommard, avec un peu plus d’exubérance de fruits que les Pinot Noir de Bourgogne, mais ce sont quand même des pirates redoutables dans une dégustation de Pinot Noir bourguignon. La cuvée Sandford & Benedict est remarquable d’équilibre, et les grandes cuvées, Isabelle et Knox Alexander peuvent rivaliser avec les plus grandes cuvées de Pinot Noir bourguignon.
Le domaine est situé entre 600 et 800 mètres d’altitude et surplombe la Silicon Valley. Les vins, comme ceux d’Au Bon Climat constituent la jonction parfaite de la tradition bordelaise et des forces vives et nouvelles de la Californie. Il titre entre 12,5 et 13,5 0 C d’alcool.


Les Vins Autrichiens et Allemands:

Les vins blancs d’Autriche me séduisent beaucoup. Le cépage Grüner Veltliner est pour moi le plus grand cépage étranger. Le domaine Brundlmayer, dans le Kamptal, produit des vins de très grande densité, aux arômes et saveurs un peu exotiques mais dignes de certains des plus grands vins du monde. Les Riesling sud de terroirs de silex sont minéraux et raffinés. Le millésime 2006 est remarquable en Autriche pour les blancs.

L’Allemagne produit les plus grands vins de suc résiduel au monde. Les Spätlese ou Auslese du domaine JJ Prüm sont des vins de très grande garde, très peu chargés en alcool. L’acidité du Riesling sur les grands terroirs de la Moselle équilibre parfaitement le sucre. Ce sont des vins merveilleux en apéritif l’été.

Pour le liquoreux, je choisis en général les Ruster Ausbruch de Feiler Artinger en Autriche, qui font dans les grandes années des Essenz dont l’équilibre sucre acidité est magique.


Les vins Italiens:

Pour les rouges, Je suis un grand fan du cépage Nebbiolo, ce cépage d’une grande rusticité qui produit les Barolo et le Barbaresco qui sont des vins d’une finesse et d’une élégance telles qu’elles font dire aux Piémontais que leur cépage produit des vins qui sont comparables à ceux élaborés à partir du Pinot Noir. La philosophie de terroir dans cette région est aussi poussée qu’en Bourgogne, voire même elle la surpasse parfois.

Ceux d’Angelo Gaja sont en tous points remarquables, mais chers. Ceux de La Spinetta, moins boisés que par le passé et d’une grande finesse, sont plus abordables.


Les vins Australiens et Néo-Zélandais:

J’aime aussi la Nouvelle Zélande car le climat est plus frais qu’en Australie et ce pays, sur ses 1000 kilomètres du nord au sud, à la capacité de produire des grands vins.

Les Pinot Noir du domaine de Martinborough dans la région de Martinborough, dans le sud de l’île nord, sont d’une grande gourmandise, sans lourdeur et boisé excessif, sans oublier aussi les Pinot de Felton Road dans la Cental Otago qui se trouve en limite marginale de culture de la vigne.

Le domaine de Stonyridge, sur l’île de Waiheke, produit des assemblages bordelais à partir de 5 cépages (Cabernet, Merlot, Cabernet Franc, Malbec, Petit Verdot). Dans les grandes années, comme en 1996, la cuvée Larose peut atteindre le niveau d’un premier cru bordelais.
Tout aussi intéressant, le Te Mata Coleraine avec 3 millésimes d’anthologies (2005, 2006,2007). C’est un assemblage Cabernet Merlot au potentiel de garde d’au moins 30 ans. C’est aussi un intrus idéal dans une dégustation de grands bordeaux.

La Syrah australienne est très séduisante avec sa texture soyeuse. Les cuvées « Dead Arm » de d’Arenberg (région chaude) et la Mount Langi Ghiran (région plus fraîche) sont mes favorites.

 

Et les autres… :


Sans oublié les cuvées « croquantes » de Sauvignon Blanc du domaine de Tement en Syrie ( en particulier la cuvée Zieregg capable de rivaliser avec les plus grandes cuvées de Sauvignon Blanc de Didier Dagueneau.

J’aime aussi la cuvée élaborée par Gaia, sur l’île de Santorin, Thalassitis, vin d’un terroir unique menacé aujourd’hui par l’urbanisme envahissant.

Ajouter à cela les grandes cuvées de chez Catena, qu’elles soient d’assemblage ou de pure Malbec d’altitude et les Blaufrankisch autrichiens de Krutzler (pour la finesse) et de Ernest Triebaumer (pour la densité), et vous aurez mes rouges favoris pour ma cave personnelle.

J’aime les Madère de Barbeito, en particulier Sercial (le plus sec) car il accompagne merveilleusement le cigare par sa fraîcheur.

Et pour le dessert au Chocolat alors les Pedro Ximenez de Montilla Morilles du domaine de Toro Albala sont incontournables.
 
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